Tout de Bois - Monologue à l’établi
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Merci à tous pour ce partage d’œuvres de collégiens, j’en déduis donc que j’ai été plus chanceux que d’autres ! Je me souviens d’ailleurs clairement du nom du prof, puisque le premier jour, empoignant un outil il s’exclama « Ca, c’est le maillet, moi c’est Maillot ». Donc merci à Monsieur Maillot de m’avoir mis le pied à l’étrier!
Manureva1, oui j’aime bien ma belle Sandvik dégottée sur un vide-greniers scandinave, je ne pense pas qu’elles aient été très largement distribuées par chez nous.
Titiyop, merci d’avoir partagé votre modification. C’est marrant que la pièce remplacée soit la torsade et que vous ayez conservé la philosophie de l’écrou à serrer. J’aurais plutôt pensé que, si l’on n’aime pas ce système, on le remplace surtout en raison du vissage qu’il implique. J’avoue que, pour ma part, ce dispositif dans son ensemble ne me gêne pas, je n’y prête pas vraiment attention.
Manureva1, oui j’aime bien ma belle Sandvik dégottée sur un vide-greniers scandinave, je ne pense pas qu’elles aient été très largement distribuées par chez nous.
Titiyop, merci d’avoir partagé votre modification. C’est marrant que la pièce remplacée soit la torsade et que vous ayez conservé la philosophie de l’écrou à serrer. J’aurais plutôt pensé que, si l’on n’aime pas ce système, on le remplace surtout en raison du vissage qu’il implique. J’avoue que, pour ma part, ce dispositif dans son ensemble ne me gêne pas, je n’y prête pas vraiment attention.
Dernière modification par Cornelius Agrippa le 15 janv. 2026, 20:39, modifié 1 fois.
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Les Gouges
Comme on l’a compris, je ne me suis sérieusement penché sur la sculpture que très tard dans mes aventures.
Pour les outils, en mauvais Franc Comtois, je ne me suis pas tourné vers Peugeot, mais en bon Jurassien, j’ai choisi de me fournir chez les voisins helvètes.
Note de la rédaction : rien à voir, cette marque ne vient pas du Jura suisse mais d’un peu à côté… et paf !
Plutôt que d’acheter de l’occasion au petit bonheur la chance, j’ai préféré me fournir en neuf dès le départ.
Suivant les métallurgistes (école anglaise d’un côté et européenne de l’autre), les numérotation des pas sont différentes. Ainsi, acheter de l’occasion provenant de plusieurs marques implique une certaine dose d’incertitude à laquelle je n’étais pas prêt.
Bien sûr, tous les outils n’existent pas dans le catalogue d’une seule maison, mais celle que j’ai choisie propose une gamme suffisamment large pour constituer un jeu de gouges qui ait du sens.
Quatre outils suffisent pour ce projet, c’est difficile de faire plus simple et c’est donc une très bonne initiation à l’ornementation.
En développant son expérience, au fil de ses besoins et de ses projets, on aura l’occasion de dépenser rapidement une fortune d’élargir sa panoplie.

Comme on le sait, pour le travail du bois général, il est indispensable d’avoir deux jeux de ciseaux, l’un à biseau court et l’autre à biseau long. Leurs usages diffèrent, et lorsqu’on a besoin d’un outil, on sait pertinemment quel type de biseau choisir.
Les ciseaux sont choses fort simples…
Pour les gouges par contre, c’est une toute autre histoire et les critères sont plus nombreux. La géométrie dépendra certes de l’usage, mais également de la physionomie du bonhomme et de l’essence que l’on taille.
Les fabricants livrent les outils avec un biseau long. Ceci satisfait très certainement la majorité des sculpteurs dont le bois de prédilection est le tilleul, très tendre.
Quand notre chêne (ou notre noyer) voit arriver une gouge avec le biseau d’origine, autant le dire, le bois se marre bien!
Après cinq minutes d’utilisation, la gouge neuve est déjà défigurée.
Par conséquent, l’immense majorité de mes gouges porte un biseau court.
Dans le même ordre d’idée, notons que les outils neufs sont toujours vendus avec un seul biseau, situé sur le côté extérieur.
L’école française ajoute un biseau à l’intérieur de l’outil. Ceci a le grand avantage de permettre d’adapter l’angle de prise en main de la gouge de manière confortable, en fonction de sa physionomie. De plus, un biseau intérieur permet d’utiliser l’outil pour créer une moulure convexe régulière, un peu comme une baguette (moulure), et c’est très pratique. Addendum: je ne prépare cependant un biseau intérieur que sur certains outils choisis.
Comme on l’a compris, je ne me suis sérieusement penché sur la sculpture que très tard dans mes aventures.
Pour les outils, en mauvais Franc Comtois, je ne me suis pas tourné vers Peugeot, mais en bon Jurassien, j’ai choisi de me fournir chez les voisins helvètes.
Note de la rédaction : rien à voir, cette marque ne vient pas du Jura suisse mais d’un peu à côté… et paf !
Plutôt que d’acheter de l’occasion au petit bonheur la chance, j’ai préféré me fournir en neuf dès le départ.
Suivant les métallurgistes (école anglaise d’un côté et européenne de l’autre), les numérotation des pas sont différentes. Ainsi, acheter de l’occasion provenant de plusieurs marques implique une certaine dose d’incertitude à laquelle je n’étais pas prêt.
Bien sûr, tous les outils n’existent pas dans le catalogue d’une seule maison, mais celle que j’ai choisie propose une gamme suffisamment large pour constituer un jeu de gouges qui ait du sens.
Quatre outils suffisent pour ce projet, c’est difficile de faire plus simple et c’est donc une très bonne initiation à l’ornementation.
En développant son expérience, au fil de ses besoins et de ses projets, on aura l’occasion de dépenser rapidement une fortune d’élargir sa panoplie.

Comme on le sait, pour le travail du bois général, il est indispensable d’avoir deux jeux de ciseaux, l’un à biseau court et l’autre à biseau long. Leurs usages diffèrent, et lorsqu’on a besoin d’un outil, on sait pertinemment quel type de biseau choisir.
Les ciseaux sont choses fort simples…
Pour les gouges par contre, c’est une toute autre histoire et les critères sont plus nombreux. La géométrie dépendra certes de l’usage, mais également de la physionomie du bonhomme et de l’essence que l’on taille.
Les fabricants livrent les outils avec un biseau long. Ceci satisfait très certainement la majorité des sculpteurs dont le bois de prédilection est le tilleul, très tendre.
Quand notre chêne (ou notre noyer) voit arriver une gouge avec le biseau d’origine, autant le dire, le bois se marre bien!
Après cinq minutes d’utilisation, la gouge neuve est déjà défigurée.
Par conséquent, l’immense majorité de mes gouges porte un biseau court.
Dans le même ordre d’idée, notons que les outils neufs sont toujours vendus avec un seul biseau, situé sur le côté extérieur.
L’école française ajoute un biseau à l’intérieur de l’outil. Ceci a le grand avantage de permettre d’adapter l’angle de prise en main de la gouge de manière confortable, en fonction de sa physionomie. De plus, un biseau intérieur permet d’utiliser l’outil pour créer une moulure convexe régulière, un peu comme une baguette (moulure), et c’est très pratique. Addendum: je ne prépare cependant un biseau intérieur que sur certains outils choisis.
Dernière modification par Cornelius Agrippa le 15 janv. 2026, 20:39, modifié 1 fois.
Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Tu affutes tes gouges avec un biseau intérieur? Je trouve que c'est très difficile à réussir, d'autant plus que les multimeules ne sont plus commercialisées. Personnellement, il y a longtemps que j'ai renoncé au biseau intérieur. N'oublie pas que les gouges contre coudées font le même travail que le biseau intérieur des gouges normales. Alors, certes cela oblige d'avoir des outils en plus, mais quel gain lors de l'affutage et du travail .....
En ce qui concerne les marques, pour moi les meilleurs outils de sculpture commercialisés actuellement sont les Ashley Iles
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Votre remarque est légitime, j’avais prévu de le préciser et l’ai omis, je vous prie de m’excuser.
La gouge avec un seul biseau me convient la plupart du temps.
Seuls certains outils que je réserve aux « baguettes » comme les nervures, ont deux biseaux.
Mon biseau simple me permet une attaque confortable le reste du temps.
Il me semblait important de préciser cette tradition assez française, dans un sujet qui escompte mettre en avant des outils bien français!
Le biseau intérieur, une fois en place, est d’un entretien relativement simple, j’utilise les mêmes formes maisons avec abrasif ultra fin que pour l’intérieur d’une gouge classique.
Pour la majorité des « baguettes » sur une topographie plate ou convexe, une gouge droite fonctionne, mais mon expérience est encore assez limitée et vous avez certainement plus de besoins que moi en terme de contre coudées.
Par contre je vais probablement bientôt devoir acquérir une ou deux gouges contre coudées justement, pour mon projet actuel qui comporte effectivement des nervures concaves où l’accès d’un outil droit sera peu aisé.
Quand à Ashley Iles, vous prêchez pour un convaincu, tant j’adore mes ciseaux de cette marque, ce sont mes bons ciseaux à biseau long. Pfeil est beaucoup plus facile d’accès pour moi, disponible dans plusieurs boutiques alentours.
La gouge avec un seul biseau me convient la plupart du temps.
Seuls certains outils que je réserve aux « baguettes » comme les nervures, ont deux biseaux.
Mon biseau simple me permet une attaque confortable le reste du temps.
Il me semblait important de préciser cette tradition assez française, dans un sujet qui escompte mettre en avant des outils bien français!
Le biseau intérieur, une fois en place, est d’un entretien relativement simple, j’utilise les mêmes formes maisons avec abrasif ultra fin que pour l’intérieur d’une gouge classique.
Pour la majorité des « baguettes » sur une topographie plate ou convexe, une gouge droite fonctionne, mais mon expérience est encore assez limitée et vous avez certainement plus de besoins que moi en terme de contre coudées.
Par contre je vais probablement bientôt devoir acquérir une ou deux gouges contre coudées justement, pour mon projet actuel qui comporte effectivement des nervures concaves où l’accès d’un outil droit sera peu aisé.
Quand à Ashley Iles, vous prêchez pour un convaincu, tant j’adore mes ciseaux de cette marque, ce sont mes bons ciseaux à biseau long. Pfeil est beaucoup plus facile d’accès pour moi, disponible dans plusieurs boutiques alentours.
Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
En ce qui concerne les gouges neuves , qu'on peut se procurer encore facilement , j'aime bien aussi les Pfeil , mais en occasion , j'adore encore plus les prize médals , qui étaient je crois une sous-marque de Gaignard-Millon , de la marque London Herring , qu'on peut voir d'ailleurs aussi inscrit dessus.
Je pensais que pour le biseau intérieur , c'était l'école Italienne , mais je ne retrouve pas mes sources ...
Je pensais que pour le biseau intérieur , c'était l'école Italienne , mais je ne retrouve pas mes sources ...
Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Je ne sais pas si l'école italienne utilisait aussi le biseau intérieur mais c'était bien une caractéristique de l'école française. Je suis d'accord que les Prize medals sont les meilleures mais elles ne sont plus commercialisées aujourd'hui. D'après Auriou, les dernières Prize Medals vendues par Gaignard et Millon étaient d'ailleurs une fabrication Scharwaechter et plus Herring.
Je trouve que ce qui rend l'affutage du biseau intérieur si difficile, c'est qu'il est très court et qu'il n'existe pas de moyen de bloquer l'outil d'affutage, il faut le faire à main levée et comme le biseau est très court, on fait facilement un affutage convexe. Or, un biseau convexe ne coupe pas correctement, il glisse sur le bois au lieu de l'accrocher. La multimeule facilitait bien cet affutage mais c'est très difficile à trouver maintenant
Je trouve que ce qui rend l'affutage du biseau intérieur si difficile, c'est qu'il est très court et qu'il n'existe pas de moyen de bloquer l'outil d'affutage, il faut le faire à main levée et comme le biseau est très court, on fait facilement un affutage convexe. Or, un biseau convexe ne coupe pas correctement, il glisse sur le bois au lieu de l'accrocher. La multimeule facilitait bien cet affutage mais c'est très difficile à trouver maintenant
Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Bonjour,Cornelius Agrippa a écrit : ↑15 janv. 2026, 19:50 Titiyop, merci d’avoir partagé votre modification. C’est marrant que la pièce remplacée soit la torsade et que vous ayez conservé la philosophie de l’écrou à serrer. J’aurais plutôt pensé que, si l’on n’aime pas ce système, on le remplace surtout en raison du vissage qu’il implique. J’avoue que, pour ma part, ce dispositif dans son ensemble ne me gêne pas, je n’y prête pas vraiment attention.
Je devais utiliser deux pinces pour serrer : une tenant la torsade et une autre serrant l'écrou pour que la lame soit vraiment tendue.
Titi
Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Bonjour Patrick, et à touspatrick63 a écrit : ↑16 janv. 2026, 08:40 Je ne sais pas si l'école italienne utilisait aussi le biseau intérieur mais c'était bien une caractéristique de l'école française. Je suis d'accord que les Prize medals sont les meilleures mais elles ne sont plus commercialisées aujourd'hui. D'après Auriou, les dernières Prize Medals vendues par Gaignard et Millon étaient d'ailleurs une fabrication Scharwaechter et plus Herring.
Je trouve que ce qui rend l'affutage du biseau intérieur si difficile, c'est qu'il est très court et qu'il n'existe pas de moyen de bloquer l'outil d'affutage, il faut le faire à main levée et comme le biseau est très court, on fait facilement un affutage convexe. Or, un biseau convexe ne coupe pas correctement, il glisse sur le bois au lieu de l'accrocher. La multimeule facilitait bien cet affutage mais c'est très difficile à trouver maintenant
pourriez-vous m'apporter des précisions sur la multi-meule ?
bonne soirée
Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Voila une image tirée d'un vieux catalogue Gaignard et Millon des années 30

Ce que le dessin montre assez mal, c'est que les meules trempaient dans un bac d'eau dans lequel on ajoutait une poudre abrasive (de l’émeri en général). On en voit quelque fois passer sur LBC mais c'est assez rare, souvent hors de prix et en assez mauvais état. Il me semble qu'une version motorisée a été commercialisée dans les années 60.
Il y a quelques photos ici: J'ai retiré le lien parce que mon antivirus a détecté un problème : si vous voulez quand même regarder, je mets juste l'adresse à recopier dans votre navigateur en retirant les étoiles après https : https:****//placedelours.superforum.fr/t29973-meule-en-plomb-pour-enlever-le-morfil-des-gouges-et-des-ciseaux-a-bois

Ce que le dessin montre assez mal, c'est que les meules trempaient dans un bac d'eau dans lequel on ajoutait une poudre abrasive (de l’émeri en général). On en voit quelque fois passer sur LBC mais c'est assez rare, souvent hors de prix et en assez mauvais état. Il me semble qu'une version motorisée a été commercialisée dans les années 60.
Il y a quelques photos ici: J'ai retiré le lien parce que mon antivirus a détecté un problème : si vous voulez quand même regarder, je mets juste l'adresse à recopier dans votre navigateur en retirant les étoiles après https : https:****//placedelours.superforum.fr/t29973-meule-en-plomb-pour-enlever-le-morfil-des-gouges-et-des-ciseaux-a-bois
Dernière modification par patrick63 le 17 janv. 2026, 18:53, modifié 3 fois.
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Patrick63, en ce qui concerne les multi-meules, j’ai déjà failli craquer pour ça:

Je pense franchir le pas un jour, mais ça ne court pas les rues.
Certes, c’est beaucoup moins pratique qu’une machine moderne, mais ça prend beaucoup moins de place.
Votre remarque sur les difficultés propres au biseau interne est tout à fait pertinente et sa faible taille n’aide pas.
Je coince un gabarit équipé de papier de verre très fin dans la presse et passe dessus l’outil, enserré dans un autre gabarit pour maintenir un angle constant. Pour rafraîchir, c’est aussi à main levée.
ADDENDUM: Pour former le tout premier biseau interne, je coince de la même manière le flexible d’une mini perceuse avec meule droite et utilise le même gabarit.
Cf photo plus bas
Titiyop, merci je comprends mieux, vous avez manifestement un tout autre système que celui équipant les Ulmia. Justement, je devais déplacer mes scies aujourd’hui, j’en ai donc profité pour faire une photo.


Manureva1, Patrick63, Il est évident que j’affectionne les outils anciens. Mais, quand je me suis inscrit à cette session de cours du soir, je voulais être rapidement autonome en matière d’outillage pour me concentrer sur l’apprentissage.
Je ne pouvais me permettre d’acquérir mes outils en vide-greniers sur de nombreuses années, il m’a donc fallu sacrifier le romantisme sur l’autel de l’efficacité.
Il est certain que les marques anciennes de qualité sont légion et j’ai moi-même une ancienne gouge Addis qui a reçu une « Prize Medal » également.
C’est d’ailleurs dommage qu’il ne subsiste pas de reconnaissance pour les outils à main.
Maintenant on a un adhésif « Médaille d’or, Salon de Beaune » sur une bouteille de vin…c’est bon bien aussi!
Au niveau des trophées, je pense que la palme revient tout de même à Erik Anton Berg, qui affichait glorieusement sur ses contre-fers, toutes les médailles reçues lors des expos…un raffinement auquel il est difficile de rester insensible !


Je pense franchir le pas un jour, mais ça ne court pas les rues.
Certes, c’est beaucoup moins pratique qu’une machine moderne, mais ça prend beaucoup moins de place.
Votre remarque sur les difficultés propres au biseau interne est tout à fait pertinente et sa faible taille n’aide pas.
Je coince un gabarit équipé de papier de verre très fin dans la presse et passe dessus l’outil, enserré dans un autre gabarit pour maintenir un angle constant. Pour rafraîchir, c’est aussi à main levée.
ADDENDUM: Pour former le tout premier biseau interne, je coince de la même manière le flexible d’une mini perceuse avec meule droite et utilise le même gabarit.
Cf photo plus bas
Titiyop, merci je comprends mieux, vous avez manifestement un tout autre système que celui équipant les Ulmia. Justement, je devais déplacer mes scies aujourd’hui, j’en ai donc profité pour faire une photo.


Manureva1, Patrick63, Il est évident que j’affectionne les outils anciens. Mais, quand je me suis inscrit à cette session de cours du soir, je voulais être rapidement autonome en matière d’outillage pour me concentrer sur l’apprentissage.
Je ne pouvais me permettre d’acquérir mes outils en vide-greniers sur de nombreuses années, il m’a donc fallu sacrifier le romantisme sur l’autel de l’efficacité.
Il est certain que les marques anciennes de qualité sont légion et j’ai moi-même une ancienne gouge Addis qui a reçu une « Prize Medal » également.
C’est d’ailleurs dommage qu’il ne subsiste pas de reconnaissance pour les outils à main.
Maintenant on a un adhésif « Médaille d’or, Salon de Beaune » sur une bouteille de vin…c’est bon bien aussi!
Au niveau des trophées, je pense que la palme revient tout de même à Erik Anton Berg, qui affichait glorieusement sur ses contre-fers, toutes les médailles reçues lors des expos…un raffinement auquel il est difficile de rester insensible !

Dernière modification par Cornelius Agrippa le 22 janv. 2026, 17:55, modifié 1 fois.
Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
L'un n'empêche pas l'autre: Je dois avoir plus de 150 gouges, les 2/3 environ ont été trouvées dans des brocantes. Dans les années 80, on en trouvait à foison, maintenant c'est beaucoup plus rare ou plus cher que du neuf....Cornelius Agrippa a écrit : ↑17 janv. 2026, 18:41
Manureva1, Patrick63, Il est évident que j’affectionne les outils anciens. Mais, quand je me suis inscrit à cette session de cours du soir, je voulais être rapidement autonome en matière d’outillage pour me concentrer sur l’apprentissage.
Je ne pouvais me permettre d’acquérir mes outils en vide-greniers sur de nombreuses années, il m’a donc fallu sacrifier le romantisme sur l’autel de l’efficacité.
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Les Rabots et assimilés
La lecture des catalogues anciens révèle que les grandes manufactures proposaient fréquemment un même outil en deux ou trois qualités différentes.
Généralement charme, cormier, chêne vert.
Aux Mines de Suède

Aux Forges de Vulcain

La grande maison Franc-Comtoise a même proposé 4 ou 5 essences pour un même outil!

Fort heureusement nos anciens avaient bon goût et on trouve plus facilement du cormier ou autres fruitiers que du charme sur nos vide-greniers. Je suppose que le hêtre, moche bon marché, n’a tout remplacé qu’à partir des années 1970.
Le chêne vert, très lourd, est également très beau avec ses rayons médullaires caractéristiques. Il possède d’ailleurs un avantage considérable sur le cormier…les petites bêtes le laissent tranquille…alors qu’elles raffolent de notre Sorbus Domestica préféré.
C’est précisément la raison pour laquelle trouver un outil de cormier dépourvu de piqûres tient de la gageure (rime pauvre !).
Nombre de mes outils sont piqués, mais toujours parfaitement utilisables.

La lecture des catalogues anciens révèle que les grandes manufactures proposaient fréquemment un même outil en deux ou trois qualités différentes.
Généralement charme, cormier, chêne vert.
Aux Mines de Suède

Aux Forges de Vulcain

La grande maison Franc-Comtoise a même proposé 4 ou 5 essences pour un même outil!

Fort heureusement nos anciens avaient bon goût et on trouve plus facilement du cormier ou autres fruitiers que du charme sur nos vide-greniers. Je suppose que le hêtre, moche bon marché, n’a tout remplacé qu’à partir des années 1970.
Le chêne vert, très lourd, est également très beau avec ses rayons médullaires caractéristiques. Il possède d’ailleurs un avantage considérable sur le cormier…les petites bêtes le laissent tranquille…alors qu’elles raffolent de notre Sorbus Domestica préféré.
C’est précisément la raison pour laquelle trouver un outil de cormier dépourvu de piqûres tient de la gageure (rime pauvre !).
Nombre de mes outils sont piqués, mais toujours parfaitement utilisables.

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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Pendant longtemps, les outils étaient fabriqués par chaque artisan dans son atelier, qui n’achetait que les fers auprès des métallurgistes. Puis sont apparus les rabots de manufacture.
Il est probable que de nombreuses maisons aient produit de beaux outils bien avant d’employer un marquage à froid pour identifier leur production. Dans mon propre inventaire, seul un pourcentage très faible (16%) d’outils porte une marque de fabrique.
Ils sont cependant tous de très bonne facture et proviennent probablement de maisons réputées.
A celui qui se lance dans cet univers, je suggèrerais modestement de ne pas se focaliser sur les marques et de plutôt choisir de beaux outils fonctionnels. A l’heure de l’internet, ces estampilles connues sont souvent plus chères et peuvent être laissées aux collectionneurs, à moins bien sûr d’en dénicher en vide greniers.
Des photos de marquages de maisons très connues apparaîtront ça et là, mais en réalité la grande majorité des outils photographiés en action dans ce sujet, ne porte aucune marque de fabrique!
Au niveau du matériel, comme toujours, il suffit de trois “rabots”.
La paire d’affutage constituée du Riflard et de la Varlope, dresse le bois, tandis que le Rabot ordinaire s’occupe de la finition.
En ce qui concerne les contre-fers, il en existe trois types:
- le plus ancien appelé à l’origine double fer, puis contre fer sans vis, enfin contre fer simple est de loin le plus complexe à utiliser. Après que l’on ai reglé le découvert, au blocage du coin le fer simple a tendance à glisser. Un adhésif double face permet de tricher un peu mais je confesse me tenir à très bonne distance de ces outils. Le collectionneur lui, ne boudera pas ce système car il équipe bien souvent les plus beaux affutages, ceux dotés des plus belles poignées anciennes.
- le contre-fer à vis courte, apparu fin XVIII, que tout le monde connaît et qui équipe toujours les outils anglos-saxons
- mon système préferé est le contre-fer à vis longue, apparu plus tard. Très efficace, il permet de règler extrêmement finement le découvert et de plus, on peut désolidariser le fer de son contre-fer sans aucun outil. Subtilement d’ailleurs, la vis longue permet à l’aide d’un clou, de modifier le découvert sans démonter l’ensemble (un raffinement dont je n’ai jamais eu besoin par ailleurs).
A quand un Thomas Lie-Nielsen français pour nous ressortir ce système sur des outils de qualité ?
Evolution chronologique des contre-fers

Il est probable que de nombreuses maisons aient produit de beaux outils bien avant d’employer un marquage à froid pour identifier leur production. Dans mon propre inventaire, seul un pourcentage très faible (16%) d’outils porte une marque de fabrique.
Ils sont cependant tous de très bonne facture et proviennent probablement de maisons réputées.
A celui qui se lance dans cet univers, je suggèrerais modestement de ne pas se focaliser sur les marques et de plutôt choisir de beaux outils fonctionnels. A l’heure de l’internet, ces estampilles connues sont souvent plus chères et peuvent être laissées aux collectionneurs, à moins bien sûr d’en dénicher en vide greniers.
Des photos de marquages de maisons très connues apparaîtront ça et là, mais en réalité la grande majorité des outils photographiés en action dans ce sujet, ne porte aucune marque de fabrique!
Au niveau du matériel, comme toujours, il suffit de trois “rabots”.
La paire d’affutage constituée du Riflard et de la Varlope, dresse le bois, tandis que le Rabot ordinaire s’occupe de la finition.
En ce qui concerne les contre-fers, il en existe trois types:
- le plus ancien appelé à l’origine double fer, puis contre fer sans vis, enfin contre fer simple est de loin le plus complexe à utiliser. Après que l’on ai reglé le découvert, au blocage du coin le fer simple a tendance à glisser. Un adhésif double face permet de tricher un peu mais je confesse me tenir à très bonne distance de ces outils. Le collectionneur lui, ne boudera pas ce système car il équipe bien souvent les plus beaux affutages, ceux dotés des plus belles poignées anciennes.
- le contre-fer à vis courte, apparu fin XVIII, que tout le monde connaît et qui équipe toujours les outils anglos-saxons
- mon système préferé est le contre-fer à vis longue, apparu plus tard. Très efficace, il permet de règler extrêmement finement le découvert et de plus, on peut désolidariser le fer de son contre-fer sans aucun outil. Subtilement d’ailleurs, la vis longue permet à l’aide d’un clou, de modifier le découvert sans démonter l’ensemble (un raffinement dont je n’ai jamais eu besoin par ailleurs).
A quand un Thomas Lie-Nielsen français pour nous ressortir ce système sur des outils de qualité ?
Evolution chronologique des contre-fers

Dernière modification par Cornelius Agrippa le 17 janv. 2026, 19:31, modifié 1 fois.
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Pour le réglage des outils de bois, les choses sont simples en réalité:
- un coup de maillet franc, porté sur le talon ou l’avant du fût de l’outil, débloque le coin et son fer.
- un coup plus léger au même endroit reprend du fer, on re-bloque le coin ensuite
- un coup sur le fer lui même redonne du fer, on re-bloque le coin ensuite
L’outil aussi spécifique qu’indispensable pour l’usage des rabots de bois, est donc un marteau bicéphale avec une face de laiton pour ne pas endommager le haut du fer, et une face de bois pour ne pas abîmer le coin.
Il y a quelques années, votre serviteur, suivant l’idée d’un excellent forumeur danois, s’est constitué l’outil idéal à l’aide d’une munition de mitrailleuse. Ceci a été l’occasion de s’initier au tir de barrage tournage décentré.
Tout comme pour une hache, il est important, avec un marteau, de garder la tête parfaitement alignée avec le mouvement du bras. Dès lors, un manche de section ronde est inadapté.
L'outil maison


Il faut vraiment souligner que ce petit marteau donne un confort inégalable pour travailler avec les outils de bois, on l’oublie totalement pendant le travail…
Besoin d’un réglage ? Toc toc sur le fer, rotation du manche, toc toc sur le coin et on reprend le travail aussitôt !

- un coup de maillet franc, porté sur le talon ou l’avant du fût de l’outil, débloque le coin et son fer.
- un coup plus léger au même endroit reprend du fer, on re-bloque le coin ensuite
- un coup sur le fer lui même redonne du fer, on re-bloque le coin ensuite
L’outil aussi spécifique qu’indispensable pour l’usage des rabots de bois, est donc un marteau bicéphale avec une face de laiton pour ne pas endommager le haut du fer, et une face de bois pour ne pas abîmer le coin.
Il y a quelques années, votre serviteur, suivant l’idée d’un excellent forumeur danois, s’est constitué l’outil idéal à l’aide d’une munition de mitrailleuse. Ceci a été l’occasion de s’initier au tir de barrage tournage décentré.
Tout comme pour une hache, il est important, avec un marteau, de garder la tête parfaitement alignée avec le mouvement du bras. Dès lors, un manche de section ronde est inadapté.
L'outil maison


Il faut vraiment souligner que ce petit marteau donne un confort inégalable pour travailler avec les outils de bois, on l’oublie totalement pendant le travail…
Besoin d’un réglage ? Toc toc sur le fer, rotation du manche, toc toc sur le coin et on reprend le travail aussitôt !

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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
La photographie est à la hauteur de la prose, j'aime ! 
"If it looks straight, it is straight" (Jimmy Diresta)
Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Le petit marteau maison est sans aucun doute très efficace pour régler un rabot en bois.
À la base, tu es parti sur quel model/type de marteau ?
J’aime bien cette version également, mais beaucoup moins jolie je l’avoue.
https://www.lairdubois.fr/creations/578 ... -bois.html
À la base, tu es parti sur quel model/type de marteau ?
J’aime bien cette version également, mais beaucoup moins jolie je l’avoue.
https://www.lairdubois.fr/creations/578 ... -bois.html
Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Apparemment le marteau est fait avec une douille de balles de 20 mm ,
un beau calibre tout de même ! C'est un petit canon qu'équipait les chars AMX 10 quand je faisais mon service militaire ...bravo pour cette idée , Cornélius ! Je vois que la douille a été percutée ,ouf . 
Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Z
Dernière modification par bofil le 30 janv. 2026, 00:00, modifié 3 fois.
Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
z
Dernière modification par bofil le 29 janv. 2026, 23:58, modifié 1 fois.
Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Pour ce qui est du biseau extérieur avec une meule sur meuleuse portative, il faut dans ce cas que la gouge soit parallèle à l'axe de la meule et non pas perpendiculaire car sinon, la meule étant quand même de petit diamètre, la concavité est trop importante. De plus attention à l'échauffement .....Il faut se souvenir que les aciers traditionnels au carbone sont détrempés avant de changer de couleur.....Il m'arrive d’utiliser une meuleuse pour des biseaux intérieurs (j'ai quelques gouges avec un biseau intérieur et sans biseau extérieur) mais je n'utilise jamais cela pour un biseau extérieur.bofil a écrit : ↑19 janv. 2026, 00:51 Pour le biseau intérieur , un sculpteur MOF à Grenoble à la Passion du Bois ,il y a bien longtemps le faisait avec une mini meuleuse sur support ou coincée dans un étau et une meule conique. Ca se fait bien et ne brûle pas l'acier curieusement comme une meule sur touret. Plus conséquent les meuleuses Lidl ( comme de grosses mini perceuses ) ,qu'ils vendent parfois ,utilisent des meules plus grosses et on peut même faire le biseau extérieur ,se faire un appui.
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