Bonsoir !
Je vous rassure, je ne vous ai pas oublié. Chose promise, chose due, sous réserve du bon vouloir du forum qui m'a déjà fait quelques frayeurs lors de la rédaction de ce post. J'aurais mauvaise grâce à vous refuser ce que vous semblez attendre si impatiemment
Je vous ai montré hier comment j'ai réalisé l'emboîture, il est maintenant temps de vous présenter la réalisation de la queue d'aronde. Je rappelle que je n'ai rien inventé, et que Samuel a déjà tout bien expliqué dans une
super vidéo.
La première chose à faire, c'est surtout de ne rien mesurer ! J'ai donc utilisé mon trusquin Veritas pour prendre la profondeur
que j'ai reportée sur tout le pourtour du plateau.

Cette marque correspondra à mon arasement.
Pour marquer le profil de la queue d'aronde, j'ai d'abord simplement maintenu l'alaise contre le bord du plateau, et j'ai pris les marques haute et basse.

J'ai à dessein gardé l'alaise un rien plus épaisse que le plateau, pour le cas où la queue d'aronde n'aurait pas été correctement centrée. Cette sur-épaisseur sera aisément rattrapée au rabot une fois l'alaise bien en place.
Vous vous rendez bien compte que si j'avais tout coupé jusqu'à ces marques, rien n'aurait tenu en place

Elles correspondent en effet à la partie "intérieure" de la queue d'aronde, et je les ai donc reportées jusqu'à la ligne que j'avais tracée au trusquin.
L'angle a ensuite pu être rapporté en utilisant une chute coupée à une extrémité de l'alaise, et qui sert de gabarit.

Je sais, le gabarit n'est pas bien en place, il y a un jour. Je vous rassure, c'est juste pour la photo. Franchement, c'est parfois bien compliqué de prendre ces photos, combien de mains vous croyez que j'ai, moi ?

Et d'ailleurs, je profite de cette parenthèse pour vous prévenir que j'illustrerai certaines des opérations avec des images prises parfois lors du travail sur une face du plateau, parfois sur l'autre face. Ce qui signifie aussi que l'ordre chronologique pourra être bousculé.
Fin de la parenthèse.
Après avoir répété l'opération de l'autre coté, j'ai fixé une règle bien droite d'une marque à l'autre, et j'ai tracé mes deux lignes, repères de la face joufflue de la queue d'aronde.
Et là, je vous rappelle qu'on était dimanche. Et le dimanche, autant pour mon plaisir que pour celui des voisins, je travaille sans machines bruyantes. La plongeante et la défonceuse sont donc restées sur leurs étagères respectives, c'est à la scie et au ciseau que j'ai opéré. Et quand on va scier à la main, rien de tel qu'un "knife wall" pour guider la scie sur une ligne bien droite.
Et puis j'ai vraiment scié le long de cette ligne. J'étais parfaitement sérieux quand j'ai dit ça.
Je me suis interrompu de temps en temps pour dégager au ciseau ce qui devait partir.
Et c'est ainsi qu'à force d'huile de coude et de persévérance, j'en suis arrivé à quelque chose d'encore un peu grossier mais qui laisse présager du bon:

Je dis ça, mais en fait j'ai été étonné de la vitesse à laquelle ça a été.
Pour mettre l'arasement d'équerre, pas de secret: j'ai simplement utilisé une équerre. Sans déconner ! Par contre, pour ajuster le reste, j'ai utilisé plusieurs méthodes différentes.
J'ai fait des va-et-viens avec la règle en appui sur l'arasement, pour laisser une marque bien visible aux endroits où il y avait des bosses:
J'ai recouvert de craie la face intérieure de l'alaise.

Comme ça encore, en la mettant puis en la retirant, la craie laissait des marques sur les points hauts.
J'ai aussi pointé une lampe à une extrémité et j'ai regardé par l'autre coté pour voir si la lumière passait.

Et si la photo a du mal à rendre le résultat, la réalité ne laissait aucun doute quant aux zones qui ne contactaient pas.

Bien sûr, ici, je suis même encore loin de mon trait. Mais c'est pour l'exemple, je vous l'ai déjà dit
À force, c'est rentré un peu plus loin, puis c'est arrivé en place.
Les deux protagonistes:
Sur cette dernière photo, vous pouvez voir trois marques faites à la craie, deux mauves et une verte. Ces marques correspondent aux endroits où je vais cheviller l'emboîture au plateau. Les deux mauves, situées de part et d'autre de la fourche où coulissera le chariot, seront bien fixes. De cette manière, je vais maintenir l'écart et je ne risque pas de voir la fourche se resserrer sur mon chariot pour tenter de l'immobiliser.
Au niveau de ma marque verte, en revanche, le trou sera ovalisé pour que le plateau puisse jouer en largeur. Et c'est ici qu'on en vient à ce dont je parlais cet après-midi: si le plateau se rétracte, il va resserrer la prise de la queue d'aronde conique, ce qu'il ne pourra faire que jusqu'à un certain point. Au delà, je suppose qu'il va soit se fendre, soit faire éclater l'emboîture. À l'inverse, s'il se dilate, la prise de la queue d'aronde sera moins forte. Il pourra donc le faire sans limite.
Et voilà pour ce soir. La prochaine étape sera probablement l'incrustation dans l'emboîture de l'écrou de la presse à chariot.
Je me demande si j'ai conservé le gabarit que j'avais utilisé pour l'écrou de la presse frontale...
Allez, à bientôt, et encore merci pour votre enthousiasme!