Olistan a écrit :Je prends le post en cours. Mais quelle ambition Aeth !! Pour récupérer une machine dans cet état, tu l'as eue a l'oeil ?
Non je l'ai acheté mais bien moins cher qu'un ensemble propre dans ma région

Par contre l'investissement de temps est plus important. Mais j'aime bricoler et restaurer une machine ancienne comme celle-ci c'est aussi conserver et restaurer un patrimoine.
Olistan a écrit :Je suis bluffé par la qualité des pièces ainsi récupérée. Tu parles à diverses reprises de bain de pétrole, Acide phosphorique (Julien ?), Acétone, ponçage/huile de coude. Pourrais-tu faire un petit topo sur quoi utiliser pour quelle pièce et comment. Le choix s'effectue en fonction du métal (acier/alu) ? De la taille des pièces ? Et tout cela sans même parler d'électrolyse ? Quel en serait l'avantage ou l'inconvénient ?
La réponse courte :
- La solution mécanique : brosse métallique/plastique, papier de verre, scotch brite, etc.
- La solution chimique : acide phosphorique / chlorhydrique, soude (carbonate, bicarbonate ou hydroxyde de sodium), électrolyse.
La solution mécanique présente l'avantage d'être simple à mettre en oeuvre, non-chimique donc pas de risque de brûlure par l'acide, mais peut déformer fortement des pièces, la couche de rouille étant supprimée. La ou la chimie n'a que peut d'effet, puisqu'elle ne permet que de transformer un élément en un autre élément. Par exemple, l'acide phosphorique transforme l'oxyde de fer en phosphate de fer. Le phosphate de fer ne pouvant se transformer en oxyde de fer à l'air libre, il n'y a pas de risque que la pièce rouille à nouveau au contact de l'air. Les dimensions de la pièces sont ainsi conservées.
La réponse longue :
Je vais essayer de donner l'usage que j'ai des différents produits que j'utilise, j'adapte mon choix en fonction de la fonction de la pièce ainsi que son matériaux :
- WD40 : dégripper des assemblages. Je m'en sers en arrosant copieusement les vis grippées avant démontage.
- Acétone / Substitut de trichloréthylène : Nettoyer / Dégraisser des pièces. Je m'en sers pour mettre au propre les pièces avant stockage/remontage.
- Pétrole desaromatisé : le pétrole permet de désoxyder des pièces rouillées en décollant l'oxyde de fer. L'action n'est pas chimique dans le sens où il n'y a pas de transformation. Une partie de l'oxyde se dépose au fond du bac, le reste est à éliminer par brossage.
- Destructeur de rouille Julien : Converti l'oxyde de fer en phosphate de fer. Il laisse un aspect au mieux lisse et grisâtre, au pire (dans le cas de pièces très rouillées) la surface n'est pas lisse. Le phosphate de fer peut être éliminé par brossage. A noter que le destructeur de rouille Julien contient jusqu'à 50% d'acide phosphorique et jusqu'à 10% de carbonate de sodium, qui lui attaque l'aluminium (ne pas utiliser de Saint Marc, ou pire, de lessive de soude, sur l'aluminium !). Le pourcentage est toutefois suffisamment faible pour être utilisé sur ce dernier.
- Brossage métallique/plastique : j'utilise trois types de brosses :
- Brosse laiton à main : Je m'en sers pour dégrossir le nettoyage d'une pièce. Par exemple, pour virer de la sciure mélangée à de la graisse sur les pignons d'entrainement.
- Brosse laiton sur meuleuse : Pour décaper de grandes surfaces, typiquement les tôles (moins pratique sur des petites pièces). Les pièces en acier sont mises à nue, avec un aspect satiné sans traces de brossage.
- Brosse plastique sur perceuse à colonne : Je l'utilise pour finir le brossage des pièces après bain d'acide. Les brosses plastiques laissent des marques importantes, je pense que je vais la remplacer par une brosse laiton. Sur perceuse à colonne, c'est bien plus pratique pour les petites pièces (on a nos deux mains pour tenir la pièce).
- Scotch brite / éponge : Faire la vaisselle à l'acétone / au trichlo

Le scotch brite permet de bien virer la merde en respect la surface de la pièce, là on l'abrasif lisse la surface. Typiquement, c'est que j'utilise sur les pièces dont la géométrie ne doit pas être modifiée (ou très peu), donc la table de la mortaiseuse, les tables de la dégau, etc.
- Electrolyse : le grand principe c'est d'utiliser un courant électrique comme catalyseur d'une réaction d'oxydo-réduction. Cela améliore donc le rendement d'un processus chimique. Dans le cas de l'électrolyse d'une pièces rouillées, une place une plaque en acier (si possible en inox) à l'anode (lieu ou se passe l'oxydation), la pièce à traiter est reliée à la cathode (lieux ou se passe la réduction), le tout baignant dans une cuve remplie d'eau et de carbonate de sodium (cristaux de soude type Saint Marc), l'électrolyte. Pour faire simple, L'oxyde de fer va réduire pour redonner du fer pur, la plaque d'inox, elle, va recevoir l'oxyde de fer perdu par la pièce traitée( s'oxydant donc à son tour).
Concernant l'utilisation, ne l'ayant jamais pratiquée, j'aurai du mal à dire si l'électrolyse permet un résultat meilleur que l'acide phosphorique. Aujourd'hui, les pièces très rouillées que j'ai traitées à l'acide doivent impérativement être brossées. Cela donne des pièces très piquées pour le galet tendeur puisqu'au final, tout l'oxyde de fer est retiré. Le résultat est donc identique à un brossage "intensif". Par contre,une fois saine, les pièces re-traitées à l'acide seront protégées de l'oxydation puisque recouverte de phosphate de fer.
Je ne sais pas encore qu'elle méthode j'appliquerai à l'arbre de la dégau. Clairement, à l'acide + brossage, il risque de finir comme le galet tendeur. L'idéal serait certainement une reprise de son diamètre au tour mais cela a un coût et nécessite aussi de reprendre les contres-fer.
Olistan a écrit :Merci et félicitations pour ce travail de récupération
Merci

Et désolé pour le roman !