Page 11 sur 15

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 09 mars 2026, 21:18
par Adrame
alrj a écrit : 09 mars 2026, 16:26
Cornelius Agrippa a écrit : 07 mars 2026, 19:22 Image

La griffe d’établi est pour moi indispensable lors du corroyage.
Je me demandais depuis bon nombre d'années où je pourrais bien trouver une griffe...
Suite à ton post, j'ai refait une rapide recherche et j'ai découvert que La Forge Rayonnante en propose (sur commande) ! Je n'ai pas hésité longtemps avant de les contacter pour demander un devis.

Merci pour cette photo qui m'a relancé dans ma quête :D
Rex Kruger en propose également sur son site mais elles semblent moins costauds:
https://compassrosetools.com/collections/all

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 12 mars 2026, 22:22
par Cornelius Agrippa
Bonjour Messieurs,

ColleEnStock, voilà, CQFD!

Alrj, avec plaisir. Je n’hésite pas à maintenir les dents bien mordantes! Bien entendu, ça ne fonctionne seul que si l’on rabote dans la longueur de planche. Pour riflarder, il faut impérativement ajouter un blocage dans le long ou sur l’angle comme on le voit en page 6.


Merci à tous

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 12 mars 2026, 22:24
par Cornelius Agrippa
Queues d'Aronde

Image


Nous allons maintenant procéder à la coupe des queues d’hironde.

Nous survolerons bien entendu cette étape, tant elle est traitée, disséquée dans des centaines d’ouvrages et quelques millions de vidéos.

Il est illusoire de prétendre être original sur ce sujet, quoique…

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 12 mars 2026, 22:33
par Cornelius Agrippa
Digression outillesque

Il y a quelques années, j’avais mentionné avoir dégotté la fameuse scie allemande à lame à 90°, la ‪Zinkensäge.

Elle apparaît peu souvent sur l’internet et ce sujet aurait pu être l’occasion de la mettre en action.

Las! Cet outil conçu pour les menuisiers, permet de faire un travail très rapide certes, mais pas forcément très propre. Cette scie est bien connue pour provoquer de l’arrachement sur le contre-parement.

De plus, la lame elle-même est bien plus épaisse que celle de ma scie à araser; hors je dois inévitablement passer la première dans le trait de scie laissé par la seconde.

Cependant, maintenant que je l’ai évoquée je ne peux décemment laisser mon lecteur sur sa faim.

Je propose donc une rapide parenthèse démonstrative sous la forme d’un fichier avec image en mouvement! (une fois n’est absolument pas coutume ! )

Notons que je me présente ici dans mon plus simple appareil, tant j’ai toujours entendu pis que pendre de mes qualités de cinéaste…le lecteur jugera !
J’ai essayé de produire un montage à la mode, pour compenser.

Ce petit film (45s), répondra je l’espère, aux interrogations que suscite l’outil et démontrera que cette scie n’est pas à recommander pour du travail fin.
Pour être honnête, selon mes tests, bien préparer le trait de travers fil au tranchet, évite l’arrachement, mais de facto, on perd l’avantage de rapidité pour lequel cet outil est prisé.

La Zinkensäge a dû cependant avoir sa place dans nombre de boîtes à outils de menuisiers outre-Rhin.


Petite vidéo démonstrative‬


.

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 12 mars 2026, 22:34
par Cornelius Agrippa
Mais j’y pense… un film de publié et je pourrais déjà me qualifier de Youtuber…c’est toujours dans le vent ça Youtuber, non?!

Please Comment, Like and Subscribe!

A moi Dubaï et ses dindes siliconées !
(une sous chaque bras)

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 12 mars 2026, 22:38
par Cornelius Agrippa
Image

Mais revenons à des outils plus classiques.

Les queues sont tracées

Image


Coupées grâce à la petite scie à araser, très efficace dans ce rôle

Image


Queues reportées et entailles de queues sciées.
Aujourd'hui, les queues sont classiques, mais cela fait bien longtemps que je n’ai eu à faire des arondes recouvertes.
Je ne manque aucune occasion d’expérimenter. Je me demande si avec l’expérience acquise depuis, je serais plus rapide dans l’évidemment des entailles au ciseau, qui dans mon souvenir, est très long.

Comme pour des queues recouvertes

Image


Verdict…non je ne suis pas plus rapide, c’est toujours incroyablement long…après en avoir fait deux, je m’empare d’une scie à chantourner.

Puis nettoyage au ciseau à biseau long

Image


En fin de série, l’index est bien marqué par l’arête vive de l’outil

Image


Comme on l’imagine, le montant un peu cintré m’enquiquine pour le report des queues.

Je le force durant ce report ainsi que durant les différents affinages

Image


On voit bien que ça baille un peu aux extrémités, et je m’en accommodais.

Mais bien entendu, juste avant le montage final, ce qui devait arriver, arriva !

Image


J’ai mal sélectionné mon bois c’est totalement ma faute, le conseil reçu était de sélectionner du demi-quartier et j’ai une portion qui est quand même plus proche de la dosse que du demi-quartier.

De tout temps, j’ai été habité par une profonde détestation de la dosse.


Bon je ne m’en tiens pas rigueur, il n’y a qu’une fente et elle n’est pas très longue, ça ne devrait plus bouger. J’ai comblé avant les finitions et ça ne se voit quasiment pas.

La structure est maintenant achevée, passons aux assemblages des rayons!

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 13 mars 2026, 00:32
par Copeau Cabana
Ah c'est bien mieux avec les photos ! :P
La fente ne choque pas plus que ça, c'est vintage un peu avant l'heure, on est pas sur un meuble "moderne"… ;)

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 13 mars 2026, 07:48
par micheld4036
Cornelius Agrippa a écrit : 12 mars 2026, 22:34 Mais j’y pense… un film de publié et je pourrais déjà me qualifier de Youtuber…c’est toujours dans le vent ça Youtuber, non?!

Please Comment, Like and Subscribe!

A moi Dubaï et ses dindes siliconées !
(une sous chaque bras)
Bonjour,

je suis toujours avec beaucoup de plaisir ton travail et tes explications et j'apprécie beaucoup même si je reste discret

Nota : j'ai cru entendre ces derniers jours que certaines dindes gloussaient moins bien à Dubaï

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 13 mars 2026, 16:39
par PandaInHawaii
Toujours très instructif à suivre…

Pour la scie, en effet, c’est rapide…mais un peu brutal tout de même.
Et pour être youtubeur…je pense qu’il y a encore un peu de travail en terme d’esthétisme.
Puis peut être choisir un domaine un peu plus porteur…

Ah quel dommage cette fente. En l’écartant un peu, avec de la colle et en serrant ça ne pourrait pas faire l’affaire?

Et je confirme pour l’index, c’est assez désagréable… j’me suis demandé si ceux qui passaient leurs journées à faire ce genre de travail n’avaient pas une sorte de petit fourreau en cuir qu’ils mettaient sur leur doigt. Mais je pense qu’à la longue il avaient juste acquis la résistance nécessaire au niveau de la peau…

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 13 mars 2026, 17:06
par xerious
Bonsoir

Depuis hier je n'arrive pas à ouvrir le lien ,si quelqu'un à un truc je suis preneur!
Yann

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 13 mars 2026, 17:46
par micheld4036
lorsque j'ai ce genre de problème, je change de navigateur et ça résout le problème.
Mais je ne sais pas pourquoi

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 13 mars 2026, 18:16
par xyloweb
Vide le cache de ton navigateur, ça peut aider…

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 13 mars 2026, 23:15
par xerious
Bonsoir Xylo

Qu'entends tu par le cache du navigateur, je suis sur Chrome!
Merci de préciser stp!

Yann

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 14 mars 2026, 06:22
par xyloweb
Méthode rapide (raccourci clavier) ⌨️
1. Ouvre Chrome.
2. Appuie sur Ctrl + Maj + Suppr (Windows / Linux)
ou ⌘ + Maj + Suppr (Mac).
3. Dans la fenêtre “Effacer les données de navigation” :
• Choisis Période : “Toutes les périodes” si tu veux tout nettoyer.
• Coche “Images et fichiers en cache”.
4. Clique sur “Effacer les données”.

Méthode par les menus
1. Clique sur les ⋮ (3 points) en haut à droite.
2. Paramètres → Confidentialité et sécurité.
3. Clique sur “Effacer les données de navigation”.
4. Coche “Images et fichiers en cache” puis Effacer les données.

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 14 mars 2026, 19:32
par Cornelius Agrippa
Bonjour Messieurs,

Oui Copeau Cabana, effectivement la fente ne me dérange pas plus que ça, et pour l’instant ça n’a pas évolué.

Merci Micheld4036, c’est très sympa!

PandaInHAwaii, je comprends que vous freiniez mes ambitions Youtubesques, je ne peux cacher un manque d’expérience flagrant.
Pour la fente, le bois a trouvé sa place, je l’ai forcé pour coller les arondes donc il est normal qu’il se soit rebellé. Je surveillerai.
Et pour parer de grandes séries d’arondes, je pense aussi que nos illustres prédécesseurs avaient le cuir plus dur que le nôtre. Les ciseaux « spéciaux pour arondes » comme le modèle spécifique d’Ashley Iles, ont bien un arrondi sur l’arrête supérieure, mais ce n’est pas celle-ci qui blesse, donc je pense que c’est un peu inutile.

Merci à tous

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 14 mars 2026, 19:45
par Cornelius Agrippa
Entailles à queues

Image


A l’instar des arondes classiques, s’il est un assemblage que je trouve aussi efficace qu’esthétique, c’est bien celui des queues sur champ.

Mes râteliers à outils temporaires sont tous ainsi faits, rayon simplement glissé entre les jambages. L’assemblage est mécaniquement fonctionnel et permet de facilement changer tout un rayon si l’on change une série d’outils, ce qui m’est arrivé par le passé.


Autant il y a pléthore d’informations disponible pour les queues d’arondes classiques, autant il est plus difficile d’accéder à la recette des queues d’arondes sur champ.
Je suis loin d’être un spécialiste mais j’ai mes habitudes et vais donc tenter ici d’illustrer mon modus operandi.

Avant toute chose, il convient de reporter l’épaisseur de notre planche sur la face qui recevra l’entaille.
Il est important de noter que nous sommes ici face à une des très rares situations, où employer un tranchet plutôt qu’un crayon serait une grave erreur.
Cette ligne est un guide uniquement et la tracer au tranchet ferait éclater le trait de scie en parallèle et donnerait une entaille à l'esthétique douteuse.
Le lecteur aura la correction de ne pas demander à l’auteur comment il sait tout ça...il le sait et c’est tout!


Mes rayons n’étant pas d’épaisseurs rigoureusement identiques, je positionne seulement les traits hauts

Image


Ces traits sont reportés sur les champs

Image


Les traits bas sont ensuite tracés selon chaque rayon, on peut les faire un cheveu moins large par sécurité

Image


et reportés également

Image


La profondeur est déterminée pour ne pas passer au travers de notre sculpture d’orbe voie se trouvant de l’autre côté du panneau. Généralement, je vise un bon tiers de l’épaisseur.


On trace ensuite les queues

Image


Comme pour tous les types d’arondes, il y a une certaine latitude d’angles possibles, il faut bien sûr que les arrêtes de la queue elle même, intrinsèquement fragiles avec leurs fibres très courtes, ne cassent pas.


Au tranchet cette fois, l’épaisseur basse de la queue est reportée sur le contre-parement

Image


Les entailles sont maintenant bien délimitées, il suffit de les couper.

Notre bonne scie à araser est encore et toujours, parfaite pour cela.
Un gabarit maison sera fort utile pour guider la lame à angle constant.
C’est d’ailleurs de ce bout de bois qu’est tiré l’angle appliqué à la fausse équerre utilisée précédemment.

Deux manières possibles de constituer ce gabarit, parmi d'autres

Image

J’avais fabriqué ces deux solutions il y a des années.
On pourrait penser que le dispositif de droite protégeant le bois que l’on conservera est plus sécurisant mais je confesse être plus à l’aise avec celui de gauche.
Les deux solutions fonctionnent bien cependant.

Gabarit maintenu dans la main gauche, le sciage s’effectue aisément

Image


Un ciseau à biseau court permet de dégrossir l’entaille

Image


Une première guimbarde permettra ensuite d’évider plus finement. On augmentera la profondeur de passe petit à petit.

Puis une seconde guimbarde portera l’entaille à sa profondeur définitive pour conclure le travail. Son réglage restera fixe.

(Oui Ami Lecteur, comme tu l’as compris, plutôt que de toucher à la vis de serrage, lorsque j’ai besoin d’un autre réglage, j’achète tout simplement une autre guimbarde, plutôt malin non?!)

En cours de travail

Image

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 14 mars 2026, 19:49
par Cornelius Agrippa
Digression outillesque

Depuis que je me suis intéressé aux outils à main, la guimbarde a toujours eu une place spéciale dans mon atelier. J’en ai plus que nécessaire. Je souhaite souligner que selon moi, un outil de bois fonctionne aussi bien qu’un outil métallique.

Pour régler une guimbarde de bois avec serrage à vis, c’est comme avec les premiers types de 71 ou les 71 1/2 sans réglage micrométrique: il convient de desserrer la vis d’un cinquième et de donner un coup sur le fer. Desserrer plus, fait parfois perdre le réglage initial. Ce système fonctionne parfaitement, exactement comme pour les wastringues.

J’ajoute qu’il est extrêmement pratique d’avoir plein de rabots deux guimbardes, une fois la première mortaise ou entaille accomplie, on ne touche pas au réglage final et on en prend un autre outil pour dégrossir les suivantes.
Si l’on a une guimbarde moderne avec butée de profondeur alors un outil suffit bien entendu!


En ce qui concerne les guimbardes de bois, mon outil principal vient de Scandinavie, on y parle de Grundhøvl (en viking dans le texte). Bien qu’il ait une forme très similaire aux guimbardes traditionnelles allemandes, ce n’est pas un Grundhobel pour autant.

Il n’y a là rien de scientifique, mais selon mes observations, les allemandes ont le plat du fer contre le bois, tandis que les danoises l’ont dans le sens de la marche.

Image


(Ami lecteur, en déduirais-tu qu’une Danoise est plus aérodynamique qu’une Allemande?
Dans le doute j’ai moi-même préféré opter pour une Danoise à la maison)


Finalement, il semble que cette architecture de fer soit également établie au nord de l’Allemagne selon l’incontournable site de Wolfgang Jordan (cf en bas à droite la façon de Hambourg)

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 14 mars 2026, 20:01
par Cornelius Agrippa
Image

Mais revenons à notre assemblage.

Notre première entaille à queue est maintenant achevée

Image


Nous nous attachons à reproduire la séquence sur les deux contre-parements.


Ma bonne scie de collégien faiblissant un peu, un rafraichissement est nécessaire en cours de route

Image


Ainsi, nous achevons les entailles.


Une Alsacienne à gauche et une Danoise à droite

Image


Pour être complet, notons qu’arrêter une entaille à queue se déroule exactement comme pour une entaille classique.
Ma technique est de stopper l’élan de la scie par un tasseau serré par un valet, comme ici.
Je l’ai fait pour les étages décalés de mon râtelier à ciseaux.



Groaaar!

Image

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 14 mars 2026, 22:15
par xerious
Pour XYLO

Un grand merci à toi , je ne connaissait pas tout ça!!

Cordialement

Yann

Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Publié : 19 mars 2026, 21:44
par Cornelius Agrippa
Queues d’aronde sur champ

Avertissement : Ce qui va suivre est issu d’une méthode empirique!


Image


Comme nous l’avons vu plus haut, les rayons de l’étagère avaient été corroyés et recalés

Image


Finition à l’aide d’un bel outil à semelle métallique et lumière ultra fine, un peu délicat à régler

Image


Nous pouvons donc pousser les queues sur champ.



Le fameux rabot à queues

Il y a une dizaine d’années, sur l’étal d’un vide-greniers au Danemark, je suis tombé sur un outil qui m’était inconnu.
Vu son anatomie, j’ai imaginé sa fonction et me suis lancé dans son utilisation sans plus d’informations, à l’époque cet outil était invisible sur le web.
Par conséquent, cette méthode, élaborée au fil des ans, ne correspond évidemment pas à la méthode traditionnelle hexagonale de nos illustres prédécesseurs.

Je n’ai à ce jour, croisé ce rabot qu’en Scandinavie et en Allemagne.
Ma conviction a toujours été que cet outil n’existait pas en France.
Wolfgang Jordan m’a cependant confirmé qu’il apparaissait dans un catalogue Lachappelle, ce qui a du sens vu que cette maison a été Alsacienne à l’origine.
Au vu de l’histoire mouvementée de cette région, il semble donc confirmé, que cet outil n’existait pas vraiment dans notre pays.

Ce rabot est en tous point identique à un feuilleret, hormis sa semelle qui présente une inclinaison.
Je possède des outils à semelles de deux angles différents, 74 et 78 degrés.
Tous les exemplaires que j’ai eu en main, sont équipés d’un conduit mobile et d’un grain d’orge. Bien entendu, le conduit peut être de bois, d’acier ou de laiton.

Le rabot à queue sous toutes les coutures

Image


L’outil s’appelle Grathobel dans la langue de Goethe. Les deux principales manufactures germaines, Ulmia et ECE, produisent toujours ce rabot, disponible chez les deux revendeurs allemands habituels.


Le lecteur aura maintenant compris que dans ma méthode, le gabarit de sciage, ainsi que l’angle de la fausse équerre, ont été directement calqués sur la semelle de cet excellent outil!

Tout s'aligne

Image


Pour régler le conduit de l’outil, nous procédons comme pour un feuilleret, par petites touches. Il convient de reporter la mesure du trusquin qui a réglé la profondeur des entailles.

Le conduit lui-même, est réglé en tapotant avec le tournevis qui l’a desserré.
Je le fais à l’avant et à l’arrière pour avoir un guide bien parallèle au fût.

Le conduit de laiton porte de nombreuses marques anciennes à ces deux endroits précis

Image


Le rabot bien réglé, voit un alignement parfait du trait de trusquin, du grain d’orge et du bord du fer principal

Image


Ensuite intervient une étape clef dans ma méthode : j’ai pour habitude de noircir l’arête sur laquelle je travaille, pour contrôler ma progression.
Effectivement le rabot à queue n’a pas de repos, et il serait de toute façon très difficile d’anticiper le réglage d’icelui.


Ce n’est pas juste pour la démonstration, je noircis réellement chacune des arêtes!

Image


Et c’est accompagné des finlandais de Nightwish que je me lance dans cet assemblage!


On pousse la moulure en un mouvement

Image


Bien entendu, on prendra garde à bien maintenir l’outil d’aplomb, sinon l’angle final ne correspondra pas à celui de l’entaille.

Au départ, je posais toujours une petite équerre à chapeau près de l’outil comme référence visuelle.
Je me disais que jadis, l’homme de l’art, fort de ses nombreuses années d’expérience, devait véritablement avoir un compas dans l’œil!

Puis un jour sur un vide-greniers danois, alors que j’interroge un vendeur (d’un âge très avancé) au sujet de ses rabots, l’homme me confie être retraité du métier.
L’occasion est trop belle aussi je m’empresse d’évoquer cet outil et de la difficulté de le garder parfaitement perpendiculaire au chantier.
Le gars me confesse alors en souriant, que lui et ses collègues ne s’enquiquinaient pas et qu’ils fixaient une planchette pour guider le rabot d’aplomb.
Simple, efficace.

Point positif, ma méthode n’est pas ridicule et j’ai bien compris comment utiliser l’outil !
Point négatif, comme souvent en temps qu’amateur, on s’enquiquine à vouloir faire trop bien et tout compliquer alors que le professionnel prend des raccourcis.

De retour au pays, bien entendu, je me suis empressé de tester.

Verdict : dans les faits, fixer une planchette pour les quatre coupes de chaque rayon, s’avère beaucoup trop long et contraignant pour moi !

J’ai cependant gardé l’idée et je pose maintenant un petit carrelet juste à côté de l’outil. Je le claque rapidement contre le fût pour vérifier mon aplomb et j’écarte le carrelet pour lancer une série de passes.
Ca se fait en un seul geste rapide et ça suffit amplement, c’est plutôt pour se rassurer.

Enfin, j’ai vu ces outils en nombre dans le nord de l’Europe, mais toujours avec le conduit classiquement à gauche. Par conséquent une fois sur deux on se retrouve avec le champ qui sera visible, en sortie de passe. Il faut donc toujours en être conscient pour éviter l’arrachement.
Comme toujours, un bon affûtage amenuise les soucis.

Il est cependant crucial de bien identifier l’avant de l’arrière de chaque champ pour toujours garder cet arrachement potentiel à l’esprit.
On peut également donner un petit coup de tranchet pour éviter cela.

Cinq ou six passes ont tôt fait de former le joint.


Je stoppe généralement quand il reste un très mince filet de crayon gras sur mon arrête

Image


Je procède directement à un essai, ça évite les mauvaises surprises, et j’affine ensuite peu à peu.


Bien entendu, je dois forcer mon damné panneau tuilé pour effectuer mes tests

Image


Et on pousse les autres joints à la chaîne, grâce à un outil bien réglé

Image


Ainsi se conclut l’exposé de ma méthode des queues d’aronde sur champ.