Feuillures à mi-bois avec baguette
Contrairement au corroyage, durant le travail de moulures, on ne peut pas inverser le sens de la planche si d’aventure, on est à contre-fil.
Le sens de rabotage de chaque planche est donc bien pris en compte.
On peut tirer un trait de trusquin pour une coupe propre, mais la nouvelle arête va disparaître
La feuillure est poussée à l’aide d’un bel outil de cormier
Il convient maintenant de pousser la
baguette.
L’outil utilisé est une
mouchette à joue.
Selon moi, c’est un outil plus facile à trouver qu’une mouchette sans joue.
Il en existe bien entendu de toutes tailles et elles séparent la baguette du reste de la planche, par un
carré ou un
tarabiscot.
Pour contenir l’épaisseur de mes planchettes de fond, je choisis un outil dont la joue elle-même est la moins profonde.
Celle-ci reposera sur le fond de feuillure lors de l’utilisation, donc c’est un paramètre crucial pour choisir son outil.
Là encore, le huchier avec moins de scrupule, pourra toujours donner un coup de rabot sur la joue trop profonde.
Une mouchette à joue
Mais comme bien souvent à la première utilisation d’une moulure, même en excellent état cosmétique…on s’aperçoit bien vite que ça ne fonctionne pas correctement!
L’outil ne produit aucun copeau.
Un premier examen révèle que le fer est bloqué dans le conduit, alors que le reste de la courbe n’affleure pas.
On note même que le conduit a fendu à force de tenter de donner du fer
Mes illustres prédécesseurs, pressés par le temps, ont concentré leurs efforts d’affûtage sur la courbe de la baguette elle-même en négligeant de réduire cette portion. Avec le temps elle est devenue un facteur bloquant au premier sens du terme, empêchant la courbe d’atteindre le bois.
Il convient donc de raccourcir cette pointe trop longue.
J’ai pris cette photo après l’opération mais on imagine le problème
Une fois le fer replacé dans l’outil, il s’avère que la moulure, comme bien souvent, ne correspond pas exactement au profil de la semelle.
Les affûtages successifs de nos aïeux qui devaient travailler dans l’urgence, modifient la forme.
Nous nous attacherons donc à reprendre cette courbe une bonne fois pour toutes.
Pour bien retoucher le fer, il convient de toujours le replacer à l’identique lors des essais.
Fort heureusement, cet outil est pourvu d’un coin à décrochement
Ce raffinement technologique permet au fer de n’avoir latéralement, qu’une seule position possible
L’inspection démontre également que le carré n’est pas aligné avec le profil
On procède aux retouches manuellement et avec des outils mécanisés
Une mouchette remise en forme!
Nous pouvons maintenant utiliser l’outil.
Pour obtenir une arête franche près de la baguette, nous passons le trusquin ou le tranchet
Sur la photo précédente, l’œil affuté de mon lecteur confirmera sans même le voir, que mon contre-parement a été riflardé sommairement comme toujours. On note sur le champ, que le trait de trusquin n’a pas été enlevé par l’outil à certains endroits.
Et c’est parti
Les planchettes sont passées à la chaîne sur l’établi.
Chronomètre en main : Il a fallu 1mn pour chaque feuillure et pousser la baguette prend 1,5 à 2mn.
Le parement fini
Par contre, nous évoquions nos ancêtres qui modifiaient les angles des outils pour ne pas se blesser…hem
Nous reprenons le feuilleret pour les contre-parements
Grâce à ce nouveau modèle de fidibus, on peut maintenant allumer le feu depuis son fauteuil
Nous passons maintenant à l'installation