Théoriquement il me faudrait la permission de Djooh qui a ouvert le fil, car je crains d’être hors sujet si je commence à publier mes trouvailles dans ce fil. Bon il est vrai que la restauration n’est finalement pas le thème principal.
D’ailleurs à mon sens les restaurations potentielles ne sont pas si nombreuses si l’outil semble en état visuellement.
En somme lors d’un achat à distance, la mauvaise surprise pourra majoritairement se loger sur
- une semelle très gauche (Varlope, Rabot ordinaire principalement et Riflard)
- une lumière agrandie par de nombreux dégauchissements de l’outil (Varlope, Rabot ordinaire principalement)
- La joue rapportée qui se décolle (Bouvets à joindre en un morceau, Ronds, Mouchettes etc)
- Un coin inadapté (rédhibitoire, à remplacer)
- une fente sur les oreillons (rédhibitoire la plupart du temps)
Si le bois est fendu, le coin cassé etc, ce sera souvent visible sur les photos.
Vu le nombre d’outils de bois dans le pays on peut se permettre de laisser de côté les outils les moins fonctionnels, ça fera un collectionneur heureux si l’outil est esthétique par ailleurs.
J’en profite pour souligner certains aspects inhérents à l’achat en lot que j’évoquais plus haut (et ma trouvaille d’hier n’y fait pas exception).
Lors de l’achat en lot, il faut s’attendre à:
- Avoir rapidement beaucoup de doublons dans certaines tailles de Bouvets à joindre en un morceau (situation la plus commune selon moi)
- Avoir des tas de rabots ordinaires trop usés, dégauchis trop de fois pour être utilisables sans profonde restauration ou rénovation
- Se retrouver avec des Bouvets de deux pièces pas toujours utilisables (filetage en mauvais état, jeu)
- Avoir beaucoup de rabots d’atelier, ancien régime etc. Avant les fabriques d’outils et la standardisation des tailles, chaque ouvrier fabriquait l’outil répondant à ses besoin en achetant uniquement les fers aux métallurgistes (Coulaux, Peugeot(s), Goldenberg). Ces outils sont en grande majorité aussi bons que ceux avec marque de fabrique ou de distributeur, mais ont souvent une apparence et des dimensions moins habituelles. Certains sont
superbes.
- Avoir des outils dont le fer, le coin manquent…ou les deux (bien garder les cadavres en Cormier ou Chêne vert pour le don d’organes)
- Retrouver parfois au fond du colis, des outils ou pièces n’ayant rien à voir avec le sujet
- Accumuler les outils en doubles dans son grenier
Aussi est-il bon d’avoir en stock une épouse qui aime jouer à la petite marchande une fois par an, sur son stand de vente de charité. Ceci permet de réduire le nombre de doublons (et ainsi avoir une excuse pour acheter plus d’outils)
Par contre à la réception dans l’atelier, ouvrir son lot fraîchement acquis et découvrir chaque pièce l’une après l’autre est toujours un moment précieux. J’aurai l’occasion d’y revenir lors d’un prochain sujet.
Sur un vide grenier j’estime le prix moyen d’un rabot ordinaire/bouvet à joindre/moulure simple dans son jus à 4 EUR; prix qui n’a pas évolué depuis des années.
Sur l’achat en lot, une fois les cadavres exclus, le prix par outil est peu ou prou le même selon mon expérience, mais j’ai eu deux beaux lots à 50cts par outil valide!
Je suis un peu effaré des prix cités parfois sur ce forum, les vendeurs sont peut-être tous parisiens donc/ou hors sol.
En définitive, rien n’égale les vides greniers ruraux, mais bien sûr il faut de la patience.
Comme je l’ai déjà écrit ici, il me semble censé d’acheter la petite dizaine d’outils cruciaux par correspondance pour la rapidité d’acquisition et d’ensuite prendre le temps de faire de belles découvertes au fil des vides greniers pour étoffer ses râteliers.