Bon, ce coup-ci je vais essayé de ne pas me faire avoir ...
Alors, un câble se caractérise par plusieurs paramètres.
Sa résistance linéique (en ohms / km)
Sa capacité (généralement 10pF / m pour un câble droit)
Son inductance (généralement 1µH / m pour un câble droit)
Sa section
Un câble va voir sa limitation en courant faite par plusieurs paramètres.
Sa section - plus la section augmente, plus le courant admissible est grand
Sa longueur - plus la longueur augmente, plus le courant admissible diminue - entraine une chute de tension en bout de câble.
Sa pose - là, les modes de pose sont multiples et variable.
Mais que ce passe t'il lorsque l'on enroule un câble.
Hé bien, dans ce cas, nous créons une bobine (une self, un inductance sans noyau, ...) qui verra sa valeur être définie par la section du câble, le diamètre de la bobine, le nombre de tours, la longueur (ou hauteur) de la bobine et un coefficient (fonction de la longueur et du rayon de la bobine).
C'est bien mignon ça mais ça fait quoi pour notre souci de fil enroulé qui accepte moins de courant ?
Les paramètres du câble, à savoir sa résistance, son inductance et sa capacité, forme ensemble une impédance (produit des trois suivant la fréquence).
La capacité est généralement négligé puisque très peu influente dans le calcul et dans la réalité.
Donc, on se retrouve avec une résistance et une inductance.
Quand on est en courant continu, l'inductance est nulle, on a juste la résistance qui intervient.
Par contre, en courant périodique (alternatif pour notre cas) l'inductance n'est pas du tout nulle et combiné avec la résistance, nous avons une impédance.
Si l'inductance augmente (en enroulant un câble par exemple) l'impédance augmente, et l'impédance étant comme la résistance en courant continu, plus elle augmente, plus le câble est "résistant" moins on peut faire passer de courant !
Il a été évoqué le cos phi.
Phi est le déphasage entre le courant et la tension.
Lorsque nous avons une charge purement résistive, il n'existe pas de déphasage courant / tension.

Les deux sont alignés, les passages par 0 sont au même moment.
Lorsque l'on se trouve avec une charge inductive (un moteur par exemple) le courant va être décalé par rapport à la tension.

Le décalage se mesure au niveau des passages par 0 et comme on considère qu'un signal sinusoïdale fait 360° pour revenir au point de départ (1 période) on a donc un "angle" Phi.
Quel est le problème avec ce décalage courant tension ?
Hé bien, pour une puissance absorbée (active) identique, le courant ne sera pas le même.
Exemple avec une puissance de 1000W sous 230Vac
En monophasé, la puissance active s'écrit comme suit.
P = U x I x cos Phi
P en Watt
U en Volt
I en ampère
Un radiateur électrique est une charge résistive, pas de décalage courant / tension, donc phi = 0 donc, cos 0 = 1
Notre formule devient P = U x I
I = P / U
I = 1000 / 230
I = 4.34A
Maintenant, un moteur électrique d'une puissance de 1000W absorbée avec un cos phi de 0.78 (c'est assez classique sur les vieux moulins).
I = P / ( U x cos Phi)
I = 1000 / (230 x 0.78)
I = 5.57A
Donc, pour une même puissance absorbée, un déphasage courant / tension se traduit par une augmentation du courant ... imaginez le truc avec une charge très inductive et un cos phi de 0.4 ... I = 10.86A ! (et on a toujours une puissance de 1000W)
Autre truc rigolo avec les puissances des moteurs ...
Quand on prend une plaque signalétique de moteur.

On y voit plusieurs informations.
Une puissance, des courants suivant la tension d'alimentation, le cos phi, la fréquence d'utilisation, le nombre de phases, la vitesse de rotation et un petit truc que tout le monde oublie toujours, le rendement !
Sur la plaque sus-citée, la puissance est notée P1 = 1.5kW
Détail, ce n'est pas la puissance active absorbée par le moteur, c'est la puissance utile à l'arbre moteur !
"Kékidit le gars"
Petit calcul simple ... La puissance active absorbée en triphasé est P = U x I x cos Phi x racine (3)
Pour faire simple, racine (3) = 1.732
Prenons les infos de la plaque plus haut.
U = 400 V
I = 3.84 A
cos Phi = 0.78
Donc on calcul P facilement.
P = 400 x 3.84 x 0.78 x 1.732
P = 2075W ...
Tiens, c'est pas 1500W comme marqué sur la plaque ... pourquoi ?
Simplement parce que la puissance notée est la puissance "mécanique" du moteur, et pas la puissance absorbée !
Et la puissance mécanique se calcule en prenant la puissance absorbée multipliée par le rendement du moteur.
Donc, Pm = P x rendement.
Le rendement sur la plaque moteur est de 76%, donc 0.76
Pm = 2075 x 0.76
Pm = 1577W ! Aaaahhhh ben voilà le 1.5kW !
Bref, tout ça pour dire que le dimensionnement d'un câble ne se fait pas juste sur la puissance, il y a une quantité de paramètres à prendre en compte, et il est plus cohérent de dimensionner une installation avec le courant consommé qu'avec la puissance.
Et puis, comme ça, ça montre aussi qu'ils faut avoir quelques connaissances pour réaliser une installation
D.