milie.sebast a écrit :C'est quoi un pousse-bois ?
"
Pousse-bois"
Je suis "responsable" d'une moulurière. C'est une grosse quatre faces équipée de 6 arbres en ligne (2 horizontaux et
4 verticaux). Ce genre de machine à bois :

En une passe tu dégauchis, rabotes, usines et scies une pièce de bois.
Je pointe la machine en fonction de la moulure à produire (n'oubliez pas que c'est de l'industrie et non de l'artisana)
et je produit. C'est à dire : j'enfile bout à bout, je pousse du bois dans la machine 1, 2, 3, 4, 5... charges/tonnes de
pièces de résineux. Je surveille la "qualité" tout au long de la production avec mon pied à coulisse. La plupart utilisant
des mètres ruban. Précision…
Le pied quoi

.
J'enfile souvent de la merde : trop sec, humide, fendu, tordu, noueux et très mal calibré... mais pas cher pour produire
en quantité des moulures que monsieur tout le monde (sauf moi) et ces fameux bricoleurs du dimanche achètent dans
les GSB.
Une quatre faces moulurière est une machine précise, pointée précisément qui a besoin de pièces de bois calibré. Et
non des pièces ayant parfois plus de 10 mm de différences. Comme le délignage est fait par des intérimaires (comme
moi) non qualifiés (pas comme moi

ils passent tout et n'importent quoi. Et comme je suis à la fin de la chaîne de
production... ce sont les responsables des moulurières qui se font chiers et engueulés.
Le chef "menuisier" étant bipolaire (Comme beaucoup de "ces petits chefs" non diplômés qui gravissent les échelons de
l'entreprise depuis plusieurs dizaines d'années de carrière) est sympa quand tout va bien (que ça produit) et quand ça va
pas, il se moque du pourquoi, se préoccupant uniquement du nombre de baguettes produit.
Ce genre de "petit chef" n'est rien en dehors de son industrie. Il n'a aucun diplôme, aucun vraie savoir-faire
professionnel et il s'y croit, se vantant qu' « Ici on casse du bois ». Comprendre quantité au détriment de la qualité.
Il y a beaucoup à dire sur ce sujet. Tant que je n'ai pas trouvé mieux j'en reste là…
J'suis un peu parano j'ai peur de l'effets tronchelivre.
Je continu ma recherche d'un vrai artisan menuisier voir ébéniste pour apprendre ce que la formation ne m'a pas appris.
J'en ai rencontré deux qui prennent leurs retraites, tristes de voir l'industrie phagocyter l'artisanat pour en faire des
lieux où l'on va travailler sans envie juste pour gagner le fric pour vivre.
C'est pour ça que je pense que : même si plus de 90% des produits de notre quotidien proviennent de l'industrie, l'industrie,
est la mort de l'artisanat et de l'humanisme. C'est l'avénement de la médiocrité, du profit et des travailleurs-moutons non
qualifiés et du travail intérimaire précaire.
Battons-nous pour que les artisans retrouvent leurs places.
Notre salut : la fin de l'industrialisation esclavagiste et dictateur d'emploi et nous fait consommer de ma merde.
Et le retour à une multitude des savoirs-faire, d'entreprises.
Samdim dernier, je suis allé faire un tour dans mon atelier et ça m'a fait grand bien. Une vraie bouffé de courage
de bien-être pour supporter les 43 heures d'industrilobotomisation.
D'où cette réflexion :
Si le savoir-faire disparaît à chaque fois qu'un artisan arrête ou meurt, ce savoir-faire disparait-il à jamais ?
Je ne crois pas. L'humanité l'a bien acquis à force de pratiques, d'expérimentations.
Ça redemandera du temps, des années mais pourquoi une deuxième fois.