Bonsoir à tous !
Après une petite escapade en Russie, où j'ai eu l'occasion de découvrir et surtout d'apprécier le port du caleçon long 100% laine de mérinos, me voilà de retour, prêt à affronter sans la moindre appréhension la température finalement bien tempérée de mon atelier.
D'abord une triste découverte, samedi: mon stock de merisier est plein de petits trous suspects. Une dizaine d'avivés que je passe rapidement à la dégau pour mieux constater les dégâts... Comme je le craignais, je peux tout jeter. Quelques morceaux de 50cm de long sont récupérables, sans plus. La bonne nouvelle, c'est que ça m'a permis de découvrir que le gars qui m'avait revendu ce merisier y avait malencontreusement mêlé six très belles planches de poirier. Et le poirier, lui, n'a rien!
Tout ça pour dire que je n'ai pas pu commencer tout de suite à travailler sur ces pieds d'établi, il a fallu attendre la fin de l'après-midi, samedi. J'ai commencé par tester la méthode à la défonceuse, pour évider la partie entre les deux tenons du haut du pied. Eh bien, cette Triton TRA-001, elle est fantastique sous table, mais en utilisation à la volée c'est quand même une tout autre histoire. Trop grosse, trop lourde, le guide parallèle en métal ne glisse pas follement bien. Alors après moult manipulations et avoir attaqué par les trois cotés, j'ai obtenu ceci samedi soir:
Et là, quand j'ai vu le temps que ça m'avait pris et les copeaux que ça avait fait voler absolument partout, j'ai repensé au commentaire de FastAndDirty
FastAndDirty a écrit :moi je ferais à la main. le temps de préparer ton montage sur la machine pour une coupe, tu auras déjà fini les 2 coupes verticale et après ... euh ... ben tu te débrouilles

(enfin bon, au ciseau à bois ça devrait le faire non ?).
Ça me faisait un peur de le faire à la main, je craignais surtout de ne pas réussir à couper d'équerre. Mais après une deuxième tentative à la défonceuse, je me suis quand même lancé. Surtout qu'on est dimanche, et que je n'aime pas faire du bruit de machines le dimanche.
J'ai donc emprisonné un pied dans mon petit Workmate, et j'ai marqué le trait de coupe au ciseau. Paul Sellers appelle ça un "
knife wall".
J'ai amorcé la coupe avec le côté pour tronçonner de la ryoba, même si je suis en réalité en bois de fil, de manière à avoir une empreinte plus nette.

Puis j'ai marqué le trait sur toute la longueur.
Pour assurer le guidage vertical de la coupe, j'ai scié très incliné, le long de mes marques sur les faces. (Au passage, on peut voir dans mes cheveux les sous-produits du défonçage).
Pour cette opération précise, j'ai préféré utiliser ma scie à dos occidentale, avec laquelle j'arrivais à être plus précis. Ensuite, eh bien il ne restait plus qu'à scier tout ça !
Finalement, éliminer ce qui se trouvait entre les deux traits de coupe s'est révélé assez simple. En attaquant le fond

il suffisait de faire sauter une épaisseur.

Le chêne se prête particulièrement bien à cet exercice, et j'ai eu tôt fait d'arriver à la moitié, de retourner le pied, d'attaquer par l'autre côté, et de finir.
Ce qui m'a finalement le plus ennuyé dans tout ça, c'était de ne pas avoir de ciseau de la bonne largeur! 20 mm c'était trop large, et le suivant dans ma collection fait 16mm. C'est bête, il m'aurait fallu 18mm...
Le résultat est acceptable:
Cette réussite m'ayant encouragé, j'ai fait les trois autres dans la foulée.
Enfin, avant de quitter l'atelier, j'ai aussi fait une tentative de découpe d'un tenon en queue d'aronde. Là, je pense que je peux m'améliorer.
Finalement, je suis plutôt content de ce weekend. J'ai bien avancé sur une étape qui me faisait un peu peur, et surtout j'ai découvert que j'étais capable de scier droit !
Pour la suite, il s'agira de finir les queues d'aronde (délicat, je voudrais faire mieux que la première), d'amincir les tenons "arrières" (fastoche!) puis de creuser les grosse mortaise qui accueilleront les traverses. Une fois que ce sera fait, je pourrai peser les pieds !
À bientôt pour la suite !