Mon avis :
Bon, j’ai hésité quand même un peu avant de l’acheter (pas beaucoup...). Parce qu’il y a un fil à la patte à la bestiole.
Mais la machine est selon moi ce qui se fait de mieux en perceuse-visseuse filaire. Il y a peut-être des modèles équivalents dans d’autres marques, mais que je ne connais pas.
J’ai eu en main un jour une AEG Ergomax qui était une première approche sans doute de ce type, avec moteur vertical et poignée secondaire démontable qui la faisait passer de « en C » à « en T », mais peu convaincante.
Je pense que les concepteurs de chez Protool/Festool se sont un jour retrouvés autour d’une table pour répondre à une question assez simple : comment concevoir une perceuse filaire qui ait tous les avantages d’une perceuse à batteries ?
Parce que la Quadrill soutient la concurrence par rapport aux équivalents sans fil :
- compacité : je vous joins des photos la comparant avec ma CXS et ma C12. La C12 et la Quadrill sont d’un gabarit quasi équivalent.
- légèreté : 1,7 kg pour la Quadrill, 1,8 kg pour la Quadrive équivalente sans-fil, 1,5 kg pour la C12, 2,5 kg pour ma Makita filaire.
- « touché » d’une visseuse : bon, en vitesse 4, c’est un peu plus difficile à acquérir parce qu’elle monte vite dans les tours, mais la gâchette de la Quadrill offre tout le velouté nécessaire en début ou fin de vissage, pour adapter la vitesse au positionnement sur le point, ou pour gérer la fin de course de la vis. Avantage certainement dû au moteur EC-TEC géré électroniquement.
- fonctionnalité : au delà des fonctionnalités classiques de chez Festool (fast fix, centrotec, sécurité électronique de charge), on retrouve l’éclairage (4 leds puissantes actionnées en on/off par un interrupteur spécifique), le plastron aimanté pour les embouts et même pour des vis au vu de sa surface généreuse, les 2 crochets latéraux pour fixer à la ceinture. On peut également adapter un crochet au dos de la Quadrill, le même que celui de la Syslite Uni (ça tombe bien, j’en ai une), pour accrocher la machine aux barreaux d’un échafaudage. Et avantage de peu de visseuses filaires, la possibilité d’y adjoindre un renvoi d’angle (qui est spécifique aux grosses machines Festool, plus costaud que le renvoi d’angle classique type C12 ou C15, au vu des valeurs de couple à transmettre).
Au delà de ça, la Quadrill a également des arguments en sa faveur par rapport aux sans-fil :
-équilibre des masses : ceux qui ont déjà eu une CXS en main comprendront... tout le poids est dans les hauts, avec le moteur et la mécanique, dans l’axe de poussée pour les perçages. Sur un usage assidu, c’est quand même sacrément agréable, par rapport à une sans-fil dont les batteries déséquilibrent et désaxent forcément le poids. La poignée de la Quadrill offre un angle marqué par rapport à l’axe du moteur, certainement dans cette même logique.
- plus de batteries à gérer... hé bah ouais, mais ce n’est pas rien. Les batteries, faut les charger, c’est un premier point. Mais si comme moi vous déplacez régulièrement vos outils chez les beaux-frères ou autres, vous trouvez peut-être pénible de devoir rechercher les batteries régulièrement, et surtout, pour mon cas, le chargeur dont il faut démêler le fil, pour qui il faut trouver une prise qui ne soit pas à la pluie ni dans les pattes, etc...
- la Quadrill peut être mise en marche continue par un bouton on-off spécifique, pour les perçages répétitifs, ou pour l’installer sur un support de perçage.
Bon, il y a le fil, c’est sûr, c’est le défaut. Je crois que ce sujet a cependant également été étudié par Festool pour trouver la solution optimale.
Le câble est super souple. Il est écrit dessus, si j’ai bien lu, 2 X 1mm... ça me paraît peu, mais c’est sans doute ça. A voir à l’usage si souplesse entraîne fragilité. C’est, en gros, les câbles plug-it des autres machines Festool en matière de souplesse et de section, câbles que j’utilise depuis plusieurs années sans qu’un seul n’ait fait défaut.
La vraie innovation, c’est le fil de 7,5 mètres. Parce que, quand on tire le fil de la perceuse, on tire surtout sa prise raccordée à la rallonge. Là, on a un rayon d’action élargi sans avoir trop à se préoccuper du fil qui, avec sa souplesse, suit sans encombre.
Autre limite par rapport aux « sans fil », pas de sélecteur de couple maxi. Mais bon, je dois avouer que ça ne m’a jamais vraiment beaucoup servi sur mes visseuses. Le « touché » exprimé ci-avant est ma manière de fonctionner, comme sans doute beaucoup d’utilisateurs de visseuses.