Oui, et pas mal d'huile de coude aussi, car ils n'avaient pas de raboteuse/dégauchisseuse:
s'il faut redresser, c'est à la main (enfin... au rabot). C'est aussi mon cas, d'où
l'intérêt que je porte à ce sujet
Si j'en juge par les meubles que je possède (qui sont anciens de 100 a 200 ans, disons
fin XVIIIe au début XXe), l'économie ne semblait pas être un critère décisif.
Le bois utilisé pour le bâti est typiquement de 70x70mm, 70x220mm, 70x40mm
(c'est pas loin d'être des poutres !) que le meuble soit petit ou pas, çà ne
semblait guère influencer le choix.
Petit Kuruma Tansu
Gros kuruma tansu (mais même epaisseur de bois)
La largeur des planches plus fines pour les panneaux, les étagères, les tiroirs
et l'arrière oscille entre 25 et 40cm. Bien évidement ce qui n'est pas visible
est un peu plus étroit et avec quelques noeuds (là où il n'y en a aucun dans
les parties visibles), mais pas de façon vraiment significative.
On ne voit une réelle économie que sur des bois "décoratifs" (genre loupe, ou
autres bois aux veinures torturées) ou l'épaisseur est très fine (p.ex 3mm)
quitte à ajouter des renforts. C'est pas du plaquage, mais presque.
Bref çà ne respire pas l'économie à tout crains.
Je pense que ces meubles devaient malgré tout être assez "haut de gamme" quand
ils ont été fabriqués, ce qui donne peut être cette impression de ne pas être
trop portés sur l'économie.
J'ai eu l'occasion de désassembler une "commode" japonaise du début XXe (qui était
en très mauvais état) où l'économie semblait plutôt la règle. Le bois utilisé
présentait de nombreux noeuds et défectuosités qui avaient étés camouflés:
le menuisier avait évidé le bois défectueux "comme avec une cuiller" (probablement
une herminette "hamaguri"), évidé un autre bois sain à un autre endroit invisible
du meuble avec la même "cuiller" et collé le copeau sur le trou laissé par
la "cuiller".
Les taches plus claires sur cette planche sont des réparations de ce type.
Voici ce qu'il y a en dessous quand on regarde: un trou et du papier journal
Bon, là... on peut sans doutes parler d'économie en effet.
Sans en être certain, il n'est pas exclus que la méthode par le feu (en plus
d'être plus rapide et moins fatigante) soit utilisée pour préserver la
fibre du bois autant que possible.
Cela semble une préoccupation réelle. Les "smoothing planes" (hira kanna) sont fait
pour laisser un fini aussi lisse et "respectueux de la fibre" que possible.
Ca donne des copeaux impressionnants de quelques microns d'épaisseur, mais pas que:
pour avoir essayé moi-même, si on passe ce type de rabot puis que l'on dépose une
goute d'eau, elle tends a rester en surface et a ne pas s'infiltrer. Si
les fibres sont coupées, à priori, cela augmente la capillarité du support
et donc sa capacité à absorber des fluides.