Il y a quelques années, j'ai rentré par curiosité une lime/râpe Iwasaki (d'après finetools, ce terme signifierait "sculpture"). Je dis lime/râpe car cet outil totalement atypique évolue entre les deux outils : il donne à la fois l'état de surface d'une lime mais avec le rendement d'une râpe. Cette singularité réside dans la façon dont est usiné le sommet des dents, ce qui forme une sorte de mini-lame très agressive. Ces dents coupent contrairement aux picots d'une râpes qui arrachent.
Les dents sont dirigées vers l'avant, donc l'usinage se fait un poussant. En tout cas sur la plupart des modèles.
Elle se décline en 3 variantes suivants la taille de cette mini-lame : grossier, fin, très fin.
J'ai une râpe plate fine de 200mm (section 20x5) qui est livré sans manche. La qualité visuel d'usinage de la lame est superlative, on voit tout de suite que l'on n'a pas à faire avec du cochonium ! Une fois un petit manche tourné, on passe aux essais, en comparant avec une râpe Milani pseudo piquée main (200mm, taille 4) qui je pense ferai pâle figure en face d'une Lioger ou d'une Auriou !
L'attaque de l'Iwasaki est TRES agressive, surtout sur une arête vive. Il faut mettre peu de poids et de la force mais plutôt de la vitesse. Et une fois le méplat entamé, le rendement est très bon. Mais c'est l'état de surface qui surprend : on dirait presque un coup de rabot, surtout sur une essence tendre ! Il y a très peu de stries, aucun arrachement ! Et c'est plat de chez plat. Bluffant ! En comparaison, la râpe traditionnelle laisse la trace d'un char russe ....
C'est un outil unique, terriblement efficace et je ne comprends pas qu'il ne soit pas plus connu et répandu sur les établis.
L'absence de manche donne un peu de travail avant de pouvoir l'essayer : un peu frustrant !
Mais avec le recul, je peux également dire qu'il ne semble pas trop sujet à la corrosion, ce qui est un gros avantage dans mon atelier.
Une review de Crimson (si vous supportez son look) où il compare avec sa lime Auriou qu'il utilise depuis plus de 10 ans. On retiendra juste la fin : "phenomenal" !
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https://www.youtube.com/watch?v=IS8tkTkkdtg[/youtube]
Dernièrement j'ai complété le set avec ces petits râpes, notamment avec des modèles courbes et une petite lame plate à la denture fine. Ces petits modèles ont un manche intégré. J'avais un manche d'avance pour le modèle plus grand. C'est quand même bizarre qu'ils les vendent sans manche ?!
Les petits limes dont un finish proche du ponçage !
Le grand modèle courbe s'utilise lui en tirant, c'est assez spécial et demande un peu de pratique j'imagine. A voir !
Un exemple d'utilisation avec cette spatule en noyer qui présente un veinage vraiment magnifique. J'ai récupéré quelques restes d'un projet du collègue, cela aurait été dommage qu'il finisse à la cheminée. Il faut absolument que je le teste sur le tour !
Bref, cette spatule est un exercice très complet et pas si facile. Et si je n'y ai passé que 2h, c'est que je suis bien outillé. Tout y est passé en privilégiant les outils à main : rabot, collage (je n'avais pas la largeur nécessaire), scie à ruban pour un "component cutting" (technique du pied Louis XVI dont je ne connais pas le nom), utilisation extensive des râpes, wastringues (dont le courbe si difficile à dompter !) et racloirs (le courbe est également bien utile !!!).
Pour les râpes, j'ai surtout utilisé la plate Iwasaki, mes autres râpes pseudo piquées main donnant des résultats mitigés. L'une des grandes difficultés fut de brider la pièce qui ne présente aucune face plane. Bridage précaire donc, d'où l'utilité de la douceur de la râpe Iwasaki (sur surface place, car elle est très agressive sur une arête vive).
Les petites râpes courbes m'auraient bien servi mais je ne les avais pas à l'époque !
En tout cas, sans ces râpes, j'aurais mis des heures !!! Ce d'autant plus que ce noyer est bien dur !