L'éclairage dans les ateliers est un point important pour travailler confortablement, en plus des positions / postures.
j'aimerais, humblement, apporter un peu de mon expérience au niveau de la lumière.
Je travail en bureau d'étude électricité (courant fort) et je fais également des études sur l’éclairage des locaux.
Je vais faire un redit mis à jour d'un topic que j'avais initié sur un autre forum.
Je vais tenter de faire condensé et clair en abordant quelques principes sur la lumière, sur les normes et sur l'utilisation de celle-ci dans un atelier.
Il est assez difficile de trouver une similitude pour que tout le monde comprenne bien ce qu'est la quantité de lumière (s'exprimant en lux). La seule info que je peux apporter est en rapport avec la lumière du jour (soleil).
Pour donner une idée, en juin sans nuage en plein midi on atteint facilement les 100 000 lux (jusqu'à 120 000lux en bord de mer), à contrario, en rase campagne à la pleine lune nous n'avons que 0.25 lux et pourtant nous pouvons lire assez facilement au clair de lune ... il faut dire merci à notre œil qui est capable d'une grande adaptation.
Il faut savoir que, normativement, un plan de travail dans un atelier (80cm du sol) doit être éclairé à hauteur de 500 lux moyen, c'est rarement le cas!
Pour les taches plus délicates, il faut encore augmenter la quantité de lumière pour aller chercher les 700 / 800 lux moyen.
Il faut encore plus de lumière quand nous vieillissons ... hélas.
Techniquement, surtout dans un atelier, il est assez simple d'atteindre ces niveaux en ponctuel, mais c'est plus difficile d'avoir une uniformité de la lumière.
Justement, l'uniformité est un des autres paramètres à prendre en compte.
Pour avoir un bon confort visuel, il faut éviter les taches de lumières alternant avec des taches sombre (dommage pour Valérie Damidot
Alors, pour le coté architectural c'est sympa la mise en valeur lumineuse, mais concernant un atelier (ou un bureau), il faut impérativement avoir une bonne uniformité pour ne pas avoir de fatigue visuel.
Cette uniformité est un rapport entre la quantité de lumière moyenne et la quantité de lumière minimal, ce qui nous donne un chiffre compris entre 0 et 1 ... il est évident que plus on s'approche de 1 et meilleur c'est. Dans la pratique, 0.4 est déjà bien.
Certes, pour le péquin lambda, ce n'est pas simple de connaitre toutes ces valeurs et ces informations.
La quantité de lumière se mesure avec un luxmètre ... ça se trouve à pas trop cher mais en même temps investir pour s'en servir une fois ..........
Bref, pour l'uniformité, soit elle se calcul avec un logiciel dédié, ce qui donne généralement une bonne base de travail assez précise, soit il faut se farcir 200 relevés dans la pièce pour pouvoir le calculer ....
Bon, plus sérieusement, les luminaires de bonnes factures (Mazda - phillips / Thorn / Sylvania / ... ) ne coutent pas nécessairement plus cher que ceux que l'on trouve dans les GSB ... (il suffit juste de trouver un grossiste et de lui demander si il fait une ristourne ... sinon vous passez par votre boite qui peut vous faire 35% ...
Donc, vous aurez compris qu'il faut avoir beaucoup de lumière pour travailler dans de bonne conditions.
Mais, avoir beaucoup d'appareils éclairant peu avoir un effet pervers, c'est d'être ébloui! et là c'est nettement plus chiant.
Il faut donc placer judicieusement les luminaires pour ne pas se prendre le flux lumineux directement dans la pomme.
Donc, jusqu'à présent nous avons vu la quantité de lumière idéal qu'il faudrait sur un plan de travail, l'uniformité également pour avoir un confort visuel et éviter la fatigue visuel, maintenant, comme nous aimons travailler des bois de différente couleur, il faut voir les choses avec les bonnes couleurs, c'est mieux!
Ce point est également d'une importance cruciale pour ne pas se faire avoir lors de l'ouverture d'un pot de peinture .....
Un peu de théorie pour expliquer ce point. Si un objet semble vert, c'est que la lumière qui l'éclaire fournie la composante verte de la couleur. C'est ce que l'on appel le spectre visible. Le soleil émet toutes les couleurs du spectre visible, donc il émet 100% de la couleur. Ce facteur est appelé l'indice de rendu des couleurs. Cet indice va de 0 à 100. A partir d'un IRC de 80, on considère que le rendu des couleurs est bon, à partir de 90 c'est très bon et à partir de 96 c'est excellent.
Il faut donc avoir une source lumineuse qui permettra de voir toute les couleurs comme il faut, et pas dénaturées.
Un lampe à incandescence à un IRC de 100 (halogène également).
Les tubes fluorescent sont désormais avec un IRC minimum de 80 (normatif).
Bon c'est pas mal tout ça, on commence à pouvoir faire quelque chose de bien sympathique pour notre atelier, avec un confort visuel parfait, pas de fatigue visuel, et des couleurs impeccable ... mais il en reste encore un.
Le petit dernier utile pour nos cas, c'est la température de couleur qui s'exprime en Kelvin. Ce monsieur Kelvin a créé une échelle qui part du zéro absolu (-273.15°C) et qui se base sur la couleur émise par un corps. Cette couleur est uniquement celle du spectre visible qui va du rouge très foncé au bleu très foncé. Le rouge très foncé est le 0K et le bleu est à 10000K, le soleil émet à environ 5000K, les couleurs chaudes sont dans les 2000K et les couleurs froides dans les 6000K.
La température de couleur a un impact direct sur la manière dont une personne va se comporter. Une couleur chaude va avoir comme influence "d'endormir" les personnes, à l'inverse, une couleur froide va plutôt "réveiller" les personnes. C'est très logique car le soleil en se levant émet une lumière tirant bien plus sur le bleu (couleur froide) alors que le soir la couleur tire sur le rouge (couleur chaude).
Bon voili voilou!
Pour résumer, il faut donc avoir une lumière assez puissante (et d'autant plus pour les personnes avec des corrections visuel ou "âgées"), avec une bonne répartition dans toute la pièce pour éviter toute fatigue visuelle, ayant un indice de rendu des couleurs le plus proche de celui du soleil pour que les objets soient visible avec la bonne couleur.
La température de couleur est plus pour le confort. Une courbe existe pour trouver la température de couleur la plus adaptée en fonction de la quantité de lumière dans le local. Cette courbe est la courbe de Kruithof.
[url=https://www.educate-sustainability.eu/k ... mandee.jpg]Lien vers la courbe[/img]
On voit que pour les 500 lux nécessaires, la température de couleur idéale doit être comprise entre 3000K et 5000K. (zone B).
Quelques liens:
http://www.afe-eclairage.com.fr/e-learn/
http://www.astuces-pratiques.fr/high-te ... t-purkinje
Que choisir pour éclairer l'atelier alors ?
A l'heure actuelle, le tube fluorescent reste un allié très intéressant (appelé néon par encore beaucoup de personnes).
Surtout dans le cas d'une grande surface avec un peu de hauteur.
Il permet d'avoir beaucoup de lumière sur une grande surface émissive, ce qui limite considérablement l'éblouissement.
Et surtout, il ne coute pas si chère que ça.
Il a un soucis par contre, c'est qu'il n'aime pas le froid ... sa température idéale pour fonctionner à sont maximum est 25°C pour les tube standard (température autour du tube).
L'autre source en plein essor est l'éclairage LED.
Avantages : Consomme peu, chauffe moins (relatif), éclairage directif
Inconvénients : Prix, éclairage directif, s'orienter que sur les grandes marques
Pour faire un comparatif avec d'autre sources de lumière, et donc relativiser un peu ce que nous disent les marketeux ...
- Lampe à incandescence - 5% de lumière - 12% de chaleur - 83% d'infra-rouge (sensation de chaleur perçue) - 8 à 18 lm/W - 1000h
- Lampe halogène - idem - idem - idem - 13 à 27 lm/W - 2000 à 5000h
- Tube fluorescent - pas d'infos - 60 à 100 lm/W - 8000 à 15000h
- LED - 15% de lumière - 85% de chaleur - environ 60lm / W - durée de vie très variable suivant la qualité de quelques centaines d'heures à 25000h pour les plus performantes et surtout avec une température ambiante fixe.
Encore un petit point, la source lumineuse c'est une chose, mais il faut se dire que pour avoir une lumière de qualité, le luminaire joue aussi un rôle très important, il faut donc raisonner en ensemble luminaire + source lumineuse.
Quand on achète un luminaire, on ne paye pas seulement le matériel, on paye aussi la recherche qui a été faite sur l'optique du luminaire (réflecteur et vasque) et là c'est vraiment très différent entre un modèle à 15€ et un modèle à 80€ qui pourtant semble similaire.
Petit glossaire :
- Flux lumineux - unité = lumen (lm) - Quantité de lumière émise par une source lumineuse dans toutes les directions par seconde
- Éclairement - unité = lumen/m² (lm/m²) ou Lux - Quantité de lumière émise sur une surface (notion fondamental de l'éclairage)
- Intensité lumineuse - unité = candela (cd) - Indique le flux lumineux d'une source dans une direction donnée
- Luminance - unité = candela/m² (cd/m²) - Caractérise l'aspect lumineux d'une surface éclairée ou d'une source dans une direction (notion d'éblouissement)
- Efficacité lumineuse - unité = lumen par Watt - Représente la quantité de lumière émise par Watt consommé
Une source (ensemble lampe + luminaire) qui éclairera de manière omni-directionnelle aura comme unité de flux le lumen, une source qui éclairera de manière directionnelle (spot) aura comme unité le candela.
Une LED est donnée en candela.
Dagda




