
Il a depuis servi au premier et maintenant à sa petite sœur.
Noël 2016, le
On a fait de tour des magasins pour voir et quelques tours sur le Net. Je leurmontre un joli lit anglais qui m’a tapé dans l’œil : bois blond et panneaux blancs, la classe. Aïe, c’est vendu !
Sauf que l’Anglais avait des montants bien épais perpendiculaires aux panneaux. De quoi faire. Là, on me demande un lit « classique » avec montants couleur bois et panneaux blancs… Et le tout quasiment affleur. « Bon, un petit retrait, on te l’accorde, mais pas beaucoup»…
Faire la finition et coller ensuite ? Peur de m’y risquer.
C’est alors que je me souviens du «
Alors voilà comment du bois juste sorti de la scierie va former les pièces d’un tout, que quelques tours de clé Allen suffiront à transformer en mobilier utile.

La commode viendra dans un 2e temps


Premier choix dans un lot de plateaux dépareillés en frêne, de 27 mm d’épaisseur. Heureusement, il est permis de trier…

Pour les montants et les traverses de la tête et du pied de lit, c’est du 34 mm. Chez cet autre fournisseur, autre approche : ils ouvrent un plot (l’ensemble des plateaux d’un tronc) et pas moyen d’en ouvrir un autre tant que celui-ci n’est pas épuisé. Il vaut mieux arriver sur le début ou la fin pour en faire ouvrir un nouveau et choisir. C’était le cas

Le délignage se fait dehors, plus pratique

L’inévitable part du feu

Et voilà les plateaux transformés en planches

Le positionnement des pièces peut commencer à partir de la feuille de débit, tirée du dessin.

Les panneaux
A la fin du débit des plateaux, ça se présentait comme ci

Après dégauchissage et rabotage de ces mêmes pièces, ça se présente comme ça :

La différence ? Elle se trouve dans de gros sacs de copeaux !
Dimanche, les choses sérieuses ont commencé avec la réalisation des panneaux des tête et pied de lit.
Les planches sont disposées de façon à ce que leurs dessins s'harmonisent, mais aussi en tenant compte du sens des fibres dans le bois.

Pour assurer un meilleur collage des planches, on va rainurer chaque bord grâce à ce porte-outil équipé de fers en V.

Quand la première série de bordures est passée, on relève le porte-outil de 2mm, la valeur d'une d'une demi-dent. Ainsi la série des faces opposées pourra s'emboîter parfaitement avec la première.
Vient l'heure du collage. Grâce aux serre-joints dormants, tout le panneau peut être encollé en une seule opération. Qui demande toutefois une bonne préparation car la colle n'attend pas trop. Des cales sont prévues pour éviter que le panneau ne flambe sous l'effort de serrage. Ces cales sont protégées pour qu'elle ne se collent pas au panneau.

J’ai laissé le joint de colle (Sader vinylique) durcir un peu avant de le faire sauter à la spatule. Mal m’en a pris : la colle a laissé un joint foncé sur le frêne qui ne part pas au ponçage. Température trop basse dans l’atelier ?
Tête et pied de lit
Mise à longueur des pièces : attention, plus de marche arrière possible. Le Ctrl-Z ne fonctionne pas dans ce monde-là. On en aura hélas la confirmation bientôt...
Les montants et les traverses d'abord

Les panneaux ensuite


Il s'agit maintenant d'usiner les rainures dans lesquelles viendra s'insérer le panneau central. Deux rainures en fait, car si l'on veut un panneau près du bord, les "joues" de la rainure sont très minces et fragiles. Imaginer un sacripant allongé mettant des coups de pied dans le panneau (suivez mon regard...)
Alors, une rainure centrale complémentaire vient créer l'espace pour que le panneau se comporte comme un tenon géant dans des mortaises de la longueur des montants et traverses. Tranquille...

Le hic, c'est que ces rainures sont arrêtées et ne courent pas sur toute la longueur des montants (sinon, on les verrait au pied et sur la traverse du haut)
Leur usinage nécessite un dispositif de sécurité adapté : création d'un guide continu, avec une lame de plancher et confection de deux butées. Ainsi, pas de crainte de rejet qui emporte la pièce... et la main vers la fraise en rotation.



La rainure centrale profonde faite, on passe à la rainure élargie. Changement de fraise et modification du guide.


L'usinage s'est bien arrêtée à la marque, mais le bout de la rainure reste arrondi, à la forme de l'outil. Hors, le bout de la rainure doit être à la forme du panneau.
La défonceuse va permettre d'affiner un peu plus


La finition du bord de la rainure est faite à l'ancienne, de quelques coups de ciseau à bois.

La Domino a permis de réaliser rapidement les mortaises pour les faux-tenons.
D'un côté des assemblages se trouvent les inserts d'ancrage.

Ils rentrent facilement, mais s'écarteront ensuite sous la poussée d'une vis. Ceux-ci ne pourront plus être extraits de leur logement.





Il faut rajouter maintenant la ferrure de blocage de l'assemblage

Voilà, on est est prêt à assembler 2 pièces


Au fur et à mesure du serrage de la vis, les 2 pièces se rapprochent jusqu'à se trouver fortement serrées

C'est réversible. Quelques tours de clé, et c'est démonté. Magique !

Tout aurait été pour le mieux si un instant d'inattention n'avait pas amené un perçage du mauvais côté. Essai de rapiéçage vite abandonné car trop voyant.
Heureusement, dans les chutes une pièce de bois se trouvait assez grande pour refaire un montant. Et tous les usinages à refaire et réglages à retrouver. Rageant.

Au final, nous revoilà avec 4 montants, 4 traverses et 2 panneaux. Le compte est bon




Les barrières
Douze barreaux et autant de mortaises à réaliser sur chacune des 4 traverses. La Domino est un bon compagnon, rapide et efficace.

Ne pas oublier les montants

Compte-tenu de la finesse des barreaux, pas moyen d'utiliser des faux tenons. On fera donc des tenons classiques.
Une extrémité


Puis l'autre. On préserve la longueur du barreau grâce à une butée

Il reste encore à faire les épaulements

Les mortaises sont oblongues, les tenons rectangulaires. Arrondir les tenons ? Pas facile. Va pour équarrir les mortaises


Essai

Montage à blanc d'une barrière

Un petit congé (3 mm de rayon) pour adoucir la préhension.

Mise en place des inserts de fixation
Les barrières seront fixées sur les montants par des vis invisibles.
Essais de validation des tracés sur une pièce d'essai qui figure un montant.
Perçage du trou borgne
Vissage en force de l'insert. Grâce à la perceuse à colonne, la vis reste bien dans l'axe




Essais


Essais validés, tout tombe bien en face. On passe au perçage réel des montants
L'erreur d'inattention et voilà un trou... du mauvais côté. Heureusement que l'erreur a été réalisée dès le premier perçage...

La mèche à bouchon va nous apporter de quoi réparer.
Il faut d'abord agrandir (!) le trou à 15 mm (oui, moi aussi, ça m'a fait un peu peur)


Dans le reliquat de pièces d'essai, il faut trouver un endroit où le veinege est proche de celui du montant à réparer







Essais

Maintenant, on peut coller la barrière

Et re-montage à blanc

Le sommier
Onze barreaux à placer

Un petit gabarit pour percer les montants au milieu de façon à accueillir la traverse centrale

Opération demi-tenons sur les barreaux

Et voilà le sommier presque prêt après usinage du congé sur les arêtes

Il manque à réaliser les encoches sur la traverse centrale

Après équarrissage manuel des mortaises, collage du sommier en une seule opération

La vague de la tête de lit
Le dessin, reçu en mode vectoriel (svg) est mis à sa dimension réelle dans Inkscape et exporté en png. Repris dans Posterazor, il est imprimé à l'échelle en définissant les zones de recouvrement. Il n'y a plus qu'à scotcher les feuilles A4 entre elles et les coller sur une lame de lambris qui fera office de gabarit.

Pour réaliser ce gabarit, on va se servir d'un.... gabarit en matière plastique spécialisé auquel on va faire épouser la forme de la vague par vissage

On découpe la lame de lambris à la scie à ruban à quelques mm du tracé

Puis on va se servir du gabarit bleu à la toupie comme appui sur le roulement qui surmonte un "bouffe tout". Ce dernier va manger le bois restant jusqu'à la hauteur du gabarit bleu.


Le guide bleu ôté, le gabarit est opérationnel. Il est positionné sur la traverse haute de la tête de lit et on se sert de lui pour tracer la vague sur la pièce.


Découpe à la scie sauteuse à 2 mm du tracé


Adhésif double face sur la pièce

Et on se sert du gabarit comme guide en appui sur le roulement pour manger l'excédent sur la pièce


Montage à blanc



A suivre
Cordialement
Jean

































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