sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Modérateur : pilpoil
- Stéphane Thonnard
- Découvre le forum
- Messages : 4
- Inscription : 03 déc. 2017, 16:11
- Contact :
sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Bonjour / Bonsoir,
J’aimerais vous inviter à découvrir la publication de mon projet « hêtre – 105 pièces en bois massif ».
Ce tabouret, tantôt plus subjectif que fonctionnel ou décoratif, est à considérer comme un manifeste, quelque peu naïf, forgé dans le registre de l’ébénisterie, étroitement lié aux principes architecturaux, et pourvu d’un fort contexte social.
Son développement est présenté via le site Web :
https://www.atelier-des-steppes.be/-stephane-thonnard-
Je désire avancer dans mon parcours, créer des objets soigneusement réfléchis, à l’instar de celui que je viens d’achever en à peu près 500 jours. Vos critiques, vos propositions, m’aideront peut être à faire évoluer une démarche sincère, mais probablement perçue comme absurde dans un monde qui tourne à toute vitesse.
N’hésitez pas à me contacter, relayer ce message autour de vous ou partager, "aimer" l'adresse de mon site Web sur les média sociaux.
Cordialement.
J’aimerais vous inviter à découvrir la publication de mon projet « hêtre – 105 pièces en bois massif ».
Ce tabouret, tantôt plus subjectif que fonctionnel ou décoratif, est à considérer comme un manifeste, quelque peu naïf, forgé dans le registre de l’ébénisterie, étroitement lié aux principes architecturaux, et pourvu d’un fort contexte social.
Son développement est présenté via le site Web :
https://www.atelier-des-steppes.be/-stephane-thonnard-
Je désire avancer dans mon parcours, créer des objets soigneusement réfléchis, à l’instar de celui que je viens d’achever en à peu près 500 jours. Vos critiques, vos propositions, m’aideront peut être à faire évoluer une démarche sincère, mais probablement perçue comme absurde dans un monde qui tourne à toute vitesse.
N’hésitez pas à me contacter, relayer ce message autour de vous ou partager, "aimer" l'adresse de mon site Web sur les média sociaux.
Cordialement.
- Stéphane Thonnard
- Découvre le forum
- Messages : 4
- Inscription : 03 déc. 2017, 16:11
- Contact :
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Suggestion de présentation (à la Thonet)...


Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Ouh la!! C'est du très très lourd! Je sens que je vais adorrrrer!
Un Manifeste d'Ebénisterie Politique, là, cela vaut le coup d'y consacrer un peu de temps... J
je me plonge dans le site (j'ai adoré les premières phrase sur les fabllab... ).
Merci d'être là!
(la musique Kabuki à la John Cage est bien évidemment indicible..
)
Un Manifeste d'Ebénisterie Politique, là, cela vaut le coup d'y consacrer un peu de temps... J
je me plonge dans le site (j'ai adoré les premières phrase sur les fabllab... ).
Merci d'être là!
(la musique Kabuki à la John Cage est bien évidemment indicible..
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Hé bien !
Bon compte tenu de mes connaissances à des années lumières des tiennes, malheureusement pas grand chose à dire sur la réalisation; simplement dans le manifeste, selon moi, la première partie des "Notes sur Phi" est de trop, enfin du moins je ne comprend pas trop pourquoi tu écris ça là, on ne comprend pas trop si c'est pour te démarquer (une volonté un peu bizarre ou mal venue de te montrer uniquement original) ou si c'est pour piquer le lecteur / le mettre dans une pseudo zone de confiance pour continuer la lecture; il y en a soit trop soit pas assez, d'après moi.
Non et juste pour la suggestion de présentation, pourquoi ne pas montrer les clefs et chevilles, après tout, d'après ce que j'ai compris (mais il y a des chances que j'ai mal compris
) c'est aussi ces éléments qui permettent de ne pas utiliser de colle ou de clous et puis ça éloignerait un peu de la sculpture d'art naïf que tu présente (humour).
Voilà, pas grand chose à dire donc si ce n'est un "j'aime bien"
Bon compte tenu de mes connaissances à des années lumières des tiennes, malheureusement pas grand chose à dire sur la réalisation; simplement dans le manifeste, selon moi, la première partie des "Notes sur Phi" est de trop, enfin du moins je ne comprend pas trop pourquoi tu écris ça là, on ne comprend pas trop si c'est pour te démarquer (une volonté un peu bizarre ou mal venue de te montrer uniquement original) ou si c'est pour piquer le lecteur / le mettre dans une pseudo zone de confiance pour continuer la lecture; il y en a soit trop soit pas assez, d'après moi.
Non et juste pour la suggestion de présentation, pourquoi ne pas montrer les clefs et chevilles, après tout, d'après ce que j'ai compris (mais il y a des chances que j'ai mal compris
Voilà, pas grand chose à dire donc si ce n'est un "j'aime bien"
"Qu'est-ce qu'il faut faire lorsqu'on se trouve devant un animal d'une espèce protégée en train de manger une plante d'une espèce protégée ?" Jim Carrey
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
En tentant de passer outre le laïus totalement à côté de la plaque sur les fablabs et le côté un peu hautain du truc... c'est vraiment une sublime réalisation.
L'assise et les assemblages sont tout simplement magnifiques. Je vais essayer de ne garder que ça.
L'assise et les assemblages sont tout simplement magnifiques. Je vais essayer de ne garder que ça.
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Je m'extasie plus devant l'établi de Samuel qui au lieu de créer un établi uniquement fonctionnel a réussi à créer un objet magnifaïque et le tout sans pignolage intellectuel 
-
le_zeZ
- Accro
- Messages : 298
- Inscription : 20 sept. 2017, 16:01
- Localisation : Sur mon balcon
- Contact :
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Coucou,
Tant de précision me fascine...!
le_zeZ
Tant de précision me fascine...!
le_zeZ
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Il faut absolument réhabiliter le travail intellectuel! Vive l"ébénisterie philosophique !
Par contre, il y a peut-être encore une réflexion transcendantale sur l'Esthétique à affiner. Relire Emnanuel (Kant).
Par contre, il y a peut-être encore une réflexion transcendantale sur l'Esthétique à affiner. Relire Emnanuel (Kant).
- pic sur pac
- Accro
- Messages : 1261
- Inscription : 07 déc. 2015, 22:18
- Localisation : Haute Normandie près de Vernon (Eure)
- Contact :
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Il n'y pas dire autre que "magnifique travail" une fois passer outre "le discours".
Une chose me choque: dénigrer les fablabs et utiliser un logiciel de modélisation.
Pour moi c'est la même évolution: passer de la planche à dessin à une modélisation 3D revient à passer de la scie à chantourner à la découpe CNC.
il n'en reste pas moins un beau travail et une très jolie animation sur l'assemblage du produit.
Une autre question: Pourquoi coller le centre de l'assise et ne pas avoir poussé l'exercice jusqu'au bout du sans colle, ce n'était pas la partie la plus difficile à traiter?
Une chose me choque: dénigrer les fablabs et utiliser un logiciel de modélisation.
Pour moi c'est la même évolution: passer de la planche à dessin à une modélisation 3D revient à passer de la scie à chantourner à la découpe CNC.
il n'en reste pas moins un beau travail et une très jolie animation sur l'assemblage du produit.
Une autre question: Pourquoi coller le centre de l'assise et ne pas avoir poussé l'exercice jusqu'au bout du sans colle, ce n'était pas la partie la plus difficile à traiter?
Un bon militaire ne se rend à rien ... même à la raison 
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Je ne crois pas que le Monsieur dénigre les Fablab pour leur utilisation de telle ou telle Tekné, mais pour la manière dont leurs Gentils Membres viennent l'utiliser et le Sens qu'ils lui donnent... "Faire" et "make", c'est pas du tout la même chose...
-
PetitPhoenix
- Accro
- Messages : 139
- Inscription : 22 févr. 2017, 16:47
- Contact :
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Personnellement, étant adepte du "chacun vient avec ce qu'il a a apporter", j'ai eu du mal sur le discours initial et la tournure quasi-politique (car justement, l'art essaye autant que faire se peu de se distinguer de la politique).
Mais passé ça, c'est bien pensé et bien exécuté.
Mais passé ça, c'est bien pensé et bien exécuté.
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Adepte du travail du bois 100% manuel, je ne peux être qu'admiratif du travail effectué, et du résultat obtenu !
Tu as une idée du nombre d'heures effectivement passées ?
Je suppose que ce ne sont pas 500 journées de 8 heures de travail, mais plutôt du délai entre la date de début et celle de finStéphane Thonnard a écrit :que je viens d’achever en à peu près 500 jours.
Tu as une idée du nombre d'heures effectivement passées ?
Qui rigole au traçage, pleure à l'assemblage.
Mes réalisations en bois
Mes réalisations en bois
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Ah non, Petit Phoenix, ! Tout art EST politique! (bien évidemment ce n'est pas dans le sens que l'on nous bassine à la télé... pour ceusses qui la regardent...
). C'est une question classique de Bac Philo, ça...
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Je suis bluffée par la conception et la précision des assemblages.
La vie est belle alors, carpe diem !
- JeanSylvain
- Accro
- Messages : 277
- Inscription : 13 mars 2016, 10:13
- Contact :
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
ah ben çà... effectivement, on pourrait en causer des heures...Kentaro a écrit :Ah non, Petit Phoenix, ! Tout art EST politique! (bien évidemment ce n'est pas dans le sens que l'on nous bassine à la télé... pour ceusses qui la regardent...). C'est une question classique de Bac Philo, ça...
...en commençant par définir : c'est quoi l'art ? et : c'est quoi la politique ?
...
bref, j'ai pas tout lu, (et je lirai pas) j'ai surtout vu la réalisation.
...pour moi, ce qui compte, c'est ce qui sort de l'atelier... et encore...
(mais bon, là le sujet c'est pas moi.)
...et ce qui sort, là, correspond à ma perception du beau.
est ce de l'art ?
en fait je m'en tamponne le coquillard maousse costaud !
tout ce que je trouve beau me donne du plaisir, alors, merci.
et tout ce qui me donne du plaisir, je le trouve beau, alors merci.
pour le reste... voir trois lignes plus haut.
...
note : ce ne serait pas très bien réalisé, mis avec une certaine magie du faire dans la conception, je réagirais pareil.
my two cents.
ne pas oublier le plus important :
... Le succès consiste à aller d'échecs en échecs sans perdre de son enthousiasme...( Churchill )
...Et pis moi, çà m'arrange !...( Coluche )
...Et pis moi, çà m'arrange !...( Coluche )
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Je crois que le monsieur est juste venu chercher des clics pour son compte youtube. Je crois bien qu'il ne va pas daigner discuter copeaux avec nous.
Mes réalisations pour savoir de quoi je cause: [url=viewtopic.php?f=28&t=12466&p=167806&hilit=folie#p167806[/url]
-
Jean claude vandale
- Accro
- Messages : 428
- Inscription : 19 janv. 2017, 21:01
- Localisation : Loire atlantique vignoble
- Contact :
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Hasard ou humour mal placé qd j'ai regardé la vidéo la suivante suggérée par utub c'était comment assembler une cuisine ikéa...
( ce qui fait donc 2 pubs a la suite si je ne m'abuse...)
Très beau travail on ne peut pas le nier...
Très beau travail on ne peut pas le nier...
Si tes résultats ne sont pas a la hauteur de tes espérances , dis toi que le grand chêne aussi, un jour, a été un gland. Lao tseu
-
niaproun
- Accro
- Messages : 389
- Inscription : 13 janv. 2013, 19:21
- Localisation : Région lyonnaise
- Contact :
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
sans colle , sans clous, sans machine CNC, sans intéret ?
Ah si c'est un exercice
Et ?
Ah si c'est un exercice
Et ?
Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes.(Schadoks).
- Stéphane Thonnard
- Découvre le forum
- Messages : 4
- Inscription : 03 déc. 2017, 16:11
- Contact :
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
Merci aux curieux-ses qui ont pris le temps de lire la publication sur mon site Web et apporté des commentaires.
Je réagis ci-après à certaines questions, suggestions ou émois suscités par mon premier message ; plus ou moins dans l’ordre chronologique de leur parution, et au risque d’être taxé à nouveau d’intellectuel bourgeois avide de célébrité.
Aux hyper-connectés réclamant le droit de réponse instantanée : essayons de se détendre d’un clic…
Concernant la musique qui accompagne l’animation vidéo. Je pense avoir été largement inspiré par une scène de l’adaptation cinématographique de Zatôichi, par Takeshi Kitano.
Un extrait disponible sur la plate-forme publicitaire (à partir de la 1ère minute) :
En apprenant ce nouveau métier, celui d’ébéniste, je me suis posé d’innombrables questions, ce qui m’a aussi amené à prendre position sur de nombreux sujets en rapport direct ou non avec mon avenir professionnel, mon univers passionnel.
Le projet du tabouret manifeste cette expérience personnelle. Mais son résultat figé n’est en soi pas si intéressant. Ce serait bien les réflexions de sa conduite qui importent le plus pour son appréciation.
S’il fallait lui apporter un aboutissement, il ne serait alors perceptible que dans un état d’explosion (la première image virtuelle visible sur le site Web). Je n’oserai jamais décrire ce meuble comme étant un objet parfait, ou même tout simplement beau.
On peut se dire convaincu de plein choses, le rendre publiquement, sans pour autant être arrogant, non ?
Ai-je envie d’utiliser des bois « précieux », au prix de leur rareté, issus de pillages, et même de conflits armés au sein des pays les plus pauvres de la planète ? Je pose ma crotte du matin dans une toilette sèche, remplie de copeaux, plutôt que d’eau potable. Peut-on considérer ce comportement comme un acte politique ?
Tout peut devenir politique, tout peut devenir art. Et bien entendu, l’art peut devenir politique.
Il suffirait de le déclarer, ou pas.
« L'art ne veut pas la représentation d'une chose belle mais la belle représentation d'une chose. »
(à tagger sans modération)
Un lien à vous partager, où est publié un texte (court et) assez intéressant :
http://www.lesperipheriques.org/spip.php?article247
Il pourrait fournir quelques pistes pour des prochains échanges.
- Une machine n’est pas capable de créer de l’art politique.
- Ben... si c’est l’homme qui l’a construite à cette fin ?!
- Ah... qui est le créateur alors ? Cet homme ou sa machine ?
Ceci qui m’amène à préciser, une fois (… de plus), ma considération des fablabs.
Ces lieux sont loin d’être accessibles à quiconque ; économiquement, socialement, et intellectuellement. Pour les avoir découverts par moi-même, je peux l’affirmer haut et fort.
La machine automatisée n’est pas capable de reconnaître le contre-fil, de s’essouffler, d’éprouver un certain plaisir lorsque la matière se rompt par son action, d’apprécier la délicatesse du son émis à la sortie d’un copeau, etc.
L’homme qui utilise des outils manuels par contre…
Par-delà ces phrases pseudo-poétiques, je trouve assez inquiétant de constater que nous déformons de plus en plus notre propre intelligence d’artiste/artisan/ouvrier par l’usage des machines numériques. Cela nous inviterait même à nous en déposséder complètement ; tant elle deviendrait futile. Et je n’évoque pas ici la crainte du transhumanisme.
Illustration :
Monsieur – ou madame – semble heureux de regarder son « jouet télécommandé » réaliser des queue-d’arondes dans un panneau OSB (un matériaux sans direction fibreuse). Il est fier d’avoir monté lui-même la machine, à partir de pièces récoltées auprès d’une multinationale chinoise.
Il a bien compris son fonctionnement, il est capable de la programmer, mais à contrario n’appréhende pas du tout le principe antique de l’assemblage du bois. Peut être ferait-il mieux de poser des vis pour fabriquer rapidement son étagère bon-marcher, probablement destinée à être jetée dans les deux ans suite à son déménagement ?
Autre exemple :
La firme artisanale X, produisant du haut-standing au design épuré, a investi une somme importante dans un « centre d’usinage » à 18 axes (qui ne cesse de se dérégler) pour pouvoir réaliser en cadence le placement de tourillons dans des panneaux de bois aggloméré, et de temps en temps, pour sculpter des moules à gaufres. Les employés de la firme font de la très bonne manutention.
Oui bon sang, ces machines peuvent être utiles !
Mais pas pour réaliser n’importe quoi, et surtout, n’importe comment.
Je suis triste de reconnaître que je deviens de plus en plus incapable de dessiner au crayon sur une feuille. D’étaler ma créativité avec peu de moyen. Honteux de me saisir d’une calculatrice pour me rassurer devant une simple addition.
Voici l’un des résultats de mon passage à l’ère numérique.
En regardant bien autour de moi, il semblerait que je ne sois pas le seul touché par cette évolution.
Apprendre-désapprendre-réapprendre, et ainsi de suite.
(Notes sur Phi)
Les mathématiques suffisent à formuler l’essence de la beauté, et pourquoi, déployer la paix dans le monde.
Les divines proportions, on y croit ou on y croit pas.
Comment dés lors les aborder durant l’apprentissage des futurs architectes, ébénistes, designers, etc. ?
Avez-vous déjà décrypté la charte d’Athènes, rédigée par Le Corbusier et consorts ?
Ce monsieur, insistait, notamment, sur la nécessité d’éradiquer toute trace de laideur autour de l’homme...
Question technique, et de temps.
Ce projet s’est déroulé en plus ou moins 500 jours, à plein temps (voire plus, mais je n’ai pas compter les heures) : rencontrer des travailleurs, retourner les chaises exposées dans les musées, lire toutes sortes d’ouvrages, apprendre la chimie, comprendre l’effet de la lumière, fabriquer des outils spécifiques, tailler la matière, jouer à l’essai/erreur, tomber dans des impasses techniques, casser des pièces, délirer dans mon stakhanovisme, écrire pour pas grand monde, créer une animation 3D, etc.
La dernière pièce exécutée fut le plateau de l’assise, plus précisément le billot et ses découpes circulaires. J’étais fatigué, en bout de course, peu confiant. J’ai choisi la « simplicité » : un collage à plat joint.
Pourquoi utiliser de la colle synthétique ? Est-elle nécessaire ou à proscrire ? Dans quel cas ?
Pourquoi ne pas offrir (à l’ébéniste qui vous suivra) la possibilité de réparer facilement le meuble que vous avez fabriqué ?
Je réagis ci-après à certaines questions, suggestions ou émois suscités par mon premier message ; plus ou moins dans l’ordre chronologique de leur parution, et au risque d’être taxé à nouveau d’intellectuel bourgeois avide de célébrité.
Aux hyper-connectés réclamant le droit de réponse instantanée : essayons de se détendre d’un clic…
Concernant la musique qui accompagne l’animation vidéo. Je pense avoir été largement inspiré par une scène de l’adaptation cinématographique de Zatôichi, par Takeshi Kitano.
Un extrait disponible sur la plate-forme publicitaire (à partir de la 1ère minute) :
En apprenant ce nouveau métier, celui d’ébéniste, je me suis posé d’innombrables questions, ce qui m’a aussi amené à prendre position sur de nombreux sujets en rapport direct ou non avec mon avenir professionnel, mon univers passionnel.
Le projet du tabouret manifeste cette expérience personnelle. Mais son résultat figé n’est en soi pas si intéressant. Ce serait bien les réflexions de sa conduite qui importent le plus pour son appréciation.
S’il fallait lui apporter un aboutissement, il ne serait alors perceptible que dans un état d’explosion (la première image virtuelle visible sur le site Web). Je n’oserai jamais décrire ce meuble comme étant un objet parfait, ou même tout simplement beau.
On peut se dire convaincu de plein choses, le rendre publiquement, sans pour autant être arrogant, non ?
Ai-je envie d’utiliser des bois « précieux », au prix de leur rareté, issus de pillages, et même de conflits armés au sein des pays les plus pauvres de la planète ? Je pose ma crotte du matin dans une toilette sèche, remplie de copeaux, plutôt que d’eau potable. Peut-on considérer ce comportement comme un acte politique ?
Tout peut devenir politique, tout peut devenir art. Et bien entendu, l’art peut devenir politique.
Il suffirait de le déclarer, ou pas.
« L'art ne veut pas la représentation d'une chose belle mais la belle représentation d'une chose. »
(à tagger sans modération)
Un lien à vous partager, où est publié un texte (court et) assez intéressant :
http://www.lesperipheriques.org/spip.php?article247
Il pourrait fournir quelques pistes pour des prochains échanges.
- Une machine n’est pas capable de créer de l’art politique.
- Ben... si c’est l’homme qui l’a construite à cette fin ?!
- Ah... qui est le créateur alors ? Cet homme ou sa machine ?
Ceci qui m’amène à préciser, une fois (… de plus), ma considération des fablabs.
Ces lieux sont loin d’être accessibles à quiconque ; économiquement, socialement, et intellectuellement. Pour les avoir découverts par moi-même, je peux l’affirmer haut et fort.
La machine automatisée n’est pas capable de reconnaître le contre-fil, de s’essouffler, d’éprouver un certain plaisir lorsque la matière se rompt par son action, d’apprécier la délicatesse du son émis à la sortie d’un copeau, etc.
L’homme qui utilise des outils manuels par contre…
Par-delà ces phrases pseudo-poétiques, je trouve assez inquiétant de constater que nous déformons de plus en plus notre propre intelligence d’artiste/artisan/ouvrier par l’usage des machines numériques. Cela nous inviterait même à nous en déposséder complètement ; tant elle deviendrait futile. Et je n’évoque pas ici la crainte du transhumanisme.
Illustration :
Monsieur – ou madame – semble heureux de regarder son « jouet télécommandé » réaliser des queue-d’arondes dans un panneau OSB (un matériaux sans direction fibreuse). Il est fier d’avoir monté lui-même la machine, à partir de pièces récoltées auprès d’une multinationale chinoise.
Il a bien compris son fonctionnement, il est capable de la programmer, mais à contrario n’appréhende pas du tout le principe antique de l’assemblage du bois. Peut être ferait-il mieux de poser des vis pour fabriquer rapidement son étagère bon-marcher, probablement destinée à être jetée dans les deux ans suite à son déménagement ?
Autre exemple :
La firme artisanale X, produisant du haut-standing au design épuré, a investi une somme importante dans un « centre d’usinage » à 18 axes (qui ne cesse de se dérégler) pour pouvoir réaliser en cadence le placement de tourillons dans des panneaux de bois aggloméré, et de temps en temps, pour sculpter des moules à gaufres. Les employés de la firme font de la très bonne manutention.
Oui bon sang, ces machines peuvent être utiles !
Mais pas pour réaliser n’importe quoi, et surtout, n’importe comment.
Je suis triste de reconnaître que je deviens de plus en plus incapable de dessiner au crayon sur une feuille. D’étaler ma créativité avec peu de moyen. Honteux de me saisir d’une calculatrice pour me rassurer devant une simple addition.
Voici l’un des résultats de mon passage à l’ère numérique.
En regardant bien autour de moi, il semblerait que je ne sois pas le seul touché par cette évolution.
Apprendre-désapprendre-réapprendre, et ainsi de suite.
(Notes sur Phi)
Les mathématiques suffisent à formuler l’essence de la beauté, et pourquoi, déployer la paix dans le monde.
Les divines proportions, on y croit ou on y croit pas.
Comment dés lors les aborder durant l’apprentissage des futurs architectes, ébénistes, designers, etc. ?
Avez-vous déjà décrypté la charte d’Athènes, rédigée par Le Corbusier et consorts ?
Ce monsieur, insistait, notamment, sur la nécessité d’éradiquer toute trace de laideur autour de l’homme...
Question technique, et de temps.
Ce projet s’est déroulé en plus ou moins 500 jours, à plein temps (voire plus, mais je n’ai pas compter les heures) : rencontrer des travailleurs, retourner les chaises exposées dans les musées, lire toutes sortes d’ouvrages, apprendre la chimie, comprendre l’effet de la lumière, fabriquer des outils spécifiques, tailler la matière, jouer à l’essai/erreur, tomber dans des impasses techniques, casser des pièces, délirer dans mon stakhanovisme, écrire pour pas grand monde, créer une animation 3D, etc.
La dernière pièce exécutée fut le plateau de l’assise, plus précisément le billot et ses découpes circulaires. J’étais fatigué, en bout de course, peu confiant. J’ai choisi la « simplicité » : un collage à plat joint.
Pourquoi utiliser de la colle synthétique ? Est-elle nécessaire ou à proscrire ? Dans quel cas ?
Pourquoi ne pas offrir (à l’ébéniste qui vous suivra) la possibilité de réparer facilement le meuble que vous avez fabriqué ?
Re: sans colle (presque), ni clous, ni machine CNC
En fait, je suis partagé, soit ton expérience et tes retours sont une ode à tout ce que tu idéalises, soit t'es surtout embarqué dans une démarche de masturbation mentale sur tous les sujets (et là on sent bien "l'artiste" moderne).
Ou alors ce sont les deux. Difficile de se prononcer.
Le tout matinée d'une nostalgie du passée érigée en dogme malsain.
On va essayer de répondre de manière plus constructive, même si je sens déjà que rien ne sert d'essayer de discuter.
Dans ton reproche au fablab que tu bases sur ton unique expérience personnelle (on commence directement par un argument d'autorité, cela n'aide pas à crédibiliser la réflexion), tu commences par répondre que se sont des lieux bien moins accessibles qu'on peut le penser.
Je ne te contredirais pas totalement. Il y a des paliers à franchir : psychologique et sociaux. Le reste c'est de la foutaise. Oui il y a et il y aura toujours des paliers à franchir, c'est le cas de toute démarche humaine. L'idéal du fablab c'est le partage, c'est d'apprendre aux gens à réaliser des choses. Oh, certes, ils ne vont pas réaliser des tabourets en 500 jours, mais cela tombe bien, ce n'est pas ce qu'ils viennent chercher.
Tu juges les fablab au travers du prisme de tes propres attentes. Tes attentes "d'artiste", tes attentes d'artisan, tes attentes de nostalgique. Dans ces conditions, c'est plus qu'évident que tu ne t'y sentes pas à ta place (surtout avec tes longs discours comme ceux que tu délivres ici). Les gens viennent dans un fablab pour découvrir de nouvelles techniques qu'ils ne connaissaient pas, par curiosité ou pour réaliser un projet. A partir de là, une bonne part ne reviendra pas pour plusieurs raisons : ils pensaient qu'on allait faire les choses à leur place, ils ne trouvent pas les compétences nécessaires pour les aider, par paresse, etc ...
Un fablab, c'est un ensemble de machines, mais c'est surtout un pool de membres et donc un pool d'historique technique et de compétences. Si tu viens pour réaliser un projet et que ce contexte (machines et humains) colle, il n'y a pas de raison que tu n'arrives pas à faire ce que tu souhaites dans un fablab.
Tu dénonces à la fois la perte de compréhension des choses, la perte de pratiques techniques, et les fablabs qui sont un axe intéressant pour justement regagner la compréhension des choses et l'envie de faire. Il faut savoir ce que tu veux !
Les gens ne viennent pas dans un fablab pour une démarche artistique passionnée ou pour apprendre la menuiserie façon papy. Ils viennent utiliser des moyens "modernes" pour répondre à des problématiques bien plus simples : apprendre la robotique, apprendre l'impression 3D, réparer une machine, concevoir une pièce qui réponde à un besoin spécifique, et pour 1000 autres raisons toutes basées sur une chose : faire soit même et comprendre.
C'est assez dingue d'être à la fois Don Quichotte et un moulin, mais tu y arrives. Bravo.
Ou alors ce sont les deux. Difficile de se prononcer.
Le tout matinée d'une nostalgie du passée érigée en dogme malsain.
On va essayer de répondre de manière plus constructive, même si je sens déjà que rien ne sert d'essayer de discuter.
Dans ton reproche au fablab que tu bases sur ton unique expérience personnelle (on commence directement par un argument d'autorité, cela n'aide pas à crédibiliser la réflexion), tu commences par répondre que se sont des lieux bien moins accessibles qu'on peut le penser.
Je ne te contredirais pas totalement. Il y a des paliers à franchir : psychologique et sociaux. Le reste c'est de la foutaise. Oui il y a et il y aura toujours des paliers à franchir, c'est le cas de toute démarche humaine. L'idéal du fablab c'est le partage, c'est d'apprendre aux gens à réaliser des choses. Oh, certes, ils ne vont pas réaliser des tabourets en 500 jours, mais cela tombe bien, ce n'est pas ce qu'ils viennent chercher.
Tu juges les fablab au travers du prisme de tes propres attentes. Tes attentes "d'artiste", tes attentes d'artisan, tes attentes de nostalgique. Dans ces conditions, c'est plus qu'évident que tu ne t'y sentes pas à ta place (surtout avec tes longs discours comme ceux que tu délivres ici). Les gens viennent dans un fablab pour découvrir de nouvelles techniques qu'ils ne connaissaient pas, par curiosité ou pour réaliser un projet. A partir de là, une bonne part ne reviendra pas pour plusieurs raisons : ils pensaient qu'on allait faire les choses à leur place, ils ne trouvent pas les compétences nécessaires pour les aider, par paresse, etc ...
Un fablab, c'est un ensemble de machines, mais c'est surtout un pool de membres et donc un pool d'historique technique et de compétences. Si tu viens pour réaliser un projet et que ce contexte (machines et humains) colle, il n'y a pas de raison que tu n'arrives pas à faire ce que tu souhaites dans un fablab.
Tu dénonces à la fois la perte de compréhension des choses, la perte de pratiques techniques, et les fablabs qui sont un axe intéressant pour justement regagner la compréhension des choses et l'envie de faire. Il faut savoir ce que tu veux !
Les gens ne viennent pas dans un fablab pour une démarche artistique passionnée ou pour apprendre la menuiserie façon papy. Ils viennent utiliser des moyens "modernes" pour répondre à des problématiques bien plus simples : apprendre la robotique, apprendre l'impression 3D, réparer une machine, concevoir une pièce qui réponde à un besoin spécifique, et pour 1000 autres raisons toutes basées sur une chose : faire soit même et comprendre.
C'est assez dingue d'être à la fois Don Quichotte et un moulin, mais tu y arrives. Bravo.
Dernière modification par Yaug le 07 déc. 2017, 08:55, modifié 1 fois.
Qui est en ligne ?
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 6 invités