Bonjour,
pour avoir travaillé dans les travaux un moment et avoir été confronté pas mal au problème de la sécurité, voilà quelques éléments de réponse :
Les gants, et plus généralement les équipement de protection individuels (EPI) sont là lorsqu'il n'y a pas d'autre moyen d'assurer la sécurité du travailleur (par opposition aux équipement de protection collective : on va plutôt mettre un garde corps au lieu de forcer tout le monde à se balader avec un harnais et une ligne de vie). Les lunettes de protection contre les éclats lorsque l'on perce par exemple (il existe désormais des systèmes qui évite ça), de même que le masque pour les poussière, et les gants pour les échardes ou contre les coupures (outils ou objets tranchants)
Le principe des gants pour les outils rotatifs n'est pas idiot, car tes mains doivent être toutes les deux sur les outils. Si ce n'est pas le cas, c'est que tu ne respectes pas la bonne utilisation de l'outil. Tu veux faire rapidement, en tenant la circulaire d'une main, le bois de l'autre... et paf ! un doigt en moins, une fémorale sectionnée ou autre accident ! En revanche, c'est prohibé dans le cas des machines stationnaires car justement, tes mains ne sont pas sur la machine, mais pourraient être prises dedans (encore que dans le principe, un extrémiste de la sécurité te dirais d'employer obligatoirement des entraîneurs). Bref, c'est bien souvent du bon sens, mais qui laisse malheureusement la place à la volonté de faire rapidement... en outrepassant la sécurité.
Dans tous les cas, l'INRS édite des fiches sur la sécurité, qui sert de base pour l'inspection du travail (et/ou le SPS).
http://www.inrs.fr/metiers/bois/machine-outil.html
http://www.inrs.fr/metiers/bois/mesure-generale.html
S'il n'y a pas forcément une fiche qui dit quoi faire, le principe est avant tout du bon sens, et de l'analyse préalable !
Il faut commencer par identifier les risques potentiels, pour pouvoir donner une réponses adaptée. Que ce soit par des mesures de protection (préférer la protection collective à la protection individuelle), organisationnelle (non superposition des tâches) ou informative (instructions et formations à l'utilisation des outils, du poste).
En principe, un PPSPS doit être rédigé, adapté au projet en cours (ça ne sert à rien d'y caser l'usage d'une scie à format si tu n'utilises que des outils à main et une scie circulaire).
Concernant les outils manuels, j'avoue ne jamais avoir été confronté au problème du menuisier (j'ai travaillé dans le gros oeuvre et les corps d'états secondaires étaient sous traités). Cependant, le bon sens voudrait que ça soit la même chose que pour les outils électriques : la pièce doit être bridée, les mains sur l'outil, et tu dois porter les gants adaptés pour limiter les échardes et les coupures. Ca ne sert à rien de mettre un gant latex de chirurgien par exemple... il faut un gant plutôt type kevlar anti coupure. Sans forcément aller dans l'extrémisme, il faut parfois accepter un peu de contraintes pour éviter de perdre un doigt.
C'est souvent l'objet d'un combat quotidien entre l'encadrement et les faiseurs, l'encadrement demandant d'appliquer des règles qui paraissent parfois farfelues... mais qui sont avant tout issues d'expérience malheureuse ! ça n'arrive pas qu'aux autres.
J'ai voulu une fois nettoyer une mortaise "rapidement" : je tiens le bois dans une main, le passe le ciseau dans l'autre. En soit, je pensais que le ciseau étant "guidé" par la mortaise, aucun souci, et puis je fais gaffe...
Bah ça n'a pas loupé, le ciseau à rippé, et j'ai écopé de 3 points de suture au majeur de la main gauche !
Désormais, je ne tiens jamais le bois sur lequel je travaille (à part au début pour guider la lame de scie par exemple, mais une fois la voie créée, j'enlève ma main de la zone de danger)