Voici comment j'ai réalisé pour la maison de ma fille, 60m² de parquet en chêne rouge (ou brun !) pour une pose à bâtons rompus.
C'est une pose assez peu courante, je pense pour une raison de cout. En effet, pour une telle pose, toutes les lames doivent avoir les mêmes dimensions, et en deux modèles avec les rainures et languettes soit à droite, soit à gauche (image miroir).
Il faut donc prendre en compte le fait que toutes les longueurs de bois brut, même légèrement trop courtes, passent en chutes ! Ajouter à ça, il faut rajouter une quantité assez importante de lames pour les coupes, dont de belles longueurs seront perdues. Le fabricant vous facturera naturellement les pertes, ainsi que la main d’œuvre plus conséquente...
Voici comment j'ai contourné ces inconvénients...
Les lames de 620mm X 90 (+ les languettes) X 23 sont tirées dans le l'avivé de largeurs et d'épaisseurs constantes, mais de longueurs variables.
Toutes les chutes seront traitées de la même façon et serviront pour les coupes, en tout j'ai fabriqué 1325 lames, à 10 opérations par lame !
Le bois est de l'avivé de 105 X 27, 2m3 en tout:

La première opération à consisté à tronçonner les avivés en gardant une sur-longueur qui sera supprimée après corroyage.

Pour l'occasion j'avais retourné les plaquettes, et une laissait une trace sur le bois. Pour la repérer, j'ai positionné le guide parallèle près de la zone de la plaquette mal positionnée, puis j'ai dégauchi une pièce de bois et mesuré le distance entre la trace et le bord qui était contre le guide:
J'ai ainsi pu trouver facilement la plaquette en mesurant le distance entre elle et le guide.

Après nettoyage de la portée et du dos de la plaquette tout est rentré dans l'ordre.
J'avais initialement prévu de faire le corroyage à la toupie et l'entraineur, mais j'ai abandonné car je ne maitrisais pas bien l'opération, du coup le l'ai fait de manière traditionnelle à la dégauchisseuse en poussant le bois à la main...

Comme toutes les autres opérations, je faisais des séances d'environ 2h00. Le rabotage n'a pas posé de difficulté particulières, j'ai réglé la hauteur de rabotage à 23mm, et toutes les lames trop épaisses étaient mise de cotés, puis ramenée à 25mm, puis 23mm, ça m'as permis d'éviter de faire deux passes sur chaque lame et de gagner pas mal de temps.
Résultat, un gros tas de copeaux!

La mise aux cotes finales, tant en longueur qu'en largeur, c'est fait à la scie à format.


L'avantage d'utiliser la scie, c'est que quelque soit le bois à enlever, ça se fait en une seule passe.

J'ai poursuivi la fabrication par le fraisage des languettes, pour ça j'ai utilisé la fraise extensible pour tenon.

L'entraineur est en troisième vitesse, ça va donc assez vite... Malgré tout ça prend quand même plusieurs heures!

Les rainures sont réalisée avec une fraise à... rainurer! J'ai monté le presseur pour m’assurer que les pièces, notamment les plus courtes, ne basculent avant de toucher la joue de sortie.

Pour les rainures en bout, j'ai fabriqué un guide continu en CP.


Comme je l'ai précisé plus haut, cette pose nécessite deux types de lames, droite et gauche. De mon coté j'ai opté pour un seul modèle avec une rainure à chaque extrémité, il suffira d'utiliser des fausses languettes lors de la pose.

Les faces arrières sont rainurées pour limiter les tuilages, ces rainures sont faites à la toupie en utilisant deux lames de scies. C'est à ce stade qu'a été choisi la face qui deviendra le parement, il est donc impératif que les rainures et les languettes soit parfaitement centrées.



Et voila une tonne de parquet et environ 100h de boulot!

Les fausses languettes.

La pose se fait en partant du centre de la pièce en utilisant un tracé pour positionner la première rangée de chevrons.

C'est une pose collée.

Coté parement, chaque lame à reçue un chanfrein de 1mm, ils ont été fait à la défonceuse coté languette, et à l'affleureuse pour les trois autres, les deux machines montées en stationnaires.

Bonne journée,
JP
