Mise en place d'un des assemblages
Je ne suis généralement pas mécontent de mes arondes mais sur ce projet-ci, je prends la décision complètement folle de sortir de mon petit confort.
Je fais toujours les contre queues assez fines façon ébéniste, mais je ne me suis jamais frotté véritablement aux queues ultra fines ou « à la londonienne» (selon l’appellation d’outre-Atlantique). Le destinataire de ce projet étant votre serviteur, c’est une très bonne occasion d’expérimenter.
...bon au final, comme on dit « qui fait le malin, va dans le ravin », et j’aurais dû rester confortablement installé dans mes contre queues moins fines, mais je n’en dévoile pas plus.
Accessoirement, je compte aussi laisser la ligne de trusquin sur les queues.
Normalement je l’ôte comme la majorité d'entre nous je suppose, mais j'ai encore noté récemment que dans certains cas ça passe bien. Pour la xième fois j'étudiais la boite à outils de Pekovich, et bien que je sois peu sensible a l'esthétique générale, le fait qu'il ai sciemment laissé les lignes m'a donné envie d'essayer.
(Ami lecteur, retiens bien cette leçon: il ne faut jamais fuir les difficultés, tout comme moi, bombe le torse et affronte les).
Pour l’assemblage, j’ai ma méthode à moi. C’est un très savant mélange!
Un peu du pape de la queue d’aronde en culotte courte (Cosman), une pincée de certains bouquins (Kirby) et une bonne dose d’erreur et de précipitation...ça fonctionne pour moi.
Je passe déjà un coup de rabot ordinaire sur les contre parements de ma boîte.
(j'ai perdu mon repère de sens du fil après avoir scindé la planche en deux, j'ai juste mis une bête flèche à la place)
Ensuite, on passe par le
bois à recaler
Estimé lecteur, si vous aussi vous faîtes partie des pauvres hères n’ayant pas de #51 (ni #52), alors tout comme moi vous vous cantonnerez à recaler avec ce qui vous tombera sous la main en vous disant qu’un jour... oui un jour... la roue tournera pour vous aussi (chienne de vie hein!).
Bien sûr il vaut mieux une rampe si on utilise un rabot à fer droit et utiliser un rabot à fer de biais avec un bois à recaler plat. Mon bois à recaler est plat et mon fer est droit...en gros je n'optimise pas, ça fait partie de ces projets qui se trouvent toujours en bas de liste. Par contre, c’est le troisième rabot que je dédie au recalage et je n’ai jamais vérifié l’équerrage des semelles, ça n’a aucune importance selon moi.
Le point crucial est bien que le fer soit perpendiculaire au parement, si la semelle est rigoureusement d'équerre mais que le fer n’est pas parfaitement placé, on perd son temps.
J’avais corroyé dans le but de gagner du poids, mais j’ai choisi de garder un peu plus d’épaisseur au noyer (contre queues) pour que les queues en chêne aient un peu plus de longueur.
Du coup j’adapte bien sûr mes traits de trusquin en fonction de l’essence
Ensuite c’est le ballet habituel du compas.
D’ailleurs en parlant ballet, le lecteur mélomane aura reconnu « les Indes Galantes » de Rameau qui accompagne mon travail aujourd’hui, j’ai découvert récemment cette pièce et son fantastique mouvement « les Sauvages » (
ici par exemple au clavecin quoiqu'un peu trop lent).
C’est enlevé, sautillant, parfait pour couper les arondes.
Une fois le nombre de queues définies, je trace mes traits d’épaisseur de queues, bien parallèles et leur donne un coup de scie pour bien amorcer la coupe.
Je donne toujours ce coup de scie vertical, bien que la théorie veuille qu’il soit déjà à l’angle des queues.
A vrai dire en temps normal ce n’est franchement pas un souci à mes yeux, sauf que là je souhaite vraiment faire les inter queues le plus fin possible.
A l’usage, je constate que je les traits parallèles étant si proches les uns des autres, je n’arrive pas à garder la précision nécessaire et ma scie passe constamment d’un trait à l’autre.
Je termine le premier coin ainsi et décide de ne faire qu’un seul trait au lieu de deux pour les trois coins de boite suivants.
Ensuite, je coupe directement les queues sur tous les coins de ma boite, guidé par un bout de chêne (scie en pas de 2mm). L’avantage de cette méthode est que je ne trace rien, je prends juste pour point de départ mes fameux traits de scie.
Quand je n'utilise pas mon vieux bout de bois, je trace tout à la fausse équerre bien entendu.
Mais avec un espace aussi fin entre les queues, l'amorce verticale de mon trait de départ est beaucoup plus présente que d’habitude et je crains que ça ne me pose d’esthétiques problèmes en fin de parcours. L'avenir nous le dira!
