Bonsoir.
Rainurage et ptitroutage étant les deux mamelles de l'apprenti agenceur, après avoir user et abuser de la deuxième (et oui, sur ce projet j'ai tendance à tout mélanger), passons donc à la première tétine.
Plein de solutions, trop sans doute, s'offre à l'apprenti.
Celle qu'il retiendra, et avec quelque raisons, qui sont siennes mais surtout de saison... donc celle qu'il retiendra sera celle qui peut se jouer au plus près du poêle.
Défonceuse à la mano et non sous table et le gabarit qui va bien, fait pour ça et fait avec amour il y a quelques années...Le problème c'est les quelques années

et l'humidité...et oui le bois à travaillé et même le faux bois à travaillé...snif...snif...Le truc très précis et versatile est devenu un machin défraichi...et gauche....et inutile...
Qu'à cela ne tienne, ça va être l'occasion de tester ce gabarit chatoyant, glané un jour de solde chez l'ami Didier, le forgeron (et non pas le gendarme...!) germanique.
Décrivons un chouia cet accessoire indispensable mais dont je n'ai jamais eu l'utilité jusqu'à ce jour, pour montrer comment son ramage se rapporte bien à son plumage :

C'est donc une règle qui vient se clipser sur la pièce à rainurer, pièce qui peut être aussi large que 60cm. Il faut bien sûr décaler son placement par rapport à la rainure d'une valeur nébuleuse faisant intervenir le diamètre de l'embase de la défonceuse et le diamètre de la fraise utilisée, et (ou pas) le décalage induit intrinsèque à la règle.
Des petites voires grosses précisions s'imposent dès maintenant sinon on s'exposerait au risque de ne comprendre que pouic à la suite de ce modeste exposé :
1 - la pénurie actuelle, qu'elle soit fortuite, conjoncturelle ou de construction machiavélique a conduit l'apprenti à approvisionner des plaques d'épaisseurs nominales identiques mais d'origine différente. Elles s'avèrent dans la réalité de l'atelier avoir des différences pouvant atteindre la poignée de dixièmes...
2 - le logiciel de débit a bien sûr mélangé les pièces d'un même ensemble sur des plaques différentes puisque l'apprenti lui a demandé de le faire, obnubilé qu'il était l'apprenti par l'optimization parce quand même c'est cher cette m@rdouille.
3- il s'avère qu'à l'atelier il y a plusieurs fraises de 12, plusieurs fraises de 20...mais keudchi entre les deux. Les approvisionnements sont très mal gérés.
Récapitulons : On a des rainures de 18mm et chouia et/ou des rainures de 18.4mm et chouia à faire avec une fraise de 12mm.
L'enfance de l'art, quoi..le quotidien de l'atelier avec des tas d'astuces plus ou moins documentées sur le ouaib et même aussi...si..si...dans la réalité.
Mais là, on va faire avec le truc hyper précis qui permet de gratter le centième ou plutôt son grand frère...presque on se croirait à la NASA quoi...

Comme l'apprenti se souvient bien des cours de l'ami Nono Meyer, il sait que dans la problématique d'une rainure à élargir, il faut se ménager l'option de travailler préférentiellement en opposition. D'où le premier passage à droite de la rainure. Pour ce faire, la règle rose est décalée par rapport à l'embase fixe.

On voit ici le réglage de ce décalage de 6mm. Chaque petit trait sur l'échelle du bas (du ruban) correspond à un dixième. Pour décaler la règle on desserre les deux molettes sur la règle rose et on tire ou pousse celle ci jusqu'à être en regard sur l'indicateur. Et on resserre.

Ici on se met à zéro...

...et on élargit la rainure 12+6 = 18
A ce stade, on prends une chute de l'épaisseur qui va bien et on teste la rainure. S'il manque des dixièmes on ajuste...avec autant de passes qu'il le faut (si on en est en demande de précision, queue d'aronde (biaise) par exemple) en opposition ou en avalant.

En interne, c'est gaulé commac.

Détail des vis avec épaulement pour la précision.
Les deux molettes à gauche servent à déverrouiller un second chariot qui permet de compenser le fait qu'en décalant vers la droite on perde en longueur guidée de travail. On le voit sur les premières photos car je n'utilise pas cette compensation. En fait, je l'avais oubliée...
Un de mes projets de ces prochaines années, c'est de reproduire ce système pour en équiper la règle de la défonceuse sous table et ne plus galérer pour obtenir un réglage fin.
Sinon, pour ce projet, l'apprenti a été heureux d'étrenner ce joujou, MAAAAAIS...............car il y a toujours un Mééééééééé...............
Notre apprenti, fier de sa première campagne avec 6 rainures nickel sur les montants de l'armoire, décide le lendemain soir qu'il sait bien se passer de tracer les rainures sur les panneaux/traverses hautes et basses de l'armoire et que les tracés d'appui de la règle sont bien suffisants....
Vous vous doutez bien de la suite.....
Las, notre apprenti ne finit pas le gâchis en cour et après une nuit au sommeil agité décide de reprendre le massacre avec plus d'application, et ceci en traçant les rainures manquantes. Se sentant protégé par son tracé rituel ésotérique, l'apprenti y va franco...et fait une rainure magnifique décalé de 6mm en dehors du tracé de protection....
"Triple buse de bourdille de mierda..." s'exclame t-il avant de retourner se coucher avec un mal de tête carabiné.
La nuit étant mère de conseil, au matin venu la clarté de la révélation éveille en émoi notre apprenti....: "LE PROTOCOLE" bien sûr, c'est une histoire de prôtokollon....
La possibilité de cette règle de pouvoir s'expanser est bien sûr source d'erreur si on la pose sur le tracé dans la mauvaise configuration. Maiiis car il y toujours un mèèèèè, il y a une manière de décaler qui même si on se trompe évite la catastrophe.
En attendant, notre apprenti va devoir filipoter du contreplaqué, chose qu'aucun récit théorique de référence ne saurait envisager à un autre moment que le premier Avril.
...à suivre...mais un autre jour...