Bonjour à tous
Je vous présente mon petit projet du moment, qui s'étire dans le temps parce que ma péricardite ne me permet toujours pas d'efforts soutenus ni de sessions prolongées à l'atelier.
Ma compagne avait récupéré deux chaises ayant appartenu à sa grand-mère. Leur valeur est surtout sentimentale, et elles n'étaient plus en très bon état. L'assise et le dossier sont cannés, la traverse avant de la ceinture ainsi que le cadre du dossier sont sculptés, les pieds avant sont tournés. La majeure partie est en bois exotique non déterminé [Edit: ou plus probablement en noyer], mais la ceinture de l'assise est en hêtre plaqué.
Je vais d'abord vous les présenter et faire un topo de leur état.
Voici à quoi elles ressemblent:
Sur les deux chaises, l'assise cannée est défoncée. Le cannage avait déjà été refait, et pas très joliment! Déjà, à quatre brins plutôt qu'à six, et la canne simplement maintenue dans chaque trou par un bouchon, sans même une lame faisant le tour du siège pour cacher tout ça.
L'une des chaises a un pied avant cassé et un morceau manquant sur la traverse supérieure du dossier.
Le pied cassé avait déjà été réparé avec l'introduction d'une grosse cheville mais, comme il fallait s'y attendre, la réparation n'a pas tenu.
En plus, sur cette chaise, le cannage du dossier a aussi été refait, et là c'est franchement moche... À l'origine, le cannage du dossier était fait à trous borgnes, mais ça devait être trop compliqué pour l'apprenti canneur, qui a préféré percer à travers tout avant de recanner ! Je vous présente la gueule de l'arrière du dossier :
La deuxième chaise est en sensiblement meilleur état. Le cannage du dossier semble être d'origine (ou alors il a été refait dans les règles), mais c'est surtout le placage des traverses de l'assise qui a souffert. Il est complètement parti et perdu sur l'une, fort abîmé sur l'autre.
Il y a aussi quelques endroits où l'humidité a commencé à délaminer certaines pièces (c'est pour ça, le ruban de masquage que vous voyez sur certaines photos), mais rien de grave, et surtout, aucun morceau ne manque !
On peut voir ici comment la traverse avant de l'assise est parée d'une couche d'environ 8mm de bois exotique [Edit: idem, noyer ?] sur le dessus et sur la face avant:
Sur les deux chaises, les assemblages de toute la partie arrière tiennent bien mais toute l'assise est lâche: les pieds avant et les traverses latérales et avant bougent.
Par le dessous, on peut voir des "renforts" qui empêchent cependant les chaises de tomber en morceaux: des petits plats en métal, que je pense être d'origine, et des équerres en bois pour lequelles je me pose franchement la question, parce qu'ils n'ont pas tous le même style, certains sont vissés, d'autres cloués, et tous étaient collés à moitié par dessus l'arrière du cannage...
Au passage, vous noterez que les trous pour le cannage de l'assise ont été percés à 45° : ils ne débouchent pas sur le dessous de la ceinture, mais bien à l'intérieur.
Au sujet des renforts, si l'un d'entre vous s'y connait un peu et peut me dire ce qui est probablement d'origine et ce qui ne l'est pas, ça m'intéresse très fort !
En tout cas ça me surprend un peu parce que j'ai toujours entendu dire qu'on ne renforcait pas les assemblages d'une chaise avec des vis, que c'était chercher les ennuis. Alors si vous en savez plus que moi...
Restauration d'une vieille chaise à partir de deux
Modérateur : pilpoil
Restauration d'une vieille chaise à partir de deux
Dernière modification par alrj le 24 sept. 2025, 13:29, modifié 1 fois.
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Re: Restauration d'une vieille chaise à partir de deux
Sans être un spécialiste, je n'ai jamais rencontré de petites plaques métalliques pour renforcer un cadre d'assise…
Par contre, les équerres de renfort sont très souvent vissées et parfois collées en plus des vis. J'ai pu le constater lors de la réfection d'anciennes chaises "de style" issues d'une vénérable fabrique de l'Est de la France dont j'ai oublié le nom…
Par contre, les équerres de renfort sont très souvent vissées et parfois collées en plus des vis. J'ai pu le constater lors de la réfection d'anciennes chaises "de style" issues d'une vénérable fabrique de l'Est de la France dont j'ai oublié le nom…
"If it looks straight, it is straight" (Jimmy Diresta)
Re: Restauration d'une vieille chaise à partir de deux
J'avoue que je ne me vois pas réparer le pied cassé, vu son état. Trop de colle séchée dans le chemin, trop de risque de recasse. Et je me vois encore moins le refaire
Après discussion avec madame, on décide qu'une seule chaise en état de marche, ce sera très bien ! Je vais donc restaurer la deuxième chaise, celle qui est en meilleur état général, en canibalisant la première en cas de besoin. Je commence donc par démonter cette première chaise pour me faire la main, en espérant que si je fais une erreur, je puisse l'éviter lors du démontage de la deuxième
La première étape a été de retirer le cannage et entièrement démonter les assises. Bonne nouvelle : tous les assemblages sont faits à la colle forte, et pas à la colle blanche ! Les équerres-renforts vissées s'enlèvent sans trop de difficulté, mais celles qui sont clouées, je suis obligé de les faire sauter morceau après morceau avec un ciseau à bois, jusqu'à pouvoir arracher les clous.
Une fois ces renforts hors du chemin, je peux faire sauter toutes les petites chevilles qui tiennent le cannage en place, en utilisant un chasse-goupille depuis l'intérieur. J'en ai un de 1/8" (environ 3.2mm), ce qui est assez petit pour passer entre les brins de cannage, parfait pour la situation ! (Ne faites pas attention au dossier, c'est bien l'assise que je retire, c'est pour montrer les petites chevilles)
Les tenons, mais surtout les mortaises, ont besoin d'un bon nettoyage pour enlever les résidus de colle ! Pour la face, j'ai appliqué quelques gouttes de vinaigre sur la colle pour la ramollir avant de passer le racloir, ça aide bien (racloir Bahco au carbure et racloir d'ébéniste).
Vient ensuite la phase de recollage de tous les petits bouts qui se détachent. Ça me prend plusieurs jours, car sur certaines pièces, il y a plusieurs zones à réparer, et je ne peux pas tout mettre en même temps sous serres dans tous les sens à la fois.
Comme les deux traverses latérales de l'assise de la bonne chaise sont en trop mauvais état, je vais les remplacer par celles de la première chaise. Bon, elles ne sont pas parfaites non plus, mais au moins elles sont réparable, il faut juste recoller le placage. Et c'est maintenant, en voyant cette photo, que je me dis que je suis parfois un peu idiot
, et que je commence à réaliser que ce que je prenais pour de l'exotique a toutes les chances d'être du noyer ! Ce serait quand même beaucoup plus logique vu l'age et l'origine française-bretonne des chaises. Je ne connais pas bien le noyer, et encore moins quand il est vieux comme ça, alors je fais une fois de plus appel à votre perspicacité
Évidemment, les assemblages d'une chaise n'ont pas tout à fait la même taille ni la même position que ceux de l'autre chaise, alors pour pouvoir réutiliser les traverses, je dois retravailler les tenons et les mortaises. On peut voir ici quelques flipots de hêtre qui élargissent les tenons existants. J'ai choisi d'agrandir la mortaise du coté opposé aux flipots quand c'était nécessaire plutôt que de raccourcir le tenon, de manière à garder le plus de matière possible. Toutes ces réparations (et préparations) ont été faites à la colle blanche vinylique, car il n'y a aucune raison de vouloir les défaire un jour.
Vient enfin le moment où je vais pouvoir réassembler la chaise. Je prépare bien mon chantier, même s'il n'y a rien de spécialement compliqué. C'est la première fois que j'utilise la colle forte d'ébéniste, mais j'avoue que je ne me suis même pas lancé dans la colle chaude, j'ai choisi la facilité avec la Titebond "Genuine Hide Glue"
C'est une colle de peau qui reste liquide dans son pot.
Le collage se passe sans histoire... Cette colle a un temps ouvert assez long, et lubrifie vraiment très bien les assemblages.
La prochaine étape sera le cannage de l'assise. Et là, malgré tout le mal que j'ai pu penser ou dire de la personne qui avait recanné ces chaises, rien ne dit que je ne ferai pas pire, car je n'ai aucune expérience dans le domaine ! Par contre c'est quelque chose que j'ai toujours voulu essayer. J'ai la matière, elle est arrivé hier, mais je dois juste encore me fabriquer quelques chevilles de maintien.
Et puis il faut que je planche sur la teinte à appliquer sur le cannage, parce que là, il a sa couleure naturelle jaune pâle, qui va jurer atrocement avec le reste de la chaise si je le laisse tel quel ! Et en teinte de bois non plus, je n'ai aucune expérience... Ça promet ! Encore une fois, vous avez des conseils ? Des recommandations ?
Après discussion avec madame, on décide qu'une seule chaise en état de marche, ce sera très bien ! Je vais donc restaurer la deuxième chaise, celle qui est en meilleur état général, en canibalisant la première en cas de besoin. Je commence donc par démonter cette première chaise pour me faire la main, en espérant que si je fais une erreur, je puisse l'éviter lors du démontage de la deuxième
La première étape a été de retirer le cannage et entièrement démonter les assises. Bonne nouvelle : tous les assemblages sont faits à la colle forte, et pas à la colle blanche ! Les équerres-renforts vissées s'enlèvent sans trop de difficulté, mais celles qui sont clouées, je suis obligé de les faire sauter morceau après morceau avec un ciseau à bois, jusqu'à pouvoir arracher les clous.
Une fois ces renforts hors du chemin, je peux faire sauter toutes les petites chevilles qui tiennent le cannage en place, en utilisant un chasse-goupille depuis l'intérieur. J'en ai un de 1/8" (environ 3.2mm), ce qui est assez petit pour passer entre les brins de cannage, parfait pour la situation ! (Ne faites pas attention au dossier, c'est bien l'assise que je retire, c'est pour montrer les petites chevilles)
Les tenons, mais surtout les mortaises, ont besoin d'un bon nettoyage pour enlever les résidus de colle ! Pour la face, j'ai appliqué quelques gouttes de vinaigre sur la colle pour la ramollir avant de passer le racloir, ça aide bien (racloir Bahco au carbure et racloir d'ébéniste).
Vient ensuite la phase de recollage de tous les petits bouts qui se détachent. Ça me prend plusieurs jours, car sur certaines pièces, il y a plusieurs zones à réparer, et je ne peux pas tout mettre en même temps sous serres dans tous les sens à la fois.
Comme les deux traverses latérales de l'assise de la bonne chaise sont en trop mauvais état, je vais les remplacer par celles de la première chaise. Bon, elles ne sont pas parfaites non plus, mais au moins elles sont réparable, il faut juste recoller le placage. Et c'est maintenant, en voyant cette photo, que je me dis que je suis parfois un peu idiot
Évidemment, les assemblages d'une chaise n'ont pas tout à fait la même taille ni la même position que ceux de l'autre chaise, alors pour pouvoir réutiliser les traverses, je dois retravailler les tenons et les mortaises. On peut voir ici quelques flipots de hêtre qui élargissent les tenons existants. J'ai choisi d'agrandir la mortaise du coté opposé aux flipots quand c'était nécessaire plutôt que de raccourcir le tenon, de manière à garder le plus de matière possible. Toutes ces réparations (et préparations) ont été faites à la colle blanche vinylique, car il n'y a aucune raison de vouloir les défaire un jour.
Vient enfin le moment où je vais pouvoir réassembler la chaise. Je prépare bien mon chantier, même s'il n'y a rien de spécialement compliqué. C'est la première fois que j'utilise la colle forte d'ébéniste, mais j'avoue que je ne me suis même pas lancé dans la colle chaude, j'ai choisi la facilité avec la Titebond "Genuine Hide Glue"
Et puis il faut que je planche sur la teinte à appliquer sur le cannage, parce que là, il a sa couleure naturelle jaune pâle, qui va jurer atrocement avec le reste de la chaise si je le laisse tel quel ! Et en teinte de bois non plus, je n'ai aucune expérience... Ça promet ! Encore une fois, vous avez des conseils ? Des recommandations ?
Re: Restauration d'une vieille chaise à partir de deux
Merci beaucoup pour cette info !Copeau Cabana a écrit : ↑24 sept. 2025, 12:39 Sans être un spécialiste, je n'ai jamais rencontré de petites plaques métalliques pour renforcer un cadre d'assise…
Par contre, les équerres de renfort sont très souvent vissées et parfois collées en plus des vis. J'ai pu le constater lors de la réfection d'anciennes chaises "de style" issues d'une vénérable fabrique de l'Est de la France dont j'ai oublié le nom…
À la réflexion, je me dis que c'est sans doute parce que le renfort n'est pas seulement vissé, mais aussi collé, que ça peut passer sans que les vis ne finissent par arracher le bois.
Voici un renfort vu de plus près, avec ses vis. Ce qui est surprenant, c'est que sur la chaise en question, il n'y avait que trois renforts comme celui-ci. Le quatrième n'était qu'un triangle de bois collé et cloué. Après l'avoir retiré, je ne vois pas les trous que les vis auraient laissés dans la ceinture. Après, c'est vrai que le bois n'est pas en super état, les trous sont peut-être juste cachés.
Je remettrai donc les renforts en place après avoir refait le cannage
Re: Restauration d'une vieille chaise à partir de deux
Bonjour
Quel beau boulot!
Je suis impatient de voie la suite te je te souhaite bon courage !
beau chantier réfléchi!
Yann
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Yann
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