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Tout de Bois - Monologue à l’établi
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Tout cela est magnifique encore une fois ! Merci Cornelius ! 
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
De la musique épique pour un travail épique!
C’est marrant, en réalisant les queues sur chant je me suis demandé s’il existait un rabot pour faire ce travail. J’ai la réponse!
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- Cornelius Agrippa
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Bonjour Messieurs,
Merci Copeau Cabana!
Alors pour la parenthèse personnelle, en matière musicale, seules deux grandes familles m’intéressent.
J’écoute avec autant de bonheur, Corelli , Bach ou Chopin, que Black Sabbath, Yngwe Malmsteen ou Satyricon!
PandaInHawaii, je suis d’accord avec vous, même si j’apprécie la version Gary Moore de ce classique, cette version finlandaise est effectivement plus épique.
Maintenant, en ce qui concerne le rabot à queue, alors non seulement l’outil de bois existe, mais son pendant de métal également!
Voilà une nouvelle quête pour vous, si vous avez beaucoup de temps, et un portefeuille ventru, penchez-vous donc sur le n°444!
Merci Copeau Cabana!
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J’écoute avec autant de bonheur, Corelli , Bach ou Chopin, que Black Sabbath, Yngwe Malmsteen ou Satyricon!
PandaInHawaii, je suis d’accord avec vous, même si j’apprécie la version Gary Moore de ce classique, cette version finlandaise est effectivement plus épique.
Maintenant, en ce qui concerne le rabot à queue, alors non seulement l’outil de bois existe, mais son pendant de métal également!
Voilà une nouvelle quête pour vous, si vous avez beaucoup de temps, et un portefeuille ventru, penchez-vous donc sur le n°444!
Dernière modification par Cornelius Agrippa le 22 mars 2026, 09:55, modifié 5 fois.
- Cornelius Agrippa
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Talon arrêté

Pour ne pas endommager la rive des mes rayons lorsque je repose un outil, je me prépare à pousser un chanfrein que je compte arrêter d’un talon. Deux lignes sont tirées de part et d’autre de la rive.
Deux coups de gouge dans un carton de pizza (oui car je suis gastronome!) et nous avons un patron

Les courbes n’ont pas le même rayon et j’opte toujours pour une assez franche cuvette qui fait un dessin beaucoup plus intéressant vu du dessus.
Ceci n’est pas visible sur ces premières photos, car j’ai retouché plus tard, c’est une étourderie, ça faisait un moment que je n’avais poussé cette moulure.
Traçage

Passages du rabot court jusqu’aux traits pour former le chanfrein

On marque l’arrêt

On joue du ciseau, un creux

Une bosse

Je laisse généralement un peu de gras en fin de chanfrein pour pallier les coups de ciseaux malheureux lors de la formation de la courbe qui joint le chanfrein.
J’aime obtenir un talon assez franc, afin que la moulure, vue du dessus, ait un resserrement assez net entre la cuvette et la bosse, sinon c’est trop linéaire.
Puis on affine au racloir

Une fois les talons arrêtés achevés, le façonnage des rayons est complet.
On peut maintenant revenir à la structure du meuble.

Pour ne pas endommager la rive des mes rayons lorsque je repose un outil, je me prépare à pousser un chanfrein que je compte arrêter d’un talon. Deux lignes sont tirées de part et d’autre de la rive.
Deux coups de gouge dans un carton de pizza (oui car je suis gastronome!) et nous avons un patron

Les courbes n’ont pas le même rayon et j’opte toujours pour une assez franche cuvette qui fait un dessin beaucoup plus intéressant vu du dessus.
Ceci n’est pas visible sur ces premières photos, car j’ai retouché plus tard, c’est une étourderie, ça faisait un moment que je n’avais poussé cette moulure.
Traçage

Passages du rabot court jusqu’aux traits pour former le chanfrein

On marque l’arrêt

On joue du ciseau, un creux

Une bosse

Je laisse généralement un peu de gras en fin de chanfrein pour pallier les coups de ciseaux malheureux lors de la formation de la courbe qui joint le chanfrein.
J’aime obtenir un talon assez franc, afin que la moulure, vue du dessus, ait un resserrement assez net entre la cuvette et la bosse, sinon c’est trop linéaire.
Puis on affine au racloir

Une fois les talons arrêtés achevés, le façonnage des rayons est complet.
On peut maintenant revenir à la structure du meuble.
Dernière modification par Cornelius Agrippa le 22 mars 2026, 00:39, modifié 1 fois.
- Cornelius Agrippa
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Feuillures de structure

Nous devons maintenant nous atteler à pousser les feuillures sur tout le pourtour du meuble, pour accueillir le fond.
Les feuillures des montants sont bien entendue, arrêtées, du fait des queues d’arondes.
C’est la première fois que j’utilise un feuilleret de bois.
L’outil fonctionne bien mais, pour les feuillures arrêtées il offre moins de visibilité que son descendant métallique.
J’ai eu quelques soucis pour anticiper la fin de feuillure, aussi j’ai mis un adhésif sur le fût pour identifier la place du fer.
On pousse la feuillure

La fin de feuillure est dégrossie au ciseau

Un coup de Guillaume à fer sur le bout permet de finir les arrêts

Le bord de feuillure n’est pas complètement propre, aussi un coup de Guillaume permet d’être sûr d’avoir une bonne base pour appuyer les planches du fond de meuble.
Notons d’ailleurs que, tout comme son descendant de métal, le Guillaume de bois a toujours le fer un cheveu plus large que son fût, c’est tout à fait normal.
Avant utilisation, on le claque contre l’établi pour faire affleurer le fer du côté opportun.

Comme tout outil à fer de biais, le feuilleret produit de très bons fidibus

Et l’on effectue les dernières passes de rabot ordinaire avant collage

On voit distinctement sur cet outil que mes prédécesseurs ont arrondi l’angle gauche du nez pour le rendre plus ergonomique.
Ce genre d’adaptation est visible sur de nombreux outils et il change la vie.
On verra plus tard qu’un outil fraîchement sorti de la manufacture peut être mal adapté.
Malgré l’abondance de ces outils, votre serviteur, attaché à la valeur historique, rechigne toujours à les modifier.
Les queues d’arondes sont maintenant encollées et la structure du meuble est mise sous presses.

Nous devons maintenant nous atteler à pousser les feuillures sur tout le pourtour du meuble, pour accueillir le fond.
Les feuillures des montants sont bien entendue, arrêtées, du fait des queues d’arondes.
C’est la première fois que j’utilise un feuilleret de bois.
L’outil fonctionne bien mais, pour les feuillures arrêtées il offre moins de visibilité que son descendant métallique.
J’ai eu quelques soucis pour anticiper la fin de feuillure, aussi j’ai mis un adhésif sur le fût pour identifier la place du fer.
On pousse la feuillure

La fin de feuillure est dégrossie au ciseau

Un coup de Guillaume à fer sur le bout permet de finir les arrêts

Le bord de feuillure n’est pas complètement propre, aussi un coup de Guillaume permet d’être sûr d’avoir une bonne base pour appuyer les planches du fond de meuble.
Notons d’ailleurs que, tout comme son descendant de métal, le Guillaume de bois a toujours le fer un cheveu plus large que son fût, c’est tout à fait normal.
Avant utilisation, on le claque contre l’établi pour faire affleurer le fer du côté opportun.

Comme tout outil à fer de biais, le feuilleret produit de très bons fidibus

Et l’on effectue les dernières passes de rabot ordinaire avant collage

On voit distinctement sur cet outil que mes prédécesseurs ont arrondi l’angle gauche du nez pour le rendre plus ergonomique.
Ce genre d’adaptation est visible sur de nombreux outils et il change la vie.
On verra plus tard qu’un outil fraîchement sorti de la manufacture peut être mal adapté.
Malgré l’abondance de ces outils, votre serviteur, attaché à la valeur historique, rechigne toujours à les modifier.
Les queues d’arondes sont maintenant encollées et la structure du meuble est mise sous presses.
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Rhôôô… j'ai la sensation de regarder un reportage vintage des ébénistes du Faubourg St Antoine, c'est trop bon ! 
Et j'y entendrais bien le premier mouvement de la Sonate n°14, dite Au Clair de Lune, de Beethoven…
Et j'y entendrais bien le premier mouvement de la Sonate n°14, dite Au Clair de Lune, de Beethoven…
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Très intéressant cette histoire de talon (tout le reste l’est aussi).
Mais j’étais justement en train de me demander comment faire un arrêt de chanfrein un peu différent pour mon petit meuble, et je ne savais même pas que l’on pouvait faire ça.
Pourriez-vous prendre une photo avec un plan plus large pour voir un peu le rendu avec le reste?
Mais j’étais justement en train de me demander comment faire un arrêt de chanfrein un peu différent pour mon petit meuble, et je ne savais même pas que l’on pouvait faire ça.
Pourriez-vous prendre une photo avec un plan plus large pour voir un peu le rendu avec le reste?
- Cornelius Agrippa
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Bonjour Messieurs,
Merci Copeau Cabana, c’est un chouette clin d’oeil et effectivement la sonate est magique, bon choix!
PandaInHAwaii, le meuble va vite être fini, vous verrez l’ensemble sous peu.
En attendant, je viens d’ouvrir pour vous l’incontournable, l’inénarrable, le fantastique Justin Storck, avec son monumental dictionnaire en trois volumes, qui vous donne des exemples:

J'espère que ça vous donnera des idées!
Merci
Merci Copeau Cabana, c’est un chouette clin d’oeil et effectivement la sonate est magique, bon choix!
PandaInHAwaii, le meuble va vite être fini, vous verrez l’ensemble sous peu.
En attendant, je viens d’ouvrir pour vous l’incontournable, l’inénarrable, le fantastique Justin Storck, avec son monumental dictionnaire en trois volumes, qui vous donne des exemples:

J'espère que ça vous donnera des idées!
Merci
- Cornelius Agrippa
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi

Saperlipopette!
C’est une fois que les arondes sont collées, que je m’aperçois que j’ai manifestement omis de finir un panneau.
C’est un des avatars des projets étalés sur plusieurs mois.
Un coup de racloir est repassé à l’intérieur du meuble monté, la position n’est pas idéale!

J’aurais vraiment dû y penser avant le collage!

Dans cet endroit exiguë, le racloir m’a sauvé

Un petit coup sur les arondes pendant qu’on y est

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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Fond de meuble
Comme planifié au départ, le fond de meuble sera constitué des restes, c’est un peu mon bois de troisième choix.
Des planches fines et de la dosse sont « sélectionnées », nous ressortons riflard et varlope.

Ma mise au point a loupé sa cible, pardon


Ces planches sont les seules qui n’ont pas besoin d’être recalées

Pour ne pas perdre trop de profondeur de meuble, je dois refendre des planches trop épaisses.
Rebelote, cette fois-ci on rafraîchit la scie à refendre

Je fourbis mon arme

Comme mentionné plus haut, il m’arrive d’orienter la planche proche de l’horizontale, cela permet d’utiliser une plus grande longueur de lame et donc d’assurer encore la rectitude du sciage.
Remonter ensuite la planche en diagonale permet de reprendre un sciage puissant et efficace.

Malgré une attention de tous les instants, il arrive que votre serviteur dévie lamentablement, et produise une refente de goret

Toutes les planchettes du fond sont mises à dimension

Celles qui ont des nœuds sont partiellement finies au racloir

Nous allons pouvoir maintenant préparer leurs moulures
Comme planifié au départ, le fond de meuble sera constitué des restes, c’est un peu mon bois de troisième choix.
Des planches fines et de la dosse sont « sélectionnées », nous ressortons riflard et varlope.

Ma mise au point a loupé sa cible, pardon


Ces planches sont les seules qui n’ont pas besoin d’être recalées

Pour ne pas perdre trop de profondeur de meuble, je dois refendre des planches trop épaisses.
Rebelote, cette fois-ci on rafraîchit la scie à refendre

Je fourbis mon arme

Comme mentionné plus haut, il m’arrive d’orienter la planche proche de l’horizontale, cela permet d’utiliser une plus grande longueur de lame et donc d’assurer encore la rectitude du sciage.
Remonter ensuite la planche en diagonale permet de reprendre un sciage puissant et efficace.

Malgré une attention de tous les instants, il arrive que votre serviteur dévie lamentablement, et produise une refente de goret

Toutes les planchettes du fond sont mises à dimension

Celles qui ont des nœuds sont partiellement finies au racloir

Nous allons pouvoir maintenant préparer leurs moulures
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
La poésie du geste est présente sur chaque photo, quel délice, et… changement de chemise toutes les 2 photos, la classe absolue ! 
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
On ne s’en lasse pas.
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Cornelius, il faut impérativement que tu te mettes à la vidéo !
On veut le geste, le bruit, le commentaire avisé, la musique de fond, tout !!!
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
+1 oui c’est vrai qu’il manque le doux son des rabots et des gouges !
Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Et l’odeur du bois !
-
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Je suis admiratif. ![bravo [bravo]](./images/smilies/bravo.gif)
![bravo [bravo]](./images/smilies/bravo.gif)
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Bonjour Messieurs,
Ha merci! J’ai passé la moitié de la nuit dernière à rouler pour rejoindre ma cabane, et j’avoue qu’aujourd’hui vos commentaires sont revigorants.
Alors pour les chemises, sur ces centaines de photos prises durant des mois, deux choix se sont offerts au moment de la rédaction:
1. Présenter les clichés dans une belle gamme chromatique de chemises, qui flatte l'oeil de l’esthète, suive les saisons et génère des hordes de fashionistas enamourées se jettant à mes pieds
2. Essayer de caser les photos dans un ordre de tâches qui ai du sens au niveau technique
Je me suis peut-être fourvoyé dans le choix numéro deux, je vous le concède!
Je retiens néanmoins votre suggestion Copeau Cabana!
Ainsi, il se peut que le prochain sujet soit doublé d'un ludique chaos photographique, que le lecteur devra démêler « façon pUzzle ». Je retiens!
Notre même Copeau Cabana, décidément très créatif, suggère ensuite la vidéo.
Je ne dédaigne jamais influencer les gens et ai par ailleurs beaucoup de sympathie pour certains gourous de secte un peu bohèmes. D’autant que prendre le contrôle de cerveaux rachitiques est une activité qui jouit maintenant d’une certaine notabilité.
Las, brio et moi avons démontré un peu plus haut, des lacunes évidentes en tant que réalisateur.
Je suis néanmoins fort flatté des espoirs que vous placez en mes talents, je vous remercie!
Copeau Cabana, Xyloweb, Kyosho et Philippe G, un grand merci pour vos encouragements
Ha merci! J’ai passé la moitié de la nuit dernière à rouler pour rejoindre ma cabane, et j’avoue qu’aujourd’hui vos commentaires sont revigorants.
Alors pour les chemises, sur ces centaines de photos prises durant des mois, deux choix se sont offerts au moment de la rédaction:
1. Présenter les clichés dans une belle gamme chromatique de chemises, qui flatte l'oeil de l’esthète, suive les saisons et génère des hordes de fashionistas enamourées se jettant à mes pieds
2. Essayer de caser les photos dans un ordre de tâches qui ai du sens au niveau technique
Je me suis peut-être fourvoyé dans le choix numéro deux, je vous le concède!
Je retiens néanmoins votre suggestion Copeau Cabana!
Ainsi, il se peut que le prochain sujet soit doublé d'un ludique chaos photographique, que le lecteur devra démêler « façon pUzzle ». Je retiens!
Notre même Copeau Cabana, décidément très créatif, suggère ensuite la vidéo.
Je ne dédaigne jamais influencer les gens et ai par ailleurs beaucoup de sympathie pour certains gourous de secte un peu bohèmes. D’autant que prendre le contrôle de cerveaux rachitiques est une activité qui jouit maintenant d’une certaine notabilité.
Las, brio et moi avons démontré un peu plus haut, des lacunes évidentes en tant que réalisateur.
Je suis néanmoins fort flatté des espoirs que vous placez en mes talents, je vous remercie!
Copeau Cabana, Xyloweb, Kyosho et Philippe G, un grand merci pour vos encouragements
Dernière modification par Cornelius Agrippa le 28 mars 2026, 23:53, modifié 1 fois.
- Cornelius Agrippa
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Feuillures à mi-bois avec baguette

Contrairement au corroyage, durant le travail de moulures, on ne peut pas inverser le sens de la planche si d’aventure, on est à contre-fil.
Le sens de rabotage de chaque planche est donc bien pris en compte.
On peut tirer un trait de trusquin pour une coupe propre, mais la nouvelle arête va disparaître

La feuillure est poussée à l’aide d’un bel outil de cormier

Il convient maintenant de pousser la baguette.
L’outil utilisé est une mouchette à joue.
Selon moi, c’est un outil plus facile à trouver qu’une mouchette sans joue.
Il en existe bien entendu de toutes tailles et elles séparent la baguette du reste de la planche, par un carré ou un tarabiscot.
Pour contenir l’épaisseur de mes planchettes de fond, je choisis un outil dont la joue elle-même est la moins profonde.
Celle-ci reposera sur le fond de feuillure lors de l’utilisation, donc c’est un paramètre crucial pour choisir son outil.
Là encore, le huchier avec moins de scrupule, pourra toujours donner un coup de rabot sur la joue trop profonde.
Une mouchette à joue

Mais comme bien souvent à la première utilisation d’une moulure, même en excellent état cosmétique…on s’aperçoit bien vite que ça ne fonctionne pas correctement!
L’outil ne produit aucun copeau.
Un premier examen révèle que le fer est bloqué dans le conduit, alors que le reste de la courbe n’affleure pas.
On note même que le conduit a fendu à force de tenter de donner du fer

Mes illustres prédécesseurs, pressés par le temps, ont concentré leurs efforts d’affûtage sur la courbe de la baguette elle-même en négligeant de réduire cette portion. Avec le temps elle est devenue un facteur bloquant au premier sens du terme, empêchant la courbe d’atteindre le bois.
Il convient donc de raccourcir cette pointe trop longue.
J’ai pris cette photo après l’opération mais on imagine le problème

Une fois le fer replacé dans l’outil, il s’avère que la moulure, comme bien souvent, ne correspond pas exactement au profil de la semelle.
Les affûtages successifs de nos aïeux qui devaient travailler dans l’urgence, modifient la forme.
Nous nous attacherons donc à reprendre cette courbe une bonne fois pour toutes.
Pour bien retoucher le fer, il convient de toujours le replacer à l’identique lors des essais.
Fort heureusement, cet outil est pourvu d’un coin à décrochement

Ce raffinement technologique permet au fer de n’avoir latéralement, qu’une seule position possible

L’inspection démontre également que le carré n’est pas aligné avec le profil

On procède aux retouches manuellement et avec des outils mécanisés

Une mouchette remise en forme!

Nous pouvons maintenant utiliser l’outil.
Pour obtenir une arête franche près de la baguette, nous passons le trusquin ou le tranchet

Sur la photo précédente, l’œil affuté de mon lecteur confirmera sans même le voir, que mon contre-parement a été riflardé sommairement comme toujours. On note sur le champ, que le trait de trusquin n’a pas été enlevé par l’outil à certains endroits.
Et c’est parti

Les planchettes sont passées à la chaîne sur l’établi.
Chronomètre en main : Il a fallu 1mn pour chaque feuillure et pousser la baguette prend 1,5 à 2mn.
Le parement fini

Par contre, nous évoquions nos ancêtres qui modifiaient les angles des outils pour ne pas se blesser…hem

Nous reprenons le feuilleret pour les contre-parements
Grâce à ce nouveau modèle de fidibus, on peut maintenant allumer le feu depuis son fauteuil

Nous passons maintenant à l'installation

Contrairement au corroyage, durant le travail de moulures, on ne peut pas inverser le sens de la planche si d’aventure, on est à contre-fil.
Le sens de rabotage de chaque planche est donc bien pris en compte.
On peut tirer un trait de trusquin pour une coupe propre, mais la nouvelle arête va disparaître

La feuillure est poussée à l’aide d’un bel outil de cormier

Il convient maintenant de pousser la baguette.
L’outil utilisé est une mouchette à joue.
Selon moi, c’est un outil plus facile à trouver qu’une mouchette sans joue.
Il en existe bien entendu de toutes tailles et elles séparent la baguette du reste de la planche, par un carré ou un tarabiscot.
Pour contenir l’épaisseur de mes planchettes de fond, je choisis un outil dont la joue elle-même est la moins profonde.
Celle-ci reposera sur le fond de feuillure lors de l’utilisation, donc c’est un paramètre crucial pour choisir son outil.
Là encore, le huchier avec moins de scrupule, pourra toujours donner un coup de rabot sur la joue trop profonde.
Une mouchette à joue

Mais comme bien souvent à la première utilisation d’une moulure, même en excellent état cosmétique…on s’aperçoit bien vite que ça ne fonctionne pas correctement!
L’outil ne produit aucun copeau.
Un premier examen révèle que le fer est bloqué dans le conduit, alors que le reste de la courbe n’affleure pas.
On note même que le conduit a fendu à force de tenter de donner du fer

Mes illustres prédécesseurs, pressés par le temps, ont concentré leurs efforts d’affûtage sur la courbe de la baguette elle-même en négligeant de réduire cette portion. Avec le temps elle est devenue un facteur bloquant au premier sens du terme, empêchant la courbe d’atteindre le bois.
Il convient donc de raccourcir cette pointe trop longue.
J’ai pris cette photo après l’opération mais on imagine le problème

Une fois le fer replacé dans l’outil, il s’avère que la moulure, comme bien souvent, ne correspond pas exactement au profil de la semelle.
Les affûtages successifs de nos aïeux qui devaient travailler dans l’urgence, modifient la forme.
Nous nous attacherons donc à reprendre cette courbe une bonne fois pour toutes.
Pour bien retoucher le fer, il convient de toujours le replacer à l’identique lors des essais.
Fort heureusement, cet outil est pourvu d’un coin à décrochement

Ce raffinement technologique permet au fer de n’avoir latéralement, qu’une seule position possible

L’inspection démontre également que le carré n’est pas aligné avec le profil

On procède aux retouches manuellement et avec des outils mécanisés

Une mouchette remise en forme!

Nous pouvons maintenant utiliser l’outil.
Pour obtenir une arête franche près de la baguette, nous passons le trusquin ou le tranchet

Sur la photo précédente, l’œil affuté de mon lecteur confirmera sans même le voir, que mon contre-parement a été riflardé sommairement comme toujours. On note sur le champ, que le trait de trusquin n’a pas été enlevé par l’outil à certains endroits.
Et c’est parti

Les planchettes sont passées à la chaîne sur l’établi.
Chronomètre en main : Il a fallu 1mn pour chaque feuillure et pousser la baguette prend 1,5 à 2mn.
Le parement fini

Par contre, nous évoquions nos ancêtres qui modifiaient les angles des outils pour ne pas se blesser…hem

Nous reprenons le feuilleret pour les contre-parements
Grâce à ce nouveau modèle de fidibus, on peut maintenant allumer le feu depuis son fauteuil

Nous passons maintenant à l'installation
Dernière modification par Cornelius Agrippa le 31 mars 2026, 22:10, modifié 2 fois.
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
Non aux ampoules !
Il est temps de modifier l'ergonomie de ce rabot Cornelius, nos anciens sont avec toi ! 
D'autre part, quelle belle leçon de patience, de précision et de "sens de la matière"…
A ce propos, cette expression peut-être étrange pour certains signifie beaucoup pour moi.
Elle caractérise ceux qui pressentent les effets de leur action et qui leur dicte instinctivement le geste idoine afin d'obtenir le résultat escompté.
Ce "sens de la matière" est un don inestimable pour les taches manuelles.
D'autre part, quelle belle leçon de patience, de précision et de "sens de la matière"…
A ce propos, cette expression peut-être étrange pour certains signifie beaucoup pour moi.
Elle caractérise ceux qui pressentent les effets de leur action et qui leur dicte instinctivement le geste idoine afin d'obtenir le résultat escompté.
Ce "sens de la matière" est un don inestimable pour les taches manuelles.
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Re: Tout de Bois - Monologue à l’établi
C’est toujours un plaisir de lire ce photo-reportage, tant pour la qualité des réalisations que pour la présentation d'outils anciens dont j’ignorais la mise en œuvre. Documenter ainsi son travail et ses outils demande un investissement considérable. Si, comme beaucoup ici, je serais ravi de voir ce travail en vidéo, je n'oserais le demander tant la tâche me semble chronophage par rapport au temps consacré à la menuiserie. Quel que soit le support, un grand merci pour ce partage aussi riche qu'instructif.
Avec les beaux jours qui arrivent, je regarderai d'un autre œil en brocantes les rabots en bois !
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