Pour alimenter un petit peu mon fil avant que je trouve le temps de documenter un plus gros projet :
Couteau n°0 : le prototype
Histoire de se faire la main et voir la ou je rencontre des difficultés.
La lame est tirée d'une lame de circulaire que j'ai gardé depuis des lustres justement pour ce genre de projet.
Le manche est en noyer, j'ai pris une chute qui trainait et qui avait du potentiel.
Pour le process
J'ai réalisé un gabarit sur la base d'un Santoku qui m'a plus en photo, puis traçage et découpe à la disqueuse dans la lame.
Détourage à la disqueuse et ponceuse stationnaire oscillante Triton, décapage et début de ponçage au disque à lamelles. Réalisation de l'émouture au disque à lamelles sur disqueuse aussi et un peu de re-ponceuse à bande.
Jusque la, c'est pas parfait, mais je fais ce que je peux avec le matos que j'ai et sans trop chercher la perfection, il ne s'agit que d'une première.
Puis je passe à la trempe. Ou du moins à la tentative de trempe. Je l'ai tenté au petit flambar à butane. J'ai vraiment eu du mal à monter au presque rouge de manière uniforme. Donc j'ai éteint la lumière de la pièce et je me suis rassuré en voyant un petite lueur rougeâtre et j'ai tenté comme ça. Ensuite un petit revenu au four à gaz à fond à je sais pas combien de degré pendant 1h30 et redescente en douceur dans le four.
Bon, force est de constater que vu la facilité que j'ai eu à affûter ma lame par la suite et les impacts laissés par la première utilisation, le traitement thermique est un échec. Ou alors c'est l'acier ne convient pas à cette utilisation. Ou bien les deux !
Je tenterait une trempe dans la braise de barbecue dès que possible et j'en saurais un peu plus.
Suite à cet échec j'ai poncé ma lame mais le résultat faisait trop propre tout en n'étant pas parfait alors j'ai pulvérisé du vinaigre blanc sur le haut de la lame pour donner un peu de motif.
Pour ce qui est du manche, dégrossissage à la plane, puis wastringue et tranchet qui s'identifie en tant que couteau de sculpteur pour la "finition".
Chauffage au rouge de la soie, enfilage de manche légèrement prépercé et huile de Camélia pour tout le monde. Dommage elle camoufle pas mal de nuances du bois que je trouvais sympa, une leçon de plus.
Au final c'est un couteau qui coupe bien, mais pas longtemps. C'est un couteau qui a une allure bizarre mais qui pour une fois est agréable à prendre en main pour mes grandes paluches. C'est un couteau qui donne l'impression d'avoir eu une vie difficile alors qu'il vient tout juste de voir le monde dans mon antre. C'est un manche qui tient mal mais finalement ça me fait une raison de plus pour retenter la trempe et le fixer correctement par la suite.
Il fait 30cm pour 17cm de lame et il est assez léger, à voir si cest problématique à l'usage.
Je l'aime bien quand même ce couteau vite fait.
