cray666 a écrit :
Raison pour laquelle je m'emmerde dans un bureau toute la journée .... pour pouvoir faire du copeau le weekend sans me demander si les huissiers vont pas sonner à la porte.
Etre à mon compte j'ai donné, et être compétent (quelque soit le domaine) est quasi inutile (hormis dans certaines niches), le plus important c'est d'être un bon commercial, et je suis commercialement une bille. L'avantage de cette expérience, c'est que je ne me pose plus la question de savoir si je vais me mettre à mon compte parce que le boulot au bureau me gonfle.
Je suis exactement dans le même cas.
J'ai été ouvrier menuisier, puis quand "la crise" (eh oui ça ne date pas d'aujourd'hui

) est arrivée et que je me suis retrouvé au chômage en 1981, et je me suis installé artisan.
Je pensais avoir trouvé une "niche", comme dit plus haut. J'ai quitté mon Pas de Calais natal où les entreprises de toutes tailles fermaient les unes après les autres, et j'ai monté mon atelier dans les Corbières (sud de l'Aude) car il y avait du boulot en sur-mesure pour un menuisier, avec toutes ces maisons en pierre.
Le problème, c'est que de plus en plus les maçons ont pris le marché, en installant eux-mêmes des menuiseries industrielles. Et en adaptant la taille des ouvertures...
L'expérience a duré 10 ans. Les lettres d'huissier, les sociétés de recouvrement, l'interdiction de chéquier, j'ai connu
À cause de graves problèmes de santé, ma femme n'a jamais pu travailler, et j'avais en plus la responsabilité d'assurer l'avenir du fiston. Même si l'argent n'a jamais été le critère principal pour moi, là il en manquait trop !
Alors j'ai eu la chance de pouvoir faire une reconversion, mais en sens inverse : de menuisier, je suis devenu informaticien
Deuxième chance : l'informatique ça me plaisait beaucoup ! J'étais développeur, et je retrouvais l'aspect création qui me plaisait dans le travail du bois.
Seulement, depuis les années 90 l'informatique a beaucoup changé, j'ai aussi vieilli je sais

et désormais je compte les jours qui me séparent de la retraite. C'est dans trois ans et demi, si notre nouveau président ne s'amuse pas à reculer encore la date...
Le travail du bois, je le pratique désormais en loisir, et je me régale, d'autant plus que je peux prendre le temps de tout faire à la main, sans machines.
S'éclater dans un métier qui plaît, sans se focaliser sur l'argent, c'est bien. Mais malheureusement il en faut un minimum pour vivre, et c'est de moins en moins possible je trouve.