Salut Jipeka,
Pour bien comprendre, il faut prendre en compte la température : la quantité d'air dont l'air peut se charger sous forme de vapeur en dépend. La vapeur va avoir tendance à condenser quand la température baisse (c'est bien pour ça qu'on a de la condensation sur les surfaces froides d'une pièce, comme les fenêtres ou les carrelages). Et, en hiver, la température diminue progressivement en traversant l'isolant quand on va de l'intérieur vers l'extérieur. Il y a donc risque de condensation de la vapeur à l'intérieur de l'isolant. C'est pour cela que, comme tu l'écris, le freine-vapeur installé côté intérieur ne laisse passer que peu de vapeur à la fois. Il est légèrement perméable à la vapeur. L'isolant l'est un peu plus, et le pare-pluie encore plus. De cette façon, la concentration en vapeur chute de l’intérieur vers l'extérieur, ce qui évite la condensation au sein de l'isolant.
Pour répondre à ta question, il faut faire la différence entre l'eau sous forme liquide (la pluie) et la vapeur. Le pare-pluie bloque l'eau sous forme liquide, donc même s'il pleut cette eau n'entrera pas. Seule la vapeur peut passer, et les concentrations en vapeur des deux côtés vont s'équilibrer. Et comme l'air extérieur est plus froid, il est moins chargé en vapeur, même s'il pleut. L'humidité intérieure aura donc tendance à sortir avant de condenser. Bien sûr, il y a des limites et il faut une gradation correcte des perméabilités de l'intérieur vers l'extérieur, sinon on risque dans des cas limites (basse température et brouillard à l'extérieur, bain chaud à l'intérieur) de voir l'eau condenser dans l'isolant.
Il y a des combinaisons plus ou moins standard, sinon un bureau d'études peut calculer le risque de condensation.
Comme l'écrit Olivier, l'OSB sert avant tout de contreventement. Mais étant légèrement perméable à la vapeur, il peut aussi servir de freine-vapeur. On ne peut pas le mettre côté extérieur, car sa faible perméabilité empêcherait la vapeur de s'échapper, ce qui causerait de la condensation. Côté extérieur, on utilise effectivement des panneaux de fibre de bois "peu serrées", plus perméables que l'isolant. Ou encore des membranes ; le panneau est surtout utilisé pour maintenir l'isolant quand il est en vrac comme la cellulose. Pour l'OSB utilisé en freine-vapeur, il est important de soigner l'étanchéité entre les plaques au moyen de tape. Sinon, l'air chargé d'humidité va circuler entre les plaques, la vapeur ne sera plus correctement freinée à ces endroits et on y aura de la condensation.
Chez nous, on a, de l'intérieur vers l'extérieur :
- Un panneau de Fermacell. Il sert à cacher les câbles électriques et les conduites d'eau, tout en apportant de la masse à la maison (les maisons bois sont légères et donc sensibles à la surchauffe en été)
- un vide technique avec un lattage
- les panneaux d'OSB
- l'ossature proprement dite, avec des bois CLS de 14 cm, bourrée de cellulose
- le panneau pare-pluie extérieur (DWD)
- et pour améliorer l'isolation, on a encore ajouté 6 cm de panneaux de laine de bois (Pavatherm avec bardage et Diffutherm avec crépi à base de chaux). C'est là qu'on est limites pour le risque de condensation.
Pour le toit, ce sont des caissons entre les poutres, avec une membrane freine-vapeur en-dessous et une membrane pare-pluie au-dessus, sous les ardoises.
Si tu es intéressé par plus de détails, écris-moi en MP. Tu pourrais passer ici (en bécane !) pour voir sur pièces.
@Olivier67: la scie-sabre, c'est pas mal, mais la tronçonneuse c'est mieux. Surtout quand on a oublié ses clefs !!!
