Août 2024

Croquis préparatoire
Contexte :
J’ai une demande de fabrication d’une table basse pour la fille d’un ami. Il me montre deux trois photos d’un fabricant suédois pour inspiration : cependant, comme j’aime être original et sortir des sentiers battus, je lui propose (après quelques temps de réflexion et recherche esthétique) un design très marqué.
Je m’inspire du Piton de la Fournaise de la Réunion pour créer une table sculpturale en forme de volcan en éruption. Vu les dimensions attendues ça va être sport et ultra créatif.
Réalisation :
Avant de commencer la sculpture et la taille du meuble, je prépare un (très) gros bloc capable à base de morceaux de poutres débitées en plusieurs longueurs et contrecollées pour obtenir la forme globale.

Illustration 1: Préparation du bloc capable - collage des premiers morceaux
J’en profite aussi pour préparer le plateau de table qui sera en Cumaru, un bois exotique. Là c’est beaucoup plus simple et « normal », débit de planchettes, rabotage des chants et collage avec des dormants. Pour finir découpe d’un disque à la défonceuse pour obtenir le plateau final.

Illustration 2: Préparation du plateau en cumaru
Et maintenant que tout est prêt, on peut attaquer la taille du bloc capable (contrecollé de poutre de chêne). Et je sors tout ce que je trouve : scie sabre, masse et burin, ciseau à bois de 50mm, tronçonneuse, meuleuse et disque Arbortech … C’est méga intense.
Au début le bloc devait faire entre 70/90kg (j’arrive à peine à le manipuler seul pour le monter sur le plan de travail). C’est un sacré travail, d’autant que j’ai orienté les fibres en bois de bout du coup c’est très dur et l’outil rebondit souvent (en plus ça fait davantage de poussières que de copeaux). Les séances de taille ne sont pas vraiment agréable, et c’est laborieux pour avancer.

Illustration 3: Bloc capable initial

Illustration 4: Quelques séances plus tard ça s'est un peu allégé

Illustration 5: On s'approche de la fin de la taille

Illustration 6: Taille terminée et ça part en finition
Le ponçage est à nouveau très long, et comme c’est du bois de bout quasiment partout c’est encore bien délicat d’obtenir une surface propre et lisse. L’envie me prends de faire ressortir toutes les fissures du bois et je réalise un enduit à base d’epoxy et de poudre de charbon de bois (pour marquer encore davantage l’aspect volcanique), puis je brûle un peu le bois au chalumeau.

Illustration 7: La table avec le traitement de surface (chalumeau, résine et vernis)
Bilan :
Après de longues journées (ça m’aura pris quasiment 4 mois par intermittence), j’arrive à un design très marqué, complètement hors des sentiers battus. Mon client est sympa, il accepte la pièce (j’ai bien conscience que ça dénote un intérieur). Maintenant, avec le recul je suis très content de ce projet, même si j’aurais pu davantage travailler les courbes et le tracé de la sculpture (et choisir une orientation dans le sens des fibres plutôt que le bois de bout). Ca aura été un sacré challenge, et ça m’aura bien fait progresser dans la gestion de l’espace et des volumes ; ainsi que des techniques de sculptures grande taille.
